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Syrie

A Idleb, on ne croit pas à la trêve

"Le régime (syrien) et la Russie jouent toujours à ce jeu. Ils conquièrent des régions, concluent une trêve puis lancent une nouvelle offensive d'envergure", dit un réfugié.

Un Syrien comptant son argent devant un bureau de change à Binnich, dans la province d'Idleb, le 6 mars 2020. AFP / Muhammad HAJ KADOUR

Réfugié à Idleb depuis quelques années, après avoir fui les violences ailleurs en Syrie, Fadi Khatib ne croit plus aux trêves. Au premier jour d'un cessez-le-feu annoncé par Moscou et Ankara, cet énième accord est selon lui voué à l'échec comme les précédents.

Dominée par des jihadistes, la région rebelle d'Idleb proche de la Turquie a fait l'objet de plusieurs offensives menées par le régime de Damas avec l'appui de Moscou, ponctuées de trêves ayant toutes volé en éclat. Entre temps, le régime n'a eu de cesse de grignoter du terrain, reprenant près de la moitié de la province d'Idleb. Entré en vigueur à minuit (jeudi à 22H00 GMT), l'accord russo-turc met fin à des semaines de violences ayant tué près de 500 civils et provoqué le déplacement de près d'un million de personnes, l'exode le plus massif en neuf ans de guerre en Syrie.

"Le régime (syrien) et la Russie jouent toujours à ce jeu. Ils conquièrent des régions, concluent une trêve puis lancent une nouvelle offensive d'envergure" pour étendre leur emprise, affirme à l'AFP Fadi Khatib, âgé de 26 ans. "Comment pourrais-je croire à cette trêve?", demande-t-il.

Il y a quelques années, Abou Saïd a fui avec son épouse et son enfant la localité de Daraya, près de la capitale, pour rejoindre avec d'autres opposants au régime de Bachar el-Assad la province d'Idleb, transformée en ultime refuge pour des dizaines de milliers d'habitants de régions reconquises par Damas. "Je ne suis pas optimiste et n'espère rien de cet accord", lâche-t-il. "Il n'y a pas un seul accord de trêve qu'ils (les Russes et le régime syrien) n'aient pas violé", ajoute ce père de famille âgé de 24 ans. Si une "nouvelle offensive est lancée (...) nous quittons le pays", se résout-il.



(Lire aussi : Calme à Idleb au premier jour d'une trêve turco-russe)



"Mensonge et tromperie"
Les zones d'Idleb contrôlées par les insurgés abritent environ trois millions d'habitants, dont la moitié ont été déplacés depuis d'autres régions reconquises par le régime.

Dans la ville de Dana, près de la frontière turque, Abou Bassel, qui a fui le sud d'Idleb, tombée en grande partie dans l'escarcelle du régime, n'est guère plus optimiste. "Cette trêve n'est autre que mensonge et tromperie de la part de la Russie (...) visant à consolider les nouvelles positions du régime syrien" conquises à la faveur de la dernière offensive lancée en décembre. "Ils vont bientôt recommencer à grignoter" du terrain dans la région.

Soutenu par la Russie depuis 2015, le régime syrien a enchaîné ces dernières années les victoires contre rebelles et jihadistes, et contrôle aujourd'hui plus de 70% du territoire national. Une partie de la région d'Idleb échappe toujours au contrôle de Damas, alors que la guerre en Syrie entre le 15 mars dans sa dixième année.

Au fil du conflit, "le régime a toujours conclu une trêve après chaque avancée pour se réorganiser et repartir d'un bon pied", souligne Adnane, un déplacé de 30 ans. "Le régime va poursuivre ses opérations (...) sous le silence coupable de la communauté internationale qui assiste à tous ces massacres et destructions et ne bouge pas son petit doigt pour les déplacés", déplore-t-il.

Dans la ville de Binnich, dans le nord d'Idleb, relativement à l'abri des bombardements, les habitants ne voient aucun intérêt à un cessez-le-feu qui ne prévoirait pas le retour des déplacés dans leurs foyers. "Nous sommes pour un cessez-le-feu mais à condition que les civils puissent revenir chez eux", affirme Fadi Obeid, ingénieur agronome. A défaut de cela, l'accord "restera lettre morte".



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Réfugié à Idleb depuis quelques années, après avoir fui les violences ailleurs en Syrie, Fadi Khatib ne croit plus aux trêves. Au premier jour d'un cessez-le-feu annoncé par Moscou et Ankara, cet énième accord est selon lui voué à l'échec comme les précédents.

Dominée par des jihadistes, la région rebelle d'Idleb proche de la Turquie a fait l'objet de plusieurs...

commentaires (2)

L'art de transformer erdogane en policier au service de Poutine pour arrêter de flirter avec les terroristes wahabites recyclés. Sinon , oui le héros BASHAR est sur la brèche pour accomplir son job héroïque de libérer son pays agressé par toute cette horde de comploteurs prédateurs. Donc erdogane en sursis . PUBLIEZ moi Si cette version est moins insultante vis à vis de erdo .

FRIK-A-FRAK

11 h 35, le 07 mars 2020

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Commentaires (2)

  • L'art de transformer erdogane en policier au service de Poutine pour arrêter de flirter avec les terroristes wahabites recyclés. Sinon , oui le héros BASHAR est sur la brèche pour accomplir son job héroïque de libérer son pays agressé par toute cette horde de comploteurs prédateurs. Donc erdogane en sursis . PUBLIEZ moi Si cette version est moins insultante vis à vis de erdo .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 35, le 07 mars 2020

  • MAIS QUE FAIT LE TURC A IDLEB TOUT COMME EN LYBIE SI CE N,EST ENVOYER ET SUPPORTER DES TERRORISTES. QU,IL REPART DANS SON PAYS. IL FAUT METTRE UNE FIN AUX EXACTIONS DE L,APPRENTI MINI SULTAN OTTOMAN ERDO.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    22 h 24, le 06 mars 2020