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« LeMall » Sin el-Fil fermera bien fin mars

Crise

Le groupe a toutefois assuré qu’il ne projetait pas de fermer les centres commerciaux de Dbayeh et de Saïda et qu’il restait déterminé à « poursuivre tous ses projets en cours de développement ».

P.H.B. | OLJ
25/02/2020
Acres Development, propriétaire et gérant des centres commerciaux « LeMall », a fait savoir dans un communiqué mardi qu’il allait fermer son centre commercial de Sin el-Fil, dans la banlieue Beyrouth.

Cette annonce officielle confirme ainsi les informations relayées par plusieurs médias en janvier et que la direction groupe, qui exploite deux autres centres commerciaux dans le pays - à Dbayeh (Metn) et Saïda (Liban-Sud) - n’avait alors pas souhaité commenter sans pour autant formellement les démentir.


Pas un problème de loyer
« La décision de fermer LeMall Sin el-Fil intervient à la suite de la détérioration de la situation économique au Liban qui a eu un impact extrêmement négatif sur divers secteurs, principalement les sociétés directement liées à l’importation. La difficulté d’importer des produits, le gel des facilités bancaires ainsi que la baisse de la consommation de ménages ont constitué un obstacle majeur à la survie d’une majorité d’enseignes et de restaurants au sein du Mall Sin el-Fil », a exposé Acres Development. Le groupe a toutefois assuré qu’il ne projetait pas de fermer les centres commerciaux de Dbayeh et de Saïda et qu’il restait déterminé à « poursuivre tous ses projets en cours de développement ».

Acres Development a précisé que la décision avait été prise par le groupe de distribution libanais Azadea, à qui il appartient. Fondé en 1978, Azadea emploie plus de 12 000 personnes réparties dans 13 pays au Moyen-Orient et en Afrique pour plusieurs dizaines de marques distribuées.

La direction d’Acres a en outre exprimé « ses remerciements, son estime et sa reconnaissance » au groupe Habtoor à qui appartiennent les locaux accueillant le centre commercial, précisant que la fermeture n’était pas liée à un problème de paiement de « loyer ». Le groupe n’a en revanche pas communiqué le nombre d’employés affectés par cette fermeture (les informations qui avaient circulé en janvier faisaient état de 500 emplois menacés, dont une majorité avaient vu leurs salaires diminuer de moitié en raison de la crise). Acres a en outre remercié « les propriétaires d’enseignes commerciales, restaurants et fournisseurs qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour répondre au besoin de la clientèle du LeMall Sin el-Fil pendant plus d’une décennie. »

La brutale dégradation de la situation économique et financière du pays en 2019 – qui a viré à la crise de liquidités et du change – est en train d’avoir des conséquences dévastatrices sur de nombreuses entreprises libanaises - sur fond de crise institutionnelle et de manifestations contre le pouvoir qui se poursuivent depuis le 17 octobre, même si elles ont baissé en intensité.

Les restrictions mises en place de façon informelle et désordonnée par les banques depuis fin août sur les retraits d’espèces et les transferts à l’étranger ont été particulièrement négatives, en minant encore plus la confiance des déposants envers le secteur déjà très exposé à dette publique libanaise galopante (près de 92 milliards de dollars à fin 2019, pour un ratio dette/PIB de plus de 150 %). En plus d’être illégales, faute d’avoir été autorisées par le Parlement, ces mesures de contrôle de capitaux ont eu pour effet de doper le taux livre/dollars chez les changeurs, qui gravite actuellement autour de 2500 livres pour un dollar. Un taux parallèle que la Banque du Liban n’a pas réussi à stabiliser à 2000 comme elle a tenté de le faire en janvier et qui coexiste avec une parité officielle de 1507,5 livres toujours appliquée pour les transactions bancaires. La hausse du taux de change sur le marché secondaire a cependant contribué à augmenter les prix de nombreux biens de façon chaotique. Selon l’Administration centrale de la statistique, l’inflation a bondi de 10,04 % en glissement annuel à fin janvier avec d’importantes disparités en fonction des catégories.

Enfin, plusieurs sources concordantes dans le milieu de la distribution estiment que le sort du centre LeMall – Habtoor était incertain même avant la crise, ce dernier subissant de plein fouet la concurrence de plusieurs autres centres commerciaux déployés dans la même région.


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