Une différence considérable réside entre la révolte et la révolution. Dans L’homme révolté, Albert Camus explique ce qui différencie les deux concepts : « Le mouvement de révolte, à l’origine, tourne court. La révolution commence au contraire à partir de l’idée. » Alors que les deux grandes révolutions qui ont marqué l’histoire de France, celles de 1789 et de 1968, sont le fruit d’une révolution du système de pensée et de croyance, la « révolution » libanaise ne semble pas être une vraie révolution. En effet, le soulèvement populaire au Liban n’est pas vu sous un même angle par tous. Pour les uns, il s’agit bel et bien d’une révolution, vu qu’ils réclament le départ de tous les élus ; pour les autres, il s’agit d’un mouvement populaire (hirak). Il est incontestable que les deux causes principales du soulèvement populaire sont évidemment la corruption et la situation économique difficile du pays. La question qui se pose : est-ce que ces deux raisons sont en mesure d’engendrer une révolution ? La réponse selon Camus est non, vu que la révolution « est une tentative pour modeler l’acte sur l’idée, pour façonner le monde dans un cadre théorique ».
En réalité, plusieurs signes prouvent que le peuple libanais est loin d’être dans une révolution, dont la condition de la femme. Quoique la participation des Libanaises au mouvement soit forte et appréciée, toute Libanaise demeure jusqu’à présent porteuse de l’honneur de la famille ; preuve en est les insultes adressées aux dirigeants. Finalement, pour qu’une révolution puisse s’accomplir, il faut, selon Alain, dire non, non seulement aux tyrans, mais aussi aux prêcheurs et à soi-même. Puisse le Libanais dire un jour le vrai non.
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