Rencontre

Zasypkine : Il faut donner une chance au nouveau gouvernement

L’ambassadeur russe avec le président et les membres du conseil de l’ordre des rédacteurs. Photo DR

L’ambassadeur de Russie, Alexandre Zasypkine, est en poste à Beyrouth depuis plus de neuf ans et a une solide connaissance de la région puisqu’il y vit pratiquement depuis 1972, ayant été affecté d’abord en Syrie, ensuite au Yémen et en Arabie saoudite, avant de l’être au Liban. Lors d’une visite au siège de l’ordre des rédacteurs de presse hier, il s’est livré à une présentation de la situation internationale, estimant qu’après l’effondrement de l’Union soviétique, la « campagne occidentale », et en particulier américaine, contre la Russie n’a pas baissé d’intensité. Ce qui prouve à ses yeux que, pour Washington, il ne s’agit pas vraiment d’une question de régime, mais plutôt d’une lutte globale d’influence. Ce qui n’est pas le cas de la politique russe qui, selon lui, « ne cherche pas la confrontation, respecte les traités et la légalité internationale et privilégie la coopération avec tous ».

M. Zasypkine insiste à cet égard sur l’appel récent du président russe Vladimir Poutine à une réunion des dirigeants des cinq pays membres permanents au Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni et Russie). Selon lui, il ne s’agit pas « de créer un nouveau club », mais de mener des concertations sur les grands sujets qui inquiètent la planète, entre les pays qui assument les plus grandes responsabilités sur la scène internationale.

« Aujourd’hui, dit-il, une crainte profonde se manifeste en raison de la multiplicité et de la diversité des conflits qui secouent le monde et qui pourraient déraper vers quelque chose de plus grave. Le problème, c’est l’absence de confiance entre les parties. Jusqu’à présent, la France et la Chine ont donné leur accord pour une telle réunion, la Grande-Bretagne a demandé un éclaircissement et les États-Unis n’ont donné aucune réponse... »


(Lire aussi : Un danger et un double défi, l’édito de Michel TOUMA)


Pas de conflit entre la Russie et l’Iran en Syrie

Prié de préciser la position de son pays au sujet du gouvernement Diab, l’ambassadeur de Russie a souligné qu’il faut trouver un mécanisme accepté par toutes les parties pour gérer la crise actuelle. « Mais aujourd’hui, un nouveau gouvernement formé d’experts proposés par les partis a été formé, note-t-il. Un autre processus aurait-il été possible ? Je n’ai pas de réponse à cette question. Je pense toutefois que le passage direct vers un autre régime que celui qui existe actuellement comporte des risques. Chez nous, l’effondrement de l’URSS a eu des répercussions négatives, car le pouvoir oligarchique s’est accentué. » Le diplomate considère que le refus de certains de participer au gouvernement ne doit pas constituer une entrave à son action. « Je pense qu’il faut donner une chance à ce gouvernement et mettre l’accent sur les objectifs économiques », a-t-il ajouté.

Sur le fait que le gouvernement Diab serait, selon certains, celui du Hezbollah, M. Zasypkine a répondu en substance qu’on ne peut pas l’affirmer. Le Hezbollah est présent, selon lui, mais il ne contrôle pas le gouvernement. Sur le plan des relations économiques entre le Liban et la Russie, il a noté que la coopération économique est liée à des projets dans les domaines de l’électricité et de la prospection d’hydrocarbures. Selon lui, il y a au Liban, sur ce plan, une sorte d’équilibre entre l’Est et l’Ouest.

Sur le plan régional, l’ambassadeur russe a estimé que la décision de maintenir ou non la présence militaire américaine en Irak et en Syrie est une décision souveraine des deux pays. De toute façon, le départ des troupes US « ne signifie pas la fin de l’influence américaine dans ces pays », a-t-il admis.

Interrogé sur les raisons qui ont poussé à tenir le dernier sommet entre M. Poutine et (le président syrien) Bachar el-Assad sur une base militaire au lieu du palais présidentiel, le diplomate a assuré qu’il s’agit d’un détail qui n’a aucune portée politique. « Ce qui compte, c’est que les deux dirigeants se sont rencontrés pour prendre des décisions et renforcer la coordination stratégique entre eux. »

Sur l’existence de divergences entre la Russie et l’Iran en Syrie, M. Zasypkine a affirmé qu’il ne s’agit nullement de conflits. « Avec l’Iran, dit-il, nous avons une coopération élevée et nous préférons insister sur les points positifs. De plus, la présence iranienne en Syrie a les mêmes objectifs que celle des Russes : il s’agit de lutter contre le terrorisme. Or cette lutte-là n’est pas finie. Tantôt on accuse l’Iran et la Russie d’être de connivence et tantôt on parle de conflit profond entre ces deux pays. Il faut se décider... »Au sujet du fameux plan de paix américain que Washington s’apprête à annoncer, l’ambassadeur a dit : « Je ne sais pas si on peut parler de plan, nous attendons les détails. Je préfère parler d’idées américaines. Mais je ne crois pas que les États-Unis peuvent les imposer seuls... Ce qui compte, c’est de trouver un moyen d’assurer un retour vers le processus de paix. »

Les Russes avaient été accusés d’intervenir dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Comptent-ils le faire de nouveau en novembre 2020 ? « Quand on parle de rôle russe dans les élections américaines, ce n’est pas clair. Dans quel but serions-nous intervenus ?

Pour favoriser Donald Trump ? C’est ridicule. Surtout qu’un mandat peut commencer d’une façon et finir d’une autre et qu’il y a plusieurs inconnues... Comment dans ce cas prévoir quel sera l’intérêt de la Russie ? On a ensuite dit que nous étions intervenus pour saboter la démocratie américaine. C’est encore plus ridicule. Le but de toutes ces accusations est de nous diaboliser, alors que nous respectons la souveraineté des États. »


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commentaires (3)

LA CONTESTATION DOIT DONNER UNE CHANCE A CE NOUVEAU GOUVERNEMENT. D,UN AUTRE COTE IL EST GRAND TEMPS QU,ELLE ELISE UN COMITE DE SUIVI ET FORME UN GOUVERNEMENT DE L,OMBRE POUR SUIVRE, CONTROLER ET INTERVENIR LE CAS ECHEANT. LES PARTIS DE L,OPPOSITION DOIVENT APPORTER TOUT LEUR SUPPORT A LA CONTESTATION.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

09 h 19, le 28 janvier 2020

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Commentaires (3)

  • LA CONTESTATION DOIT DONNER UNE CHANCE A CE NOUVEAU GOUVERNEMENT. D,UN AUTRE COTE IL EST GRAND TEMPS QU,ELLE ELISE UN COMITE DE SUIVI ET FORME UN GOUVERNEMENT DE L,OMBRE POUR SUIVRE, CONTROLER ET INTERVENIR LE CAS ECHEANT. LES PARTIS DE L,OPPOSITION DOIVENT APPORTER TOUT LEUR SUPPORT A LA CONTESTATION.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 19, le 28 janvier 2020

  • LE ROITELET EST DECHU VIVE LE NOUVEAU ROITELET UN ARTICLE DE Mm HADDAD SANS UN MOT SUR BASSIL C'EST UN PLAISIR A LIRE ET UN MIRACLE 2 FOIS DIAB ET 2 FOIS HEZBALLAH SEULEMENT CONTINUER SVP , LE GENDRE N'EST PLUS AU POUVOIR SAUF PAR PERSONNE INTERPOSE MAIS IL CONTINU A AVOIR DES AMIS QUI LUI OFFRENT DES AVIONS PRIVES POUR SE RENDRE A L'ETRANGER

    LA VERITE

    01 h 18, le 28 janvier 2020

  • J'ai une confiance totale en l'ambassadeur Zasypkine . Sa mission a toujours été d'une clarté et d'une franchise exceptionnelles .

    Chucri Abboud

    00 h 54, le 28 janvier 2020