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Monde - Conflit

Regain de violence au Yémen

Des soldats loyalistes inspectent le site de l’attaque de missile sur un site militaire, attribuée aux rebelles houthis, le 20 janvier à Maarib. Ali Owidha/Reuters

Le Yémen connaît une recrudescence des violences depuis une semaine. L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, était dépêché dans la capitale Sanaa jeudi, accompagné d’une délégation d’ambassadeurs européens, pour rencontrer les houthis alors qu’une nouvelle attaque de missile attribuée aux rebelles par les loyalistes a eu lieu à Maarib, faisant deux morts, dont une enfant, et quatre blessés mercredi soir. L’opération a visé la maison d’un député progouvernemental, Mossad Hussein al-Sawadi, tuant sa belle-fille et l’une de ses petites filles, âgée de 16 ans, a indiqué le chef des enquêtes criminelles, le colonel Hussein Huleissi. « Le député a été grièvement blessé et trois de ses proches ont été touchés », a affirmé le responsable cité par l’agence yéménite Saba. « La maison a été totalement détruite par cette attaque lancée par les houthis », a-t-il précisé. L’offensive intervient quelques jours après le lancement de missiles et de drones contre une mosquée d’un camp militaire des forces loyalistes également dans la province de Maarib, faisant 116 morts et 148 blessés selon des sources médicales et militaires. Les rebelles n’ont toutefois revendiqué aucune des deux opérations.

Ancien bastion d’el-Qaëda dans la péninsule Arabique (AQPA) situé à environ 170 kilomètres de la capitale yéménite, Sanaa, Maarib avait été relativement épargnée par les combats depuis le début de la guerre. Le conflit fait rage depuis septembre 2014 entre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, et les forces du gouvernement de Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyés par une coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis depuis mars 2015. « Maarib abrite plus d’un million de déplacés internes, dont beaucoup viennent du Nord pour échapper aux poursuites des houthis », souligne Nadwa Dawsari, analyste du conflit yéménite, interrogée par L’Orient-Le Jour. « Les Émirats arabes unis ont retiré le système antimissile Patriot de Maarib l’année dernière et cela a laissé la ville et les civils qui y vivent exposés aux attaques des houthis », poursuit-elle. Des responsables de la province de Maarib ont annoncé jeudi le démantèlement de deux « cellules » qui ont facilité, selon elles, l’attaque de mercredi. « Les forces qui étaient ciblées à Maarib étaient censées maintenir la paix dans le Sud et, finalement, jouer un rôle dans l’unification avec le front sud », indique à L’OLJ Fatima Alasrar, chercheuse au Middle East Institute. « Cela constituerait une menace importante pour les houthis et menacerait leur existence au Nord », estime-t-elle. Sous la houlette de Riyad, le gouvernement Hadi a notamment signé un accord en novembre dernier avec le Conseil de transition du Sud, mouvement séparatiste, afin de constituer un bloc uni face aux rebelles.


(Lire aussi : Plus de 100 morts dans une attaque contre les soldats loyalistes)



Un « échec »

Dans le même temps, les affrontements ont augmenté entre rebelles et loyalistes, appuyés par les forces aériennes de la coalition, dans la province de Nihm, à quelque 60 kilomètres de Sanaa et qui relie Maarib à la capitale. Alors que Nihm serait tombée aux mains des rebelles, les combats continuaient de faire rage autour de la ville hier matin et des vidéos des combats circulaient sur les réseaux sociaux, sans que L’OLJ ait pu en vérifier l’authenticité. Jeudi, le président Hadi estimait que l’accord de Stockholm, dont le but était d’amorcer un processus de paix, était un « échec ». Le commandant des opérations conjointes au ministère yéménite de la Défense, Saghir ben Aziz, a pour sa part appelé hier à « avancer vers la capitale Sanaa », contrôlée par les rebelles depuis 2014. « C’est une bataille décisive pour se débarrasser des houthis, notre promesse est Sanaa, si Dieu le veut », a-t-il affirmé dans un communiqué rapporté par le centre de presse des forces armées. Dans la province de Jawf, au nord de Sanaa, de violents combats ont aussi éclaté jeudi sur plusieurs axes entre les belligérants, selon des commandants loyalistes. « Il est difficile de savoir pourquoi il y a une escalade maintenant. Les houthis envoient des renforts à Nihm depuis des mois maintenant, particulièrement depuis que les négociations ont commencé entre eux et les Saoudiens », observe Nadwa Dawsari. Selon l’experte, « il se pourrait qu’ils aient voulu renforcer leur position dans les négociations en avançant dans Nihm. Ils savent que les Saoudiens sont désespérés, surtout à la lumière des suites du meurtre du commandant iranien de l’unité d’élite al-Qods Kassem Soleimani ».


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