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Monde - Yémen

Plus de 100 morts dans une attaque contre les soldats loyalistes

Les frappes de missiles et de drones sont attribuées aux houthis, et pourraient s’inscrire dans le contexte des représailles iraniennes après la mort de Soleimani.

Des soldats progouvernementaux lors d’une parade militaire dans la province de Ma’rib, le 27 septembre 2016. Photo AFP

La relative accalmie qui s’était installée au Yémen au cours de ces dernières semaines aura été de courte durée. Selon les médias saoudiens, la mosquée d’un camp militaire situé dans la province de Ma’rib a été visée samedi par une attaque de missiles et de drones attribuée aux rebelles houthis. Plus de cent soldats auraient péri dans l’attaque, selon le ministère des Affaires étrangères. Des sources médicales et militaires ont également fait état de 148 blessés. La télévision saoudienne al-Hadath a montré ce qu’elle a affirmé être des images de la mosquée dévastée par l’offensive avec des traces de sang sur les murs. Des restes humains jonchaient les tapis, qui ont été imbibés de sang au milieu des morceaux de charpente métallique effondrés du toit.

« Cette action honteuse de la milice des houthis confirme que cette dernière n’a aucune intention pacifique, qu’elle ne veut que la mort et la destruction et qu’elle est l’instrument de l’Iran dans la région », a déclaré le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, cité par l’agence yéménite Saba. Le conflit yéménite oppose les forces gouvernementales, appuyées par une coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis depuis 2015, aux rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Ma’rib, située à environ 170 kilomètres de la capitale Sanaa, a été longtemps considérée comme un bastion d’el-Qaëda dans la péninsule Arabique (AQPA). Zone tribale progouvernementale, elle est l’une des provinces qui ont été relativement épargnées par les combats depuis le début de la guerre. Elle a toutefois été assiégée par les rebelles en 2015 avant que les forces tribales locales ne les repoussent, appuyées par celles de la coalition qui continue d’assister les autorités locales à travers la fourniture d’armes et de financements.

Le ministre yéménite de l’Information, Mouammar el-Eryani, a dénoncé sur son compte Twitter hier l’attaque « terroriste », qualifiant les houthis de « mercenaires iraniens » et estimant qu’elle avait été effectuée en représailles à l’élimination par les États-Unis, le 3 janvier, de Kassem Soleimani, le commandant iranien de l’unité d’élite des gardiens de la révolution, aux alentours de Bagdad. Simultanément à cette opération, les forces américaines ont mené une attaque visant à éliminer Abdel Reza Shahla’i, un mécène et commandant-clé des gardiens de la révolution au Yémen, sans succès, a rapporté le Washington Post. Dans un entretien accordé à CNN, le général de brigade Hossein Dehghan, conseiller militaire du guide suprême iranien l’ayatollah Khamenei, avait déclaré que « la réponse sera assurément militaire et contre des sites militaires ».


(Pour mémoire : Au Yémen, l’accord de paix peine à prendre forme sur le terrain)


Prolonger le conflit

L’opération attribuée aux houthis pourrait s’inscrire dans ce contexte. « Les représailles officielles de l’Iran via des frappes de missiles sur des bases irakiennes hébergeant des troupes américaines le 7 janvier ont probablement été calibrées pour éviter de nouvelles actions américaines », observe Elisabeth Kendall, chercheuse en études arabes et islamiques au Pembroke College de l’Université d’Oxford, interrogée par L’Orient-Le Jour. « Cependant, la véritable revanche de l’Iran est susceptible d’être prise sous la forme d’attaques à travers ses proxy contre certains alliés régionaux des États-Unis. Il est possible pour l’Iran de démentir être à l’origine de ces attaques, et cela rend beaucoup plus difficile la réponse des États-Unis », poursuit-elle.

L’attaque des houthis intervient également après une offensive des forces progouvernementales contre les rebelles dans la zone de Nihm et de Khawlan, à l’est de Sanaa, qui est aux mains des rebelles depuis 2014. À l’heure de mettre sous presse, les rebelles n’avaient toujours pas revendiqué l’opération. « Le fait que les houthis prennent si longtemps pour revendiquer l’attaque de Ma’rib pourrait indiquer qu’il y a des divisions au sein de leur mouvement entre les jusqu’au-boutistes et les éléments plus modérés qui cherchent à négocier un accord de paix favorable », indique Elisabeth Kendall. « Des pourparlers auraient eu lieu ces derniers mois entre les houthis et l’Arabie saoudite, et entre les houthis et les États-Unis, facilités par Oman. Cette attaque risque de les compromettre et de prolonger le conflit », souligne-t-elle. Le chef de la diplomatie yéménite Mohammad al-Hadhrami a rencontré dimanche le secrétaire d’État adjoint américain pour les Affaires du Golfe, Tim Lenderking, a indiqué le ministère yéménite sur Twitter sans préciser le lieu de la rencontre.

Pas plus tard que jeudi dernier, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Marthin Griffiths, avait souligné face au Conseil de sécurité que cette semaine « a été l’une des plus calmes de la guerre au Yémen depuis qu’elle a commencé, avec seulement une frappe aérienne, des mouvements militaires au sol très limités et aucune attaque de drones ou de missiles contre les pays voisins ». « Cela n’est pas le fruit du hasard. Les dirigeants yéménites et ceux de la région ont délibérément fait preuve de retenue et se sont abstenus de mener des actes de provocation », avait-il fait remarquer.



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Ce coup de maitre des houtis contre les envahisseurs coalisés bensaouds américains français anglais et israéliens nous rappelle que le conflit est loin d'être terminé. J'invite les lecteurs à s'attendre à ce qu'un coup pareil se fasse en Irak sur des yankys tout autant envahisseurs . Il commence à se dire que l'attaque sur les bases militaires en Irak par les missiles balistiques iraniens ont fait un nombre important de morts et de blessés. La mort suspecte de 2 soldats us en Allemagne ne serait rien d'autre que le transfert des cadavres ailleurs pour ne pas avoir à reconnaître les victimes de ces frappes en Irak.

FRIK-A-FRAK

14 h 52, le 20 janvier 2020

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Commentaires (1)

  • Ce coup de maitre des houtis contre les envahisseurs coalisés bensaouds américains français anglais et israéliens nous rappelle que le conflit est loin d'être terminé. J'invite les lecteurs à s'attendre à ce qu'un coup pareil se fasse en Irak sur des yankys tout autant envahisseurs . Il commence à se dire que l'attaque sur les bases militaires en Irak par les missiles balistiques iraniens ont fait un nombre important de morts et de blessés. La mort suspecte de 2 soldats us en Allemagne ne serait rien d'autre que le transfert des cadavres ailleurs pour ne pas avoir à reconnaître les victimes de ces frappes en Irak.

    FRIK-A-FRAK

    14 h 52, le 20 janvier 2020

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