Dans le centre-ville de Beyrouth, hier soir, des manifestants hostiles au nouveau cabinet qui, selon leurs propos, ne répond pas à leurs aspirations au changement, se sont rassemblés au niveau de la rue Weygand et ont empêché les forces de l’ordre d’installer de nouvelles barricades pour boucher hermétiquement tout accès à la place de l’Étoile.
Le mouvement est cependant resté pacifique, contrairement à celui de la veille, lorsque des casseurs farouchement opposés au nouveau cabinet s’en sont violemment pris aux forces de l’ordre et ont manifesté leur colère par des actes de vandalisme. Sur son compte Twitter, la Croix-Rouge libanaise a annoncé que 86 personnes avaient été blessées lors de ces affrontements. « Quatorze personnes ont été hospitalisées et 72 autres ont été traitées sur place », selon la CRL.
Parallèlement, les FSI ont libéré sous caution 10 des 13 personnes interpellées mercredi soir. Deux autres sont toujours interrogées par la police et le troisième qui avait été appréhendé avec cinq bouteilles de carburant, destiné à la fabrication de cocktails Molotov, a été déféré devant la justice. Au Liban-Nord, une militante, soupçonnée d’avoir organisé le convoi de protestataires de Tripoli et du Akkar, était toujours interrogée hier par la police.
Dans ce contexte, le bureau de presse de la nouvelle ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, a annoncé que celle-ci a contacté le procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, pour lui demander de déterminer les responsabilités et de prendre les sanctions nécessaires contre les agresseurs. Marie-Claude Najm a « insisté sur la liberté de manifestation et d’expression, garantis par la Constitution et les lois, tout en condamnant les actes de vandalisme et les agressions contre les citoyens, les journalistes et les forces de l’ordre, ainsi que les propriétés publiques et privées ».
Les actes de vandalisme au centre-ville ont été vivement dénoncés hier par plusieurs personnalités, dont notamment l’ancien Premier ministre, Saad Hariri.
« Se permettre de détruire Beyrouth, ses souks et ses commerces constitue un acte condamnable et suspect, quelle que soit la partie qui se cache derrière ces actes ou qui les soutient », a écrit M. Hariri sur Twitter. « Les places de Beyrouth sont ouvertes à la liberté d’expression, à la contestation, à la colère et aux manifestations pacifiques. Mais il est inacceptable qu’elles se transforment en théâtre d’affrontements et de vandalisme contre les propriétés publiques et privées », a-t-il écrit.
« (…) Nous couperons court aux plans qui visent à exploiter la colère des gens au service de la sédition », a encore dit M. Hariri. « Les expériences dans l’entourage du Liban nous ont appris que l’excès de violence est le chemin le plus court vers la confessionnalisation des révolutions en vue de les tuer. »


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LES VANDALES SONT BIEN CONNUS. ILS NE SONT PAS DES VISIGOTHS IMPORTES !
18 h 30, le 24 janvier 2020