Des visiteurs se prenant en photo début janvier sur la place al-Nour, lieu de la contestation contre le pouvoir à Tripoli, au Liban-Nord. Philippe Hage Boutros
Les dépenses détaxées effectuées par les touristes au Liban ont baissé de 40,63 % au dernier trimestre 2019, contre une hausse de 4,75 % lors du trimestre précédent, selon le rapport publié par Global Blue, une société suisse spécialisée dans la restitution de la TVA sur les achats des touristes. À titre de comparaison, les dépenses détaxées des touristes avaient augmenté de 6,5 % en 2018.
Cette baisse est liée à la dégradation du climat politico-sécuritaire au Liban, dans une période marquée par les manifestations contre le pouvoir qui ont démarré le 17 octobre dernier et au cours desquelles de nombreux axes routiers, à travers le pays, ont été paralysés pendant plusieurs semaines. Des événements survenus dans un contexte de crise économique et financière qui s’est accélérée depuis la fin de l’été, et qui ont contribué à décourager les visiteurs potentiels. Selon les derniers chiffres disponibles du ministère du Tourisme, le nombre de touristes en novembre a par exemple diminué de 47,8 % en glissement annuel, ce qui a affecté la tendance globale sur les onze premiers mois de l’année (+1,6 % en glissement annuel, contre +5 % sur la même période en 2018).
Les visiteurs saoudiens (14 % du total) et émiratis (11 %) ont représenté la plus grande part des dépenses effectuées par des touristes au Liban. Les Koweïtiens et les Syriens suivent avec 8 % chacun, devant les Qataris (7 %), les Égyptiens (5 %), les Français et les Américains (4 % pour chaque nationalité), puis les Jordaniens et les Irakiens (3 % pour chaque nationalité). Les dépenses cumulées des ressortissants venus d’autres pays du monde atteignent 30 % du total.
En termes d’évolution, ce sont les dépenses des ressortissants koweïtiens qui ont affiché la plus forte régression en rythme annuel au dernier trimestre, leurs dépenses ayant diminué de -62,35 %. Ils sont suivis par les Jordaniens (-56,33 %), les Qataris (-49,91 %), les Égyptiens (-46,91 %), les Saoudiens (-45,32 %) et les Syriens (-39,85 %). Il n’y a eu aucune hausse des dépenses, et la baisse la moins prononcée est celle des Émiratis (-19,4 %).
Les achats détaxés ont été principalement effectués dans l’habillement (64 %), ainsi que dans les bijouteries et les montres (21 %). La majorité des dépenses ont été effectuées à Beyrouth (82 %), une fois encore loin devant les autres régions.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine