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Politique

Les manifestations de soutien aux Libanais reprennent à Paris et à Londres


Un immense drapeau libanais face à la tour Eiffel. Photo Anne Ilcinkas

Immense drapeau tenu à bout de bras, slogans révolutionnaires, sono à fond, dabké… Le parvis des Droits de l’homme, face à la tour Eiffel, était de nouveau hier aux couleurs du Liban, ce dimanche froid de janvier. Plus d’un mois après la dernière manifestation parisienne, quelques centaines de Libanais de Paris se sont donné rendez-vous pour exprimer leur solidarité avec leurs compatriotes, notamment après les arrestations massives et les violences policières des derniers jours à Beyrouth.

« Pendant les fêtes, nous sommes quasiment tous rentrés au Liban, explique Marc Tuéni, bénévole au sein de Meghterbin Mejtemiin, le collectif qui organise les manifestations à Paris depuis le début de la révolte. D’ailleurs, nous avions mené campagne pour inciter les expatriés à rentrer au Liban à cette période pour soutenir le peuple et le pays. À Beyrouth, nous avions organisé la marche des émigrés, du ministère des Affaires étrangères à la place des Martyrs. » Pour le jeune homme, ces quelques jours au pays lui ont permis enfin de vivre la révolution, après l’avoir suivie depuis Paris, pendant plusieurs semaines, frustré. « J’étais dans la rue tous les jours, le 25 décembre, et le 31 décembre aussi, lors de la fête du réveillon place des Martyrs », se souvient-il. « En voyant les événements de cette semaine, nous avons décidé d’organiser une manifestation ce dimanche pour marquer le coup. Nos revendications sont claires. Les politiciens continuent leurs magouilles comme si on n’était pas là. Et on se demande pourquoi cette escalade de la violence ? Les gens sont à bout. C’est normal qu’ils se mettent à casser », estime le jeune homme, ingénieur en informatique.

Les violents heurts des derniers jours entre manifestants et forces de l’ordre effraient Aline, 45 ans, venue manifester ce dimanche. La cadre dirigeante, qui a dû quitter le Liban à la fin des années 1970 à cause de la guerre civile, redoute la violence et surtout la résurgence de la guerre. « La situation peut déraper, se désole-t-elle. Je souhaite retrouver l’esprit du début, mais ça n’a rien donné. Que pouvons-nous faire face au mutisme et à l’aveuglement de nos politiciens ? » Celle qui imaginait il y a quelques mois retourner s’installer au Liban pour veiller sur ses parents ne l’envisage plus aujourd’hui. « Il vaut mieux que je reste en France pour pouvoir les aider, notamment pour leur traitement médical. D’ailleurs, tous mes neveux sont en train de quitter le pays. Le Liban devient une maison de retraite géante », se désole-t-elle.

Une doctorante tripolitaine venue de Lyon n’a pas hésité à retarder son départ de quelques heures pour pouvoir participer à la manifestation avec des amies. « Nous sommes venues en France pour étudier, dit-elle. Je veux pouvoir retourner au Liban pour travailler et vivre, car c’est dur de quitter notre famille et nos amis. » À cela s’ajoutent les difficultés financières, la jeune femme ne recevant plus sa bourse du Liban. « Nous faisons très attention à nos dépenses », explique-t-elle, en soulignant que ses difficultés ne sont rien par rapport à celles que vivent ses compatriotes au Liban.

À Londres aussi

Michelle Kesrouani, elle, a mis de côté ses activités de scénariste, toute concentrée sur la révolution. « Je n’ai pas dormi la nuit dernière, j’étais scotchée sur les réseaux sociaux, confie-t-elle. C’était une semaine très agressive, affreuse. » Pour la bénévole au sein de Meghterbin Mejtemiin, les manifestations parisiennes vont se poursuivre tant que le peuple libanais manifestera au Liban. « Ici, nous sommes le miroir de ce qui se passe au pays. Nous continuerons à les soutenir jusqu’au bout. »

À Londres également, une centaine d’expatriés libanais ont manifesté hier après-midi devant l’ambassade du Liban, en signe de soutien aux protestataires qui ont investi la rue depuis le 17 octobre dernier, et surtout pour afficher leur solidarité avec les nombreuses personnes blessées lors des dernières manifestations à Beyrouth. « Révolution contre l’État corrompu ! », « À bas le règne des voyous ! », « À bas le règne des banques ! », scandaient les manifestants, reprenant les slogans répétés à Beyrouth. « La violence affichée par certains manifestants est le résultat de plus de 30 ans d’économie et de politique violentes. Les gens sont excédés parce que les politiciens n’ont toujours rien fait, alors qu’ils manifestent depuis plus de 90 jours. Les gens ont faim, ils sont en train de perdre leurs emplois, certains se sont même suicidés, ils ont été poussés à bout », a affirmé à L’Orient-Le Jour Jad, la trentaine. « Beaucoup d’expatriés ont envie de rentrer au pays, mais l’économie va mal, il n’y a pas de travail ou d’électricité... On essaie donc de bâtir un pays où on pourrait éventuellement revenir un jour », a-t-il ajouté.Wadih, un autre trentenaire, souhaite « montrer à ceux qui sont au Liban que nous sommes solidaires dans ces moments difficiles, dans l’espoir de pouvoir changer quelque chose ». « J’espère pouvoir un jour rentrer au pays », lance-t-il.

Immense drapeau tenu à bout de bras, slogans révolutionnaires, sono à fond, dabké… Le parvis des Droits de l’homme, face à la tour Eiffel, était de nouveau hier aux couleurs du Liban, ce dimanche froid de janvier. Plus d’un mois après la dernière manifestation parisienne, quelques centaines de Libanais de Paris se sont donné rendez-vous pour exprimer leur solidarité avec leurs compatriotes, notamment après les arrestations massives et les violences policières des derniers jours à Beyrouth. « Pendant les fêtes, nous sommes quasiment tous rentrés au Liban, explique Marc Tuéni, bénévole au sein de Meghterbin Mejtemiin, le collectif qui organise les manifestations à Paris depuis le début de la révolte. D’ailleurs, nous avions mené campagne pour inciter les expatriés à rentrer au Liban à cette période...
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Félicitations aux libanais de France et d'Angleterre

Eleni Caridopoulou

13 h 28, le 20 janvier 2020

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Commentaires (1)

  • Félicitations aux libanais de France et d'Angleterre

    Eleni Caridopoulou

    13 h 28, le 20 janvier 2020

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