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Iran

Khamenei discrédite les manifestations antipouvoir

C'est la première fois en huit ans que le numéro un iranien dirige la grande prière hebdomadaire musulmane à Téhéran.

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors du prêche du vendredi, le 17 janvier 2020 à Téhéran. Photo AFP / HO / IRAN PRESS

Le guide suprême d'Iran Ali Khamenei a maintenu vendredi une attitude ferme contre les Occidentaux et laissé entendre que les manifestations antipouvoir survenues après une catastrophe aérienne étaient loin d'être représentatives de l'ensemble du peuple.

Ultime décideur dans les principaux dossiers de la République islamique, l'ayatollah Khamenei s'en est particulièrement pris aux Européens accusés d'être les "valets" des Etats-Unis, au regard du dossier nucléaire, lors de son prêche à la mosquée Mosalla de Téhéran.

C'était la première fois en huit ans qu'il dirigeait la grande prière hebdomadaire musulmane à Téhéran. Son prêche a été entrecoupé par les slogans "Mort à l'Amérique" et "Mort à Israël" de la foule qui débordait largement de la mosquée sur l'esplanade alentour, selon des images de la télévision d'Etat.

Début janvier, les Etats-Unis et l'Iran, ennemis jurés, ont paru au bord de l'affrontement militaire direct. Le 3 janvier, Washington a tué dans une attaque de drone à Bagdad le général iranien Kassem Soleimani, un commandant des gardiens de la révolution (armée idéologique) et architecte de la stratégie d'influence régionale iranienne. Le 8 janvier, l'Iran a tiré des missiles sur deux bases abritant des Américains en Irak, blessant 11 soldats américains. Le même jour, l'Iran a abattu "par erreur" un avion civil ukrainien juste après son décollage de Téhéran. La catastrophe a fait 176 morts, en majorité des Iraniens et des Canadiens.

Ce drame est un "accident amer" qui "a brûlé notre cœur", a déclaré Ali Khamenei. "Mais certains ont essayé de (l'utiliser pour faire) oublier le grand martyre et sacrifice" de Soleimani.


(Lire aussi : Rohani veut éviter "la guerre" et défend le dialogue)


"Un jour de Dieu"
M. Khamenei faisait allusion aux manifestations protestant ces derniers jours en Iran contre le retard pris - 3 jours - par les forces armées pour reconnaître leur responsabilité dans le crash. Louant l'action de Soleimani, présenté comme "le commandant le plus puissant de la lutte contre le terrorisme", l'ayatollah Khamenei a affirmé que le peuple iranien était en faveur de la "fermeté" et de la "résistance" face aux "ennemis". "Le jour où des dizaines de millions de personnes en Iran, et des centaines de milliers en Irak et dans d'autres pays sont descendues dans les rues pour rendre hommage à Soleimani, ce jour est un jour de Dieu", a-t-il indiqué. "Le jour où les missiles du Corps (des gardiens de la révolution) ont détruit la base de l'armée américaine en Irak est aussi l'un de ces jours de Dieu."

Si la tension irano-américaine semble être retombée après la catastrophe aérienne, celle-ci a suscité l'indignation en Iran. Dans les rues de Téhéran, la police anti-émeute a été déployée en force après l'organisation quotidienne de manifestations antipouvoir depuis que l'Iran a reconnu le 11 janvier son "erreur" dans le crash. Concentrées à Téhéran, les manifestations sont néanmoins apparues d'une ampleur nettement inférieure à la vague de contestation nationale de novembre contre la hausse du prix de l'essence, matée au prix d'une répression ayant fait au moins 300 morts d'après Amnesty International. Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, une cérémonie jeudi à la mémoire des victimes du crash à Ispahan (centre) a tourné à la manifestation hostile aux autorités.


(Pour mémoire : Nouvelles manifestations en Iran, « l’unité nationale » post-Soleimani remise en cause)


"Lâches" 
Après le prêche de M. Khamenei, la télévision d'Etat a diffusé des images de rassemblements de soutien au pouvoir et aux forces armées dans des villes de province.

C'est un général des gardiens de la révolution qui a endossé la responsabilité du drame, affirmant qu'il avait été causé par l'opérateur d'une batterie de missile qui avait pris le Boeing pour un "missile de croisière", en pleine alerte "guerre" des forces iraniennes face à une éventuelle riposte américaine.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a estimé vendredi sur Twitter que "la politisation de cette tragédie doit être rejetée". "Il faut se concentrer sur les familles des victimes", a-t-il ajouté, indiquant aussi s'être entretenu avec son homologue canadien François-Philippe Champagne pour discuter de la coopération dans l'enquête sur le crash. 

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a appelé vendredi Téhéran à envoyer les boîtes noires de l'avion vers un laboratoire en France, l'un des rares pays pouvant les analyser.

Pour la Russie, la catastrophe aérienne montre qu'il est temps pour l'Iran et les Etats-Unis d'amorcer une "désescalade".

Sur le dossier nucléaire qui empoisonne les relations de l'Iran avec la communauté internationale, Ali Khamenei a dénoncé la "lâcheté" des gouvernements britannique, français et allemand face aux Etats-Unis. "Il est prouvé maintenant (...) que ces trois gouvernements européens sont les valets de l'Amérique et ces gouvernements lâches attendent que l'Iran se soumette", a dit l'ayatollah Khamenei qui affirme régulièrement que les Occidentaux ne sont pas dignes de confiance.

Washington s'est retiré en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien, rétablissant des sanctions asphyxiantes contre l'Iran. En riposte, Téhéran s'est affranchi d'engagements pris dans le cadre de ce pacte. Paris, Berlin et Londres, parties à l'accord, ont déclenché un mécanisme pour tenter de contraindre Téhéran à revenir au respect total du texte.



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Le guide suprême d'Iran Ali Khamenei a maintenu vendredi une attitude ferme contre les Occidentaux et laissé entendre que les manifestations antipouvoir survenues après une catastrophe aérienne étaient loin d'être représentatives de l'ensemble du peuple.

Ultime décideur dans les principaux dossiers de la République islamique, l'ayatollah Khamenei s'en est particulièrement pris...

commentaires (6)

QUELQU,UN L,ATTEND...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 15, le 17 janvier 2020

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Commentaires (6)

  • QUELQU,UN L,ATTEND...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 15, le 17 janvier 2020

  • "...ce jour est un jour de DIEU..." Ou l'art de se servir de ce nom pour tout et n'importe quoi...quel sacrilège, surtout de la part d'une autorité religieuse ! Irène Saïd

    Irene Said

    17 h 37, le 17 janvier 2020

  • À chacun sa propagande, le clown déséquilibré mental américain nous disait bien qu'il n'y avait aucun blessé à déplorer parmi les soldats poltrons américains, l'armée us vient de reconnaître 11 blessés, en acceptant ce chiffre ridiculement mensonger , on est en droit de se demander pourquoi le clown trump-pète n'a pas comme il l'a promis, réagi de façon disproportionné ? 11 blessés dans une base militaire hyper protégée c'est quand même plus grave qu'une ambassade vandalisée ! Balistiquement parlant .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 21, le 17 janvier 2020

  • Mr Khamenei, ne vous inquiétez pas. On n’oublie pas du tout la mort de Souleimani. On s’en réjouit chaque seconde.

    Saleh Issal

    13 h 20, le 17 janvier 2020

  • La grande escroquerie intellectuelle des mollahs qui basent leur regime sur un pretendu appui a la cause palestinienne,alors que l Iran est le seul pays qui n a recu sur son sol AUCUN refugie palestinien ! A comparer avec le grand satan (les USA ),ou vivent 200 000 refugies palestiniens !

    HABIBI FRANCAIS

    13 h 10, le 17 janvier 2020

  • Quels sacrifices? Qui en était le bénéficiaire? De quoi il parle?

    Citoyen

    13 h 00, le 17 janvier 2020