« Il est du devoir des forces de sécurité de protéger les journalistes et tous ceux qui travaillent dans le domaine de l’information pendant l’exercice de leur métier. » C’est en ces termes que le président de la commission parlementaire de l’Information et des Télécommunications, Hussein Hajj Hassan, a dénoncé les violences exercées par les forces de l’ordre mercredi contre les journalistes au cours de la manifestation devant les banques. Il a aussi réclamé une enquête transparente pour déterminer les responsabilités.
L’ordre des rédacteurs de presse a publié un communiqué dans lequel il a fermement condamné les agressions contre les journalistes et autres personnes travaillant dans le domaine des médias, notamment les photographes et les cameramen, pendant leur couverture des manifestations. Il a précisé que depuis le 17 octobre dernier, « les journalistes et les photographes sont en première ligne dans la liste des victimes de violences exercées par les forces de sécurité qui sont censées les protéger ». L’ordre a aussi affirmé qu’il ne se taira pas face à ces violences, réclamant l’ouverture d’une enquête de la part du ministre de l’Intérieur et assurant qu’il prendra des mesures pour que ces pratiques cessent.
Tout en condamnant les violences faites contre les journalistes et les photographes de presse, le syndicat des travailleurs de l’audiovisuel a appelé ces derniers « ainsi que les médias pour lesquels ils travaillent à respecter pour leur part les critères déontologiques dans l’exercice de leur métier », alors que le Centre catholique d’information a insisté sur le fait que « les forces de l’ordre doivent permettre aux journalistes et photographes d’accomplir leur mission en toute sérénité et objectivité ». Le CCI a aussi invité les forces de l’ordre à « mettre un terme aux actes de vandalisme au lieu de s’en prendre aux journalistes et aux photographes qui, eux, font leur métier ».
L’association Journalistes pour la liberté s’est interrogée de son côté sur le point de savoir « quelles étaient les instructions données aux forces de l’ordre pour qu’elles pratiquent ces violences contre les journalistes et les photographes après avoir vérifié leurs cartes professionnelles ». Tout en rendant hommage à ceux qui ont été victimes des violences, l’association a insisté sur « le refus de voir les journalistes convoqués devant la police criminelle », ajoutant que « la liberté d’expression est sacrée ».
Le département d’information des Forces libanaises a appelé à son tour les forces de l’ordre à « protéger les gens au lieu de les agresser, surtout ceux qui ont pour mission de rapporter les souffrances des citoyens, leurs angoisses et leurs appréhensions ».
Toujours sur le même sujet, l’association SKyes a dénoncé dans un communiqué « les images d’oppression et de violences perpétrées par les forces de l’ordre contre les manifestants, sans même épargner les journalistes et les photographes ». En moins de 48 heures, l’association a dit avoir enregistré « plus de 15 agressions et violences contre des travailleurs dans le secteur de l’information, qu’il s’agisse de coups portés contre eux ou de tentatives de casser leur matériel, ce qui porte le nombre d’exactions documentées depuis le 17 octobre à 70 ».


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