Plusieurs routes étaient toujours coupées mercredi matin à Tripoli. Ibrahim Chalhoub/AFP
Il y avait certes moins de contestataires dans les rues hier et moins de manifestations de colère, en comparaison à la journée de mardi. La mobilisation s’est toutefois poursuivie un peu partout à travers le Liban dans la journée et en soirée, alors que des appels étaient relayés sur les réseaux sociaux pour un rassemblement massif demain en fin d’après-midi dans le périmètre du Parlement, à l’heure où expire le délai donné par la contestation au Premier ministre désigné, Hassane Diab, pour former un gouvernement d’indépendants.
Au deuxième jour de « la semaine de la colère », c’est surtout à partir de l’après-midi que les manifestants ont commencé à bouger, fermant provisoirement certains axes de l’autoroute nord du littoral, ainsi que des voies internes, telles que celles de Furn el-Chebbak-Tehouita, Mazraa ou Cola. Des marches de protestation ont été également organisées, notamment à Jdeidé et à Jounieh, où des jeunes étudiants qui ont tenté de bloquer l’autoroute ont été interpellés et détenus pendant quelques heures à la caserne de Sarba.
C’est en soirée que le mouvement de protestation devait prendre une tournure violente, devant la caserne Hélou à corniche Mazraa, où les manifestants interpellés durant les accrochages devant la Banque du Liban, dans la nuit de mardi à mercredi, étaient toujours détenus hier. Un groupe de protestataires qui avaient d’abord manifesté devant le siège de la BDL à Hamra se sont dirigés vers la caserne afin de soutenir les parents de leurs camarades détenus. Ces derniers n’avaient pas quitté les lieux tout au long de la journée. Un groupe parmi les protestataires a lancé des pétards sur les agents de l’ordre, provoquant une bousculade et des heurts au cours desquels plusieurs personnes ont été blessées et d’autres ont été interpellées. La brigade antiémeute, appelée en renforts, a dû lancer des bombes lacrymogènes contre les manifestants.
Dans l’après-midi, un rassemblement a par ailleurs eu lieu au niveau de la voie-express du Ring où les agents de l’ordre n’ont pas laissé les manifestants bloquer longtemps la route à l’aide de pneus brûlés. Plusieurs protestataires ont en outre coupé les routes de corniche Mazraa au niveau de la bifurcation de la rue Mar Élias et de Cola à l’aide de pneus en feu.
À Tripoli, en revanche, c’est dès le matin que la contestation a maintenu la pression, en fermant de nombreuses artères à la circulation et en brûlant des pneus. Aussi bien dans cette grande ville du Liban-Nord qu’à Saïda, dans le Sud, des manifestations ont été organisées devant les deux branches de la Banque centrale où les protestataires ont hué le gouverneur de la BDL, Riad Salamé.


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