Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Un peu plus

Le Liban en pleine confusion

Photo Carla HENOUD

On savait que janvier serait un mois difficile. Qu’il nous plongerait dans un chaos incommensurable. Qu’il ouvrirait les vannes de la confusion. Et janvier a tenu ses promesses, emportant avec lui les Libanais de tous bords dans un questionnement infini, sans réponse aucune. À ce jour, nous ne savons toujours pas ce qui nous attend. Et cette attente est à la fois douloureuse et pernicieuse.

Où allons-nous ? Que va-t-on faire ? Et surtout, que va-t-il nous arriver ? Et ça, personne ne le sait. Nous sommes au milieu d’un marasme sans précédent où tout le monde y va de son analyse et de ses prédictions. Et plus le temps passe, plus il nous écrase. Les Libanais sont à bout. À bout de souffle, de patience, de courage et de force. Ils sont à bout et à deux doigts de sombrer dans le plus grand des désespoirs. Et entre-temps, les hommes politiques au pouvoir continuent à faire la sourde oreille. Ils continuent à agir comme si de rien était. Comme si la situation était la même qu’auparavant. Ils n’entendent pas les gémissements de leur peuple. Ni leurs angoisses ni leurs requêtes. Ils laissent faire. Ils laissent faire les banques qui après avoir arnaqué leurs clients, leur imposent des conditions drastiques que seul l’État est en droit de prendre. Que ce soit concernant le capital control ou les haircuts. Mais les banques n’en font qu’à leur tête. Chacune ayant le règlement qui lui convient. Elles nous empêchent de faire des virements d’un de nos comptes à l’autre. Privent les sociétés du moindre transfert vers l’étranger pour payer leurs fournisseurs, emmenant un nombre incalculable d’entreprises vers la banqueroute. Elles installent des plafonds sur les cartes de débit et les cartes de crédit en cas de déplacement à l’étranger. Elles font payer des pénalités à ceux qui ont des retards de paiement, alors qu’elles valsent avec leurs jours d’ouverture. Et elles laissent quartier libre aux changeurs qui imposent leur loi en donnant le taux de change qu’ils veulent. En gros, les banques sont à l’image de ces politiciens qui pour la plupart d’entre eux font partie de leurs actionnaires. À l’image de ces politiciens qui auraient réussi à faire sortir du pays plus de 2 milliards de dollars au début de la révolution. À l’image de ces politiciens qui se la coulent douce et qui laissent le pays couler, en ne proposant aucun gouvernement pour l’instant. Un gouvernement qu’ils veulent d’une couleur unique. Et pendant que le pays se noie, la planète s’embrase et la région explose. Et nous, Libanais, plongeons jour après jour dans l’embrouillement et la paranoïa.

Y aura-t-il une nouvelle guerre? Que va-t-il advenir de nous, coincés comme toujours, entre l’Iran, la Syrie, Israël et les États-Unis ? Que va faire le Hezb ? Y aura-t-il une nouvelle guerre civile ? Où est Hassane Diab ? Qui s’en fout si Gebran Bassil, se prenant pour de Gaulle, nous a compris ? Qu’en est-il de la « thaoura » ? Quand l’État va-t-il déclarer faillite ? Quid de l’aide de l’international ? À combien la livre va-t-elle arriver ? 3 000 ? 5 000 ? 10 000 ? Les banques vont-elles fermer ? Est-il vrai que les comptes en dollars vont être transformés en livres ? Les écoles pourront-elles tenir ? Et les hôpitaux ? L’EDL va-t-elle continuer à augmenter le temps des coupures d’électricité ? Aura-t-on encore du mazout ?

Et pendant ce temps, nos chers politiciens vont assister à un concert à l’AUB, dînent à Swiss Butter, au Chili’s, au Balthus, au Erzal, au Shogun… Tout va bien dans le meilleur de leur(s) monde(s). Un monde qui va leur exploser à la figure. Parce que non, la « thaoura » ne s’est pas éteinte. Loin de là. Et non, elle n’aura pas servi à rien. Il faut juste avoir le souffle long… Et reprendre la rue. La reprendre comme aux premiers jours. Il faut réinvestir les places, s’unir à nouveau. Qu’il pleuve, vente ou neige. Aujourd’hui et pas demain. Nous n’avons pas le droit d’abandonner. Pas le droit de laisser la fatigue, le doute et le désespoir nous abattre. Nous ne devons pas abdiquer. Ce sont eux qui doivent le faire.

On savait que janvier serait un mois difficile. Qu’il nous plongerait dans un chaos incommensurable. Qu’il ouvrirait les vannes de la confusion. Et janvier a tenu ses promesses, emportant avec lui les Libanais de tous bords dans un questionnement infini, sans réponse aucune. À ce jour, nous ne savons toujours pas ce qui nous attend. Et cette attente est à la fois douloureuse et...
commentaires (4)

IL N'Y AURA PAS DE RÉVOLUTION PACIFIQUE AU LIBAN : lE SANG DEVRAIT COULER , ET LA GUERRE CIVILE FAIRE RAGE ... LE PAYS EST AINSI FAIT

Chucri Abboud

12 h 28, le 11 janvier 2020

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • IL N'Y AURA PAS DE RÉVOLUTION PACIFIQUE AU LIBAN : lE SANG DEVRAIT COULER , ET LA GUERRE CIVILE FAIRE RAGE ... LE PAYS EST AINSI FAIT

    Chucri Abboud

    12 h 28, le 11 janvier 2020

  • La tisghar badda tikbar emportant avec elle Hezbollah et CPL et réfugiés Syriens Ce qui est extraordinaire c’est que l’on a reconnu Kassem Souleymani à sa bague tiens bizarre comme Rafic Hariri Allah yirhamou DIEU est toujours là et il pardonne souvent mais pas toujours!

    PROFIL BAS

    11 h 21, le 11 janvier 2020

  • LE TITRE DEVRAIT ETRE EN PLEIN CHAOTIQUE BORDEL !

    LA LIBRE EXPRESSION

    06 h 17, le 11 janvier 2020

  • C’est l’heure du second souffle. Maintenant, tous ensemble.

    Bachir Karim

    01 h 02, le 11 janvier 2020

Retour en haut