L’Association des commerçants du Liban-Nord a dénoncé hier dans un communiqué la hausse du rationnement en électricité qui atteint 50 % dans leur région. Un grief qui a également été soulevé par les habitants de Nabatiyé, selon un reportage réalisé par l’Agence nationale d’information, dans lequel ils assurent subir « 8 heures de coupure » pour « deux heures d’alimentation ».
Les capacités d’Électricité du Liban, l’établissement public qui gère la production de courant dans le pays, ne permettent pas d’alimenter tous les foyers libanais à plein temps, qui sont contraints de faire appel à des propriétaires de générateurs privés. EDL a de plus annoncé à la mi-décembre avoir dû réduire sa production d’un quart (1 500 mégawatts contre plus ou moins 2 000 habituellement) afin de rationaliser ses dépenses de carburant. Cette situation devrait durer au moins jusqu’à mars, a prévenu mardi l’établissement public. L’augmentation du rationnement peut varier d’une région à l’autre en raison de plusieurs facteurs, dont le niveau de la demande.
Les tarifs d’EDL sont figés depuis 1994 et basés sur le prix du baril de pétrole de l’époque qui s’élevait à 20 dollars, alors qu’il est actuellement de 70 dollars, selon l’établissement public, ce qui l’oblige à compter sur les avances du Trésor pour acheter son carburant. Or non seulement le budget pour 2020 n’a pas encore été voté (voir par ailleurs) mais en plus les avances pour cet exercice ont été réduites de 40 % par rapport à 2019 (1 500 milliards de livres/1 milliard de dollars dans le projet de budget 2020).
Un plan de réforme du secteur a été adopté en avril dernier par le gouvernement Hariri III, mais son application est suspendue depuis la démission de l’exécutif peu après le début des manifestations contre les dirigeants politiques qui ont démarré le 17 octobre.


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