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Campus - Témoignage

La révolution, c’est à la fac que je l’ai apprise

Nadine Bakkar, 22 ans, est diplômée en littérature du campus Liban-Nord de l’Université Saint-Joseph. Elle raconte comment elle est devenue révolutionnaire.

Nadine Bakkar à la place al-Nour, le deuxième jour de la révolution. Photo Mhammad Hamad

L’écho des slogans révolutionnaires résonne depuis plus de deux mois dans toutes les régions du Liban, du nord au sud, et se mêle aux cris d’indignation et aux larmes… Le pays entier tremble au rythme de la révolution.

Dès les premiers jours de la contestation, son élan révolutionnaire m’a emportée. Il faut dire que j’étais prête car, durant mes trois années d’étude à l’université, j’ai appris, par la littérature, le sens de la solidarité et de l’engagement social. Mes années à l’université ont également cultivé en moi l’intérêt pour les affaires publiques. À l’Université Saint-Joseph (USJ), j’ai été formée pour revendiquer mes droits, crier haut et fort mes convictions et tendre la main aux autres.

L’université m’a appris à assumer ma responsabilité envers moi-même, envers ma société et mon pays. L’université m’a appris à aimer le changement et à ne pas avoir peur de me retrousser les manches pour contribuer à son avènement. Cela s’est fait non seulement à travers des cours tels que « Le dialogue islamo-chrétien », « Littérature et nouveauté » ou « Politique et discussion », mais également à travers les élections estudiantines annuelles. Et, malgré les différentes appartenances politiques et religieuses des jeunes membres, ces derniers collaborent dans l’intérêt des étudiants et de l’université. Ils s’engagent à concrétiser les projets qu’ils ont planifiés et ce durant l’année en cours. Cela est en lui-même une action révolutionnaire. D’autant que chaque nouveau conseil revisite le travail du conseil qui l’a précédé et œuvre pour rectifier ou compléter le travail qui a déjà été fait.

Aujourd’hui, je suis professeure de français au cycle secondaire. J’ai une responsabilité envers mes élèves pour les aider à construire une réflexion citoyenne et politique. Provoquer des changements ne se fait pas par simple coup de baguette magique. La révolution fait penser au travail d’un sculpteur, lent, durable et perfectionniste. Pour conclure, je lance d’ici mon nouveau slogan #universitaires_pour_un _meilleur_avenir.

Nadine BAKKAR,

22 ans, ancienne de l’USJ.

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