L’ex-président pakistanais Pervez Musharraf, en exil à Dubaï, a été condamné à mort par contumace hier pour « haute trahison », a annoncé la radio publique, une première dans un pays où l’armée est souvent considérée comme à l’abri des poursuites. La condamnation de ce personnage central de l’histoire récente du Pakistan a trait « à la décision qu’il a prise le 3 novembre 2007 », soit l’imposition de l’état d’urgence dans le pays, a déclaré son avocat, Akhtar Shah. L’ex-président « n’a rien fait de mal », a-t-il souligné. Pervez Musharraf avait alors invoqué la défense de l’unité nationale face au terrorisme islamiste et l’opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution. Cette mesure très impopulaire, levée en décembre 2007, avait fini par causer sa chute moins d’un an plus tard. Aujourd’hui âgé de 76 ans, le général Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d’État sans effusion de sang en octobre 1999, puis s’était autoproclamé président en juin 2001, avant de remporter en avril 2002 un référendum controversé. Il était resté à la tête du Pakistan jusqu’en 2008. Sous le règne de ce stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l’armée jouer la carte de l’apaisement face à l’Inde rivale. Mais ses opposants n’ont eu de cesse de dénoncer sa mainmise « dictatoriale » sur le pouvoir. En août 2008, au sommet de son impopularité et face à la pression croissante de l’opposition et de la justice, il avait démissionné.
Moyen Orient et Monde - Pakistan
L’ex-président Musharraf condamné à mort par contumace pour « haute trahison »
OLJ / le 18 décembre 2019 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine