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Moyen Orient et Monde - France

Le gouvernement dit sa « détermination totale » à mener la réforme des retraites

Pour la première fois depuis le début du mouvement, l’ensemble des syndicats ont manifesté, hier, jusqu’aux plus réformateurs comme la CFDT.

Des manifestants à Paris hier, contre la réforme de la retraite. Bertrand Guay/AFP

Des foules de manifestants ont défilé hier en France contre la réforme des retraites, pour la première fois à l’appel de l’ensemble des syndicats, décidés au 13e jour de grève à faire plier le gouvernement qui se dit de son côté « déterminé ».

Plus de 250 000 manifestants étaient comptabilisés en milieu d’après-midi dans une cinquantaine de villes en France, selon des chiffres de la police et des préfectures comptabilisés par l’AFP. Cheminots, enseignants, fonctionnaires, avocats, magistrats... : les opposants au nouveau système universel de retraites, projet emblématique de la présidence d’Emmanuel Macron, entendaient réaliser une nouvelle démonstration de force pour faire céder un gouvernement affaibli par la démission, lundi, du maître d’œuvre de la réforme, Jean-Paul Delevoye, soupçonné de conflit d’intérêts.

Il s’agit de la troisième journée de manifestation depuis le début du mois. Le 5 décembre, premier jour de grève, avait vu défiler plus de 800 000 personnes dans le pays. Elles avaient été moins de la moitié le 11 (339 000).

Mais, hier et pour la première fois, l’ensemble des syndicats ont manifesté, jusqu’aux plus réformateurs comme la CFDT, avec laquelle M. Macron pouvait espérer faire adopter cette réforme visant à fusionner les 42 régimes existants.

Mais le premier syndicat de France a estimé que l’annonce de la mise en place d’un « âge d’équilibre » était « une ligne rouge ».

Cet âge (64 ans en 2027) vise à maintenir l’équilibre financier du système, chacun pouvant continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais avec un malus sur sa pension et un bonus pour ceux partant après.

« Il faut que tous ceux qui portent une réforme juste et équitable soient dans la rue pour montrer que nous ne voulons pas de cet âge d’équilibre qui est terriblement injuste, qui va concerner d’abord ceux qui ont commencé à travailler tôt », a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, présent dans le cortège à Paris. « Services publics à l’agonie, Retraitez-nous bien », pouvait-on lire sur des pancartes.

« C’est un franc succès », a estimé Philippe Martinez, leader du syndicat CGT, en pointe de la contestation et qui réclame pour sa part – avec quatre autres syndicats – le retrait pur et simple du projet. Ces organisations devaient se réunir en soirée pour décider de la suite du mouvement.

« Détermination » du gouvernement

Alors que les manifestants défilaient à travers la France, le Premier ministre Édouard Philippe a affirmé sa « détermination totale » à mener à bien la réforme. « Ma détermination, celle du gouvernement, celle de l’ensemble de la majorité est totale », a-t-il martelé devant les députés. « Elle est totale sur la création de ce régime universel et sur la nécessité de faire prévaloir l’équilibre du système futur et la remise à l’équilibre du système actuel », a-t-il martelé. Édouard Philippe doit recevoir les organisations syndicales et patronales aujourd’hui et demain.

Les cortèges étaient fournis dans plusieurs villes de province. « Ce qui nous fait peur c’est surtout le système de points, parce qu’on ne sait pas quelle est la valeur du point, et les termes de malus et bonus qui ont l’air un peu répressifs. On a l’impression que c’est une manière de dissocier les bons et les mauvais retraités », estime Kelly Grosset-Curtet, 21 ans, étudiante à Lyon (Centre-Est). « J’exige ma retraite, ni à point ni saignante », pouvait-on lire sur des pancartes dans la manifestation à Strasbourg (Nord-Est).

À quelques jours des congés de fin d’année, la grève illimitée, notamment dans le métro parisien et les chemins de fer, se poursuit. Des coupures d’électricité dans le Sud-Ouest et le Centre-Est (privant d’électricité des dizaines de milliers de personnes) ont par ailleurs été revendiquées par le syndicat CGT, qui menace de « coupures plus massives ».

La moitié des lignes de métro étaient totalement fermées, provoquant des centaines de kilomètres de bouchons à Paris et dans sa banlieue. Le taux de grévistes est en forte hausse à la SNCF, l’opérateur du rail, et en augmentation plus limitée chez les enseignants, tout en restant dans les deux cas inférieur au premier jour du mouvement.

La situation ne devrait pas s’améliorer à l’approche des célébrations familiales de la fin d’année. « Les Français resteront-ils sur le quai de la gare pour les fêtes de Noël ? » se demandait hier le quotidien Le Figaro (droite).

Source : AFP


Des foules de manifestants ont défilé hier en France contre la réforme des retraites, pour la première fois à l’appel de l’ensemble des syndicats, décidés au 13e jour de grève à faire plier le gouvernement qui se dit de son côté « déterminé ». Plus de 250 000 manifestants étaient comptabilisés en milieu d’après-midi dans une cinquantaine de villes en...

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