La vice-Première ministre du Canada Chrystia Freeland, le vice-ministre mexicain des Affaires étrangères Jesus Seade et le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, signant, hier à Mexico, le nouvel accord de libre-échange nord-américain. Carlos Jasso/Reuters
Le nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada a été signé hier à Mexico après une année de négociations entre les trois pays.
La version finale de l’accord, qui contient des amendements discutés par les trois pays, modernise le traité de l’Alena, signé par l’ex-président américain Bill Clinton il y a 25 ans, qui a lié entre elles les trois économies d’Amérique du Nord. La signature a eu lieu lors d’une réunion entre les principaux négociateurs et a été présidée par le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO).
Dans l’intervalle, AMLO s’est entretenu par téléphone avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre canadien Justin Trudeau afin de les remercier pour « leur participation précieuse » et « leur soutien en vue de l’approbation » de l’accord de libre-échange.
L’Alena avait créé une vaste zone de commerce regroupant quelque 500 millions d’habitants, dans le but affiché de contribuer à la croissance économique et à la hausse du niveau de vie de la population des trois pays membres. Avec des résultats mitigés, selon des économistes.
Le nouvel accord, ou AEUMC, avait déjà été signé dans sa version initiale par les trois pays fin novembre 2018. Seul le Parlement mexicain l’a pour le moment ratifié.
Accord « infiniment meilleur »
Le principal syndicat américain, AFL-CIO, a annoncé hier qu’il validait les amendements apportés à l’accord. « Pour la première fois, il y aura vraiment des réglementations du travail pouvant être mises en œuvre », a indiqué son président Richard
Trumka, soulignant que l’accord comprendrait « un processus qui permettra d’inspecter les usines et les installations qui ne respectent pas leurs obligations ».
« Cet accord commercial est (...) infiniment meilleur que ce qui avait été initialement proposé par l’administration Trump », a estimé la chef de file des démocrates au Congrès des États-Unis, Nancy Pelosi. Les démocrates, qui ont la majorité à la Chambre des représentants, exigeaient que le texte signé l’an passé soit modifié pour s’assurer que les nouvelles législations du travail au Mexique soient bien appliquées avant de le ratifier.
Le président Trump avait dénoncé l’Alena peu après son arrivée à la Maison-Blanche, après l’avoir vilipendé pendant toute sa campagne. Il accusait l’accord de nuire aux États-Unis et d’être à l’origine de la destruction de milliers d’emplois, en particulier dans le secteur manufacturier.
Aux États-Unis, les démocrates ont bloqué la ratification, sous l’impulsion des syndicats. Ils craignaient que rien ne permette de vérifier l’application du texte, en particulier la hausse des salaires horaires des travailleurs mexicains du secteur automobile. Cette augmentation doit permettre d’atténuer la concurrence entre les travailleurs des trois pays.
Source : AFP


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