Jerry Nadler lors de son point de presse, hier. Alex Wong/Getty Images/AFP
Les démocrates ont retenu hier deux chefs d’accusation contre Donald Trump dans la procédure de destitution qui vise le président américain : abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès. « Aujourd’hui, au nom de la Constitution et de notre pays, la commission judiciaire de la Chambre introduit deux articles de mise en accusation contre le président des États-Unis, Donald Trump, pour crimes et délits majeurs », a annoncé le chef démocrate de cette commission, Jerry Nadler, en citant les chefs d’abus de pouvoir et d’entrave à la bonne marche du Congrès. « Nous sommes ici aujourd’hui car l’abus par le président de ses pouvoirs ne nous a laissé aucune autre alternative », a ajouté Adam Schiff, le chef de la commission du Renseignement, qui a mené plus de deux mois d’enquête sur l’affaire ukrainienne.
Les démocrates ont ouvert une procédure de destitution contre Donald Trump après avoir appris qu’il avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020. L’opposition l’accuse d’avoir abusé de son pouvoir pour arriver à ses fins, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.
Le président Trump a dénoncé hier les accusations « ridicules » mises en avant par les démocrates, dénonçant une nouvelle fois « une chasse aux sorcières ».
Les démocrates lui reprochent également d’avoir refusé de collaborer à leur enquête, ce qui alimente le chef d’entrave à la bonne marche du Congrès.
Jugeant l’enquête en destitution « inconstitutionnelle », la Maison-Blanche a en effet intimé à plusieurs conseillers du président de ne pas se plier aux injonctions à comparaître et de ne pas transmettre de documents à la Chambre. « C’est un schéma familier dans la conduite du président Trump » qui « croit ne devoir de comptes à personne », a poursuivi M. Nadler.
Lorsque ces chefs seront adoptés en séance plénière, sans doute la semaine prochaine, à la Chambre des représentants où les démocrates sont majoritaires, Donald Trump deviendra le troisième président de l’histoire à être mis en accusation au Congrès américain. Il ne sera toutefois vraisemblablement pas destitué, puisque le Sénat, chargé de le juger, est contrôlé par les républicains qui font largement bloc autour de lui.
Source : AFP


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