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Handicap

Le cadeau de Noël de Kouyoumjian

Depuis Bkerké, le ministre sortant des Affaires sociales annonce aux associations concernées que les montants qui leur sont dus seront versés avant le 15 décembre.

Le patriarche Béchara Raï et le ministre sortant des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian, écoutant la supplique d’un jeune handicapé moteur.

Les associations en charge de personnes à handicap recevront « en cadeau de Noël », avant le 15 décembre, le paiement de tous les montants qui leur sont dus pour l’année en cours (2019). Telle est la bonne nouvelle annoncée hier depuis Bkerké par le ministre sortant des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian. Cette promesse a été faite par le ministre lors d’un sit-in organisé au siège patriarcal maronite pour la Journée mondiale des personnes handicapées, devant les représentants d’une douzaine d’associations du Metn et du Kesrouan venues en autocar et représentant Acsauvel, Sesobel, Zawrak, al-Younbouh, IRAP, La Felouque, Step Together, Father Roberts, etc. Le rassemblement comptait quelque 1 000 enfants, parents et accompagnateurs venus crier leur frustration contre « la situation devenue intenable » de certaines associations menacées de fermeture.

Le chef de l’Église maronite, le patriarche Béchara Raï, leur a réservé la surprise d’arriver à la rencontre accompagné du ministre Richard Kouyoumjian (Forces libanaises). Mgr Raï s’est dit honoré par leur présence à Bkerké, relevant, comme l’a fait le même jour le pape François, que la conduite à leur égard « détermine le degré de civilisation d’une nation ». Et de souligner que les rassemblements « sont partie intégrante du soulèvement » en cours dans le pays.


Pas de fermeture, promet Kouyoumjian
Pour sa part, M. Kouyoumjian a insisté sur son « refus de voir les associations qui s’occupent des personnes à besoins spécifiques fermer leurs portes ». « Je m’engage à assurer le suivi de ce dossier avec toutes les parties concernées afin que les allocations soient payées », a-t-il promis. « Ce dont vous souffrez aujourd’hui fait partie du problème auquel fait face le pays. Nous sommes aujourd’hui dans une situation financière difficile et la crise se répercute sur vous et sur les associations qui vous prennent en charge », a souligné le ministre sortant. Il a précisé que certaines des associations ont « signé des contrats qui les lient à l’État (pour 2019) il y a deux mois » seulement. « Hier, ces contrats ont passé le cap de la Cour des comptes. Nous avons besoin d’une semaine de travail au ministère avant d’envoyer ces contrats au ministère des Finances afin que les montants dus soient débloqués. Nous avons également formulé une demande de crédit, et j’ai appris qu’elle avait fait l’objet d’un accord de principe », s’engageant à ce que ces fonds soient réglés avant le 15 décembre « et même avant le 10 du mois ».

Ces annonces ont été accueillies par des applaudissements, encore que certaines voix véhémentes ont laissé éclater leur amertume au souvenir des « promesses non tenues » auxquelles l’État les a habituées.



(Lire aussi : À Tripoli, les personnes à besoins spécifiques mettent en garde contre un « séisme social »)



Les autres rassemblements
Pour être le plus massif, le rassemblement de Bkerké a eu des répondants plus ou moins importants dans les six autres villes de Tripoli, Batroun, Saïda, Hermel, Baalbeck et Hasbaya. Placés sous le signe de la précarité et du risque de fermeture, les rassemblements étaient centrés sur l’urgence d’un paiement immédiat d’une partie au moins des allocations qui leur reviennent pour l’année en cours. Certaines de ces associations, en effet, ont réduit leurs dépenses, quand d’autres, comme Kafaàt, ont carrément fermé leurs portes, n’étant plus en mesure de fonctionner sans les fonds suffisants pour assurer un service digne de ce nom aux personnes à besoins spécifiques.


Les Finances « non concernées »
Confronté à ce problème social, le ministre sortant des Finances Ali Hassan Khalil a affirmé hier « soutenir le mouvement mené par les associations ». Mais, a-t-il objecté, « le ministère des Finances a payé tous les montants de l’année dernière (2018) et n’est pas concerné par le problème actuel ». Le ministre des Finances a rejeté les causes du retard dans le paiement des allocations de 2019 aux associations elles-mêmes, précisant que « certaines d’entre elles n’ont toujours pas complété et envoyé leurs dossiers au ministère ». Or ces dossiers doivent être présentés ensemble au ministère, et non de façon séparée, pour être honorés.

De source informée, on a confirmé les propos du ministre sans pour autant exonérer les pouvoirs publics de toute responsabilité dans l’état d’instabilité financière que vivent ces associations. Ainsi, des voix se sont élevées hier à Bkerké contre le maintien de l’échelle des allocations à son niveau de 2011. Ces allocations couvrent au mieux entre la moitié et les deux tiers de nos dépenses, fait valoir la présidente d’Acsauvel, Nabila Farès.


Complications bureaucratiques
On reproche aussi aux pouvoirs publics de compliquer la vie des associations par une comptabilité tatillonne et un droit de regard bureaucratique excessif, qui freinent le service qu’elles rendent. Ainsi, un relevé de présence quotidien est effectué dans tous les établissements subventionnés, et l’allocation journalière pour chaque enfant soustraite pour chaque jour d’absence.

Il est vrai que cette méfiance excessive a pour origine des cas de fraude dans le cadre desquels certaines « associations fictives » ont escroqué le Trésor. Mais on rejoint là le grand problème de la corruption et du pillage des ressources de l’État. Ainsi, une épuration des listes d’associations a été entamée au printemps dernier. Fédérées, ces associations sont aujourd’hui au nombre de 102 qui assurent la prise en charge de quelque 12 000 enfants, jeunes adultes et adultes.


Pour mémoire

Crise financière des ONG : une bombe à retardement ?




Les associations en charge de personnes à handicap recevront « en cadeau de Noël », avant le 15 décembre, le paiement de tous les montants qui leur sont dus pour l’année en cours (2019). Telle est la bonne nouvelle annoncée hier depuis Bkerké par le ministre sortant des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian. Cette promesse a été faite par le ministre lors d’un sit-in...

commentaires (5)

Je te braque, te vole ton salaire de fin de mois, mais, comme je suis sympa, je te donne en cadeau pour les fêtes juste assez pour te payer le service pour rentrer chez toi!! Et on va dire que je suis chiche et mesquin!!?

Wlek Sanferlou

16 h 52, le 04 décembre 2019

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Commentaires (5)

  • Je te braque, te vole ton salaire de fin de mois, mais, comme je suis sympa, je te donne en cadeau pour les fêtes juste assez pour te payer le service pour rentrer chez toi!! Et on va dire que je suis chiche et mesquin!!?

    Wlek Sanferlou

    16 h 52, le 04 décembre 2019

  • Tu parles d'un cadeau de Noël !!! De l'enfumage, oui encore et toujours !

    Brunet Odile

    15 h 55, le 04 décembre 2019

  • Non mais, on rêve.... Ce n'est pas un Cadeau, c'est leur Dû.

    Nadine Naccache

    10 h 24, le 04 décembre 2019

  • Pour qui il se prend ce Monsieur ? CADEAU DE NOEL !!! C'est une obligation due depuis longtemps . Voila exactement l'image d'un ministre INUTILE : ou sont ces souris dansantes specialisées dans la coupure de route ???? Et le Patriarche consentant !!!!!! Quelle comedie . Voila Messieur Dame LEUR cinema continue malgre les 43 jours de la tragedie en marche A vous de juger

    aliosha

    09 h 53, le 04 décembre 2019

  • LES DUS NE SONT PAS DES CADEAUX DE NOEL !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 49, le 04 décembre 2019