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Liban

La révolte libanaise est-elle prise en otage par les enjeux régionaux ?

Éclairage

Le Hezbollah est persuadé d’être la victime d’un complot américain. Washington n’a pourtant jamais semblé aussi désintéressé par le Moyen-Orient.

27/11/2019

C’était déjà le cas en 1956 avec les retombées de la crise de Suez, puis en 1958 avec la montée du nassérisme. Ce fut le même refrain pendant la guerre civile libanaise (1975-1990). Puis une fois encore en 2006. Tout au long de son histoire contemporaine, le Liban a vécu au rythme des bras de fer régionaux qui sont venus se superposer aux conflits internes, compliquant encore un peu plus leur résolution. Le pays du Cèdre était connu pour être le théâtre de conflits qui le dépassent mais dans lesquels les Libanais tenaient pourtant les premiers rôles. Mieux que personne, Ghassan Tuéni a formulé cette dialectique entre l’interne et l’externe dans son plus fameux ouvrage Une guerre pour les autres.

La révolte libanaise, débutée le 17 octobre dernier, marque une nette rupture avec cette logique. Par son refus, parfois absolutiste, de toutes les interférences étrangères, elle s’oppose à ce que le Liban soit à nouveau l’otage des bras de fer régionaux. Les Libanais doivent régler leur problème entre eux, dit la société civile d’une seule voix.

Cette approche, absolument nécessaire, est-elle toutefois tenable dans le contexte régional actuel ? La « rivalité américano-iranienne imprime tous les autres dossiers », confiait à L’Orient-Le Jour il y a quelques mois un diplomate de haut rang en poste à Beyrouth. La révolte libanaise, dont les enjeux premiers sont locaux, peut-elle y échapper ?

Les informations nombreuses, et souvent non vérifiées, ayant circulé sur le chantage américain, la pression russe, la contre-attaque iranienne ou les plans saoudiens, pourraient laisser penser que non. Le fait que les chancelleries française, britannique, puis russe se succèdent à Baabda peut, dans le même sens, donner l’impression que ce qui se joue aujourd’hui dépasse l’enjeu libanais. La jonction des crises politique et économique ajoute, de surcroît, une nouvelle dimension à la dialectique interne/externe puisqu’une éventuelle aide internationale, qui apparaît actuellement indispensable, est déjà perçue par certains partis comme une arme politique.


(Lire aussi : Échec au muscle, l'éditorial de Issa GORAIEB)


Le grand paradoxe

Entre la perception qu’ont les acteurs locaux des tractations régionales et la réalité de celles-ci il semble toutefois y avoir un large fossé. « La thématique régionale existe mais elle est loin d’être dominante », décrypte un diplomate occidental ayant souhaité garder l’anonymat.

Le Hezbollah ne partage clairement pas cette lecture. Le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, a accusé « certaines chancelleries » de tirer les ficelles de la révolte, un discours faisant écho à celui du guide suprême iranien Ali Khamenei qui estimait que « les États-Unis et quelques pays de la région étaient en train de causer des troubles dans nos pays voisins », en référence au Liban et à l’Irak. Le « Hezbollah analyse ce qui se passe au Liban comme une tentative de changer les rapports de force à l’échelle régionale », dit un diplomate arabe ayant souhaité garder l’anonymat. Le parti chiite, allié de l’Iran, voit derrière la simultanéité des révoltes libanaise, irakienne et iranienne un plan américano-israélo-saoudien pour l’affaiblir via une autre stratégie que celle de la confrontation militaire. « Dans sa conscience de soi et son narratif, le parti chiite a toujours le sentiment d’être l’objet d’un complot international. Il suffit d’une déclaration de Jeffrey Feltman (ancien ambassadeur au Liban), qui n’a plus aucune influence à Washington, pour raviver ce sentiment », analyse le diplomate arabe. S’exprimant en sa qualité personnelle devant la sous-commission parlementaire américaine des Affaires étrangères pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Terrorisme international, M. Feltman avait déclaré, la semaine dernière, que la Russie pourrait « faciliter la restauration de l’hégémonie du régime syrien sur le Liban ».

Le Hezbollah – et par extension l’Iran – est d’autant moins disposé à lâcher du lest qu’il a actuellement l’impression d’être assiégé. Il perçoit la formation d’un gouvernement d’experts, réclamée par la rue et encouragée par la communauté internationale, comme une façon de le mettre à l’écart, de lui faire la guerre par d’autres moyens. « Le premier obstacle à la formation du gouvernement est l’Amérique, car elle veut un gouvernement qui lui ressemble et nous voulons un gouvernement qui ressemble au peuple libanais », déclarait, le 22 novembre, le cheikh Naïm Kassem, numéro deux du Hezb, dans une interview à l’agence Reuters. Deux jours plus tard, des partisans du parti chiite et de la gauche libanaise manifestaient devant l’ambassade des États-Unis à Aoukar contre « l’ingérence étrangère américaine ».

Difficile de faire plus paradoxal : les États-Unis sont accusés d’être derrière tout ce qui se passe dans la région à un moment où ils n’ont peut-être jamais été aussi désintéressés par celle-ci. L’absence de réponse aux frappes imputées à l’Iran contre Aramco en septembre dernier, puis le vrai-faux départ de Syrie ont confirmé l’absence de volonté américaine de s’impliquer au Moyen-Orient. Washington reste d’ailleurs très discret depuis le début des révoltes libanaise et irakienne.

« L’administration Trump est assez occupée avec tout ce qui se passe en ce moment, je ne pense pas que la situation au Liban ait reçu beaucoup d’attention de la part du président », confirme Patrick Clawson, directeur de recherche au Washington Institute. Les « Américains sont en retrait et n’ont de toute façon pas suffisamment de levier au Liban pour imposer leurs conditions », renchérit le diplomate arabe. Si l’administration Trump a accentué la pression contre le Hezbollah, elle est elle-même partagée depuis plusieurs mois entre une ligne qui veut durcir le ton contre le gouvernement libanais et une autre qui veut au contraire renforcer le partenariat avec celui-ci, estimant que c’est le meilleur moyen d’empêcher que le Hezbollah soit le seul maître à bord. « La position américaine ? De quelle ligne parle-t-on ? » résume le diplomate occidental. Le récent gel de l’aide américaine à l’armée libanaise, contre l’avis d’une partie de l’administration, s’inscrit dans ce contexte. « Le sujet de l’assistance aux forces armées libanaises est débattu depuis longtemps aux États-Unis », dit Patrick Clawson.


(Lire aussi : Hariri se retire, Baabda prêt à mettre la machine en marche)


Des vainqueurs sans victoires

D’après l’ensemble de nos interlocuteurs, la position américaine n’aurait pas fondamentalement évolué depuis le début de la révolte libanaise. Le fait que le Hezbollah puisse participer indirectement au prochain gouvernement ne semble pas être une ligne rouge, ou un obstacle incontournable à une éventuelle aide internationale. « Le Hezbollah a été assez intelligent pour nommer au gouvernement des ministres qui le plus souvent ne sont pas des membres du parti, et je pense que les États-Unis veulent absolument que cela continue ainsi », commente Patrick Clawson. « Ce qui va être déterminant, ce n’est pas qui va composer le gouvernement, mais la feuille de route de celui-ci. Est-ce que le gouvernement sera jugé capable d’entreprendre des réformes essentielles ? C’est cela le principal enjeu aujourd’hui du point de vue de la communauté internationale », décrypte le diplomate occidental.

Mais comment parvenir à ce résultat – un gouvernement d’experts qui ne serait pas otage de l’impuissance et de l’incompétence des formations politiques libanaises – tout en donnant des gages suffisants au Hezbollah, capable de bloquer tout le processus, pour qu’il n’ait pas l’impression d’être le grand perdant de l’histoire ? Dès les premières lignes de son livre, Ghassan Tuéni avait déjà formulé pareille problématique : « Pour refaire le Liban, il fallait des vainqueurs sans victoires. Plus encore : il fallait que les victoires des uns ne soient pas les défaites des autres. »




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Eleni Caridopoulou

Le Hezbollah chérche toujours un bouc émissaire . Hier j'ai vu un documentaire en France sur le mossad , vous savez que les israéliens entrent et sortent du Liban comme' ils veulent alors les américains n'ont pas besoin d'être la , en bon entendeur salut

Bery tus

considérant le fait que se sont la base du 8 mars qui ont pris la place de l'armée en bastonnant les manifestants pacifique

considérant le fait qu'il y a 2 poids 2 mesures apres ce qu'on a vue au ring et a tyr et jal el dib aucune arrestation n'a été faite pendant que ce temps la les manifestants de bickfaya ou de jal el dib se sont fait embarquer ou matraquer par les militaire

considérant le fait qu'en irak en iran les manifs se sont fait massacrer (et certaine personne veulent que nous prenons exemple) et que certain au liban veulent balancer le liban dans un axe bien precis malgré la volonter de PLUS QUE LA MOITIER DES LIBANAIS

conciderant le fait que l'iran a déjà crier victoire et donner l'ordre a ces sbires de mater la contestation

PEUPLE LIBANAIS RENTREZ CHEZ VOUS ET TAISEZ VOUS A JAMAIS …. OU ALORS DESCENDER DANS LES RUES 10 FOIS PLUS NOMBREUX ET N'Y SORTEZ PLUS MEME SI CERTAIN VIENNENT POUR VOUS TERRORISER


Irene Said

Les fameux "complots des USA, Occident, Israël etc.," sont la béquille de secours de ceux qui cachent ainsi leur incapacité à satisfaire les demandes de leurs peuples, qui ont le malheur de dépendre de ces dictateurs d'un autre âge.
Chez nous aussi, au Liban, c'est la béquille favorite de certains incapables vendus et traîtres à leur patrie...
Pauvre Liban !
Irène Saïd


LA VERITE

toujours des theories de complot
les USA ont vriment d'autres chats a foueter aujourdh'ui et le president Trump n'a que faire du liban en ce moment

C'EST NOS LEADERS NASRALLAH BERRY BASSIL AOUN ( dans le vrai ordre de qui decide au Liban aujourdh'ui ) QUI SONT EFFRAYES DE L'EMPLEUR QUE PREND LA CONTESTATION ET ONT PANIQUE QUAND LA SCEANCE DU PARLEMENT A ETE SABOTE ET ONT DECIDE DE PASSER A DES ACTES DE VIOLENCE IMMEDIATEMENT DANS TOUT LE PAYS tout en niant toute responsabilite

Resultat: ils ont envoye leurs milices s'attaquer aux revolutionnaires sous pretexte qu'on insulte leur chefs qui sont des lignes rouges A LEURS YEUX

N'OUBLIEZ PAS QUE LES KATAEB ET LES CHRETIENS ONT TENU TETE AUX PALESTINIENS PENDANT 7 ANS DE 1975 A 1982 AVANT QU'ISRAEL NE VIENNE A LEUR AIDE POUR CHASSER LES PALESTINIENS ARMES DU LIBAN

La seule difference c'est que le pays regorgeait d'argent a l'epoque et l'ennemi etait principalement etranger .
AUJOURDH'UI LE PAYS EST DEVENU UN PAYS PAUVRE DU TIERS MONDE ET LA GUERRE SERA ENTRE LIBANAIS UNIQUEMENT

que c'est triste a voir

Petmezakis Jacqueline

le vainqueur sans victoire: le peuple pacifique mais déterminé puisque c'est lui le Liban;J.P

Chucri Abboud

SUITE : J'avais eu des infos que Lavrov avait conclu un accord avec gebran : Poutine ordonne a Bachar de rapatrier sans delai tous les refugiés du Liban en les controlant chez eux mais sans nuire a leur securité et integrité (garanties par Poutine et Bachar lui obeit) et en echange , le gouvernement libanais donne des permis d exploitation sous marine de 3/4 de nos gisements a Gazprom et a d autres compagnies chinoises . Bachar de plus beneficcierait par le fait meme de beaucoup d'investissement chinois pour la reconstruction interne ... le plan allait etre signé . Mais MALHEUREUSEMENT les américains qui ne pensent aucunement aux interêts du Liban ont eu vent de cela et ont immediatemet executé une antireaction violente qui nous a mené a cette situation , ils ont payé beaucoup a des forces revolutionnaires et ils ont provoqué la chute de notre systeme bancaire qu ils seront les seuls a pouvoir sauver ... etc etc

Chucri Abboud

LE HEZBOLLAH ET LA CRISE AU LIBAN : Alors que le désarmement du Hezb demeure un wishful thinking déclaré de la part de la moitié des libanais , il faudrait ne plus trop rêver et nous rendre à l'évidence : Impossible de désarmer le Hezb par la force ...Qui oserait entrer dans une guerre civile contre lui ? Que faire ? Détruire ce qui reste ? J'aimerais bien que nous réfléchissions tranquillement la-dessus , et bien analyser les forces en présence , en plus de celle , éventuellement capable de s'armer , des réfugiés syriens presque tous sunnites anti-Bachar et anti-Hezbollah , que les occidentaux ont insisté à maintenir chez nous pour qu'ils remplacent les israeleins pour casser du Hezb ! , malgré le plan russe qui allait être signé avant que la démission du gouvernement n'ait lieu ! Comment faire donc pour se débarrasser du Hezb ? Comment pouvez-vous imaginer que ces gens-là acceptent de se desarmer de tout coeur sans effusion de sang et sans être acculés à provoquer une guerre civile atroce dont on ne sait pas qui sera le vainqueur , avec une armée nationale composée de 40 pour cent de chiites , donc neutralisée , et une armée russe qui guette en Syrie , alors que la géopolitique ambiante est explosive entre les americains , les russes, les iraniens et les israeliens ...Comment ne pas voir tout cela ? C'est clair comme le jour . Il valait mieux , il était plus cohérent , de rester dans la zone de neutralité , même branlante , qui prévalait ....J'avais eu des infos que Lavrov

Nassif Pierre

Concomitance des révoltes en Irak, en Iran et au Liban. L'affaiblissement de cet axe correspond à l'intérêt d’Israël et à la volonté des Etats Unis. Difficile de nier tout cela.

L'existence même d'un tel axe et la logique d'affrontement qu'il sert n'est pas dans l'intérêt des populations concernées. En revanche, c'est l'affrontement qui confère sa légitimité au Hezb .

Collusion avérée ou communauté objective d'intérêts, peu importe.

Il faut que la paix s'installe dans toute la région. Sans cela, notre pays ne connaîtra ni la sécurité, ni la prospérité, ni la légitime expression de son identité.

La paix n'implique pas la victoire d'un camp sur tous les autres. Une telle logique ne sert qu'à perpétuer l'affrontement et à pérenniser les jobs des organisations combattantes. Aucune des guerres qui ensanglantent la région n'est gagnable, comme le démontre inlassablement l'histoire, année après année.

Les seules questions qui nous importent ici et maintenant sont: est-il possible d'entreprendre sans donner de juteuses participations à tel micro-pouvoir ou à tel autre ? Est-il possible de remporter une adjudication publique sans graisser des pattes ? est-il possible d'obtenir un poste de fonctionnaire sans l'appui d'un za3im ? Est-il même possible d'obtenir une formalité sans bourse délier ?

Il est facile d'accuser l'étranger pour refuser de répondre à ces questions.

DINTILHAC bernard

Le Général de Gaulle n'insultait en rien le peuple quand il traitait de "chienlit" les manifestations de mai 1968. Le président Michel Aoun n'insulte en rien non plus le peuple libanais. Il ne fait que répondre à des insultes et des provocations haineuses contre la classe politique et lui même. Il serait bon que les libanais cessent cette attitude contraire au dialogue respectueux et qu'ils cessent les propos démagogiques excessifs et fassent preuves de maturité. J'espère qu'il ne manque pas de Libanais raisonnables qui se respectent eux-mêmes et œuvres pour encourager la lutte contre les injustices et la corruption et pour l'amitié et la convivialité. Tous mes vœux les accompagnent.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JUSQU,A MAINTENANT LA CONTESTATION EST PUREMENT LIBANAISE. PAR CONTRE DE L,ANTI-CONTESTATION S,EXHALE UNE ODEUR FORTEMENT FAKIHISTE.

SOUS LES PAVÉS LA PLAGE

Pour le titre de cet article sous forme d' interrogation , il n'était pas nécessaire de la poser, mais de l'affirmer.

Essayer de nous convaincre que le clown se désintéressait de la région et donc du Liban est un exercice voué à l'échec, d'emblée.

Comment le clown et son administration pourrait se désintéresser de la région et en même temps faire ces cadeaux au pays usurpateur par excellence ???

Voilà la bonne question Mr Samrani.

Donc comme ça, au Liban il nous faut un vainqueur sans victoire ?

MDR.

LA VICTOIRE DE L'AXE DE LA RÉSISTANCE SERA TOTALE OU RIEN NE SERA.
LA CONSÉQUENCE 1ÈRE SERA LE DÉPART DES USA AVEC ARMES ET BAGAGES MATÉRIELS ET HUMAINS.

VIETNAM Vietnam, nothing else.

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