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Moyen Orient et Monde - Hong Kong

La chef de l’exécutif fait son mea culpa, mais aucune concession

Carrie Lam lors de son point de presse hebdomadaire, hier, à Hong Kong. Marko Djurica/Reuters

L’écrasante défaite des candidats pro-Pékin lors des élections de dimanche à Hong Kong traduit le mécontentement de la population, a reconnu mardi la chef de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, qui n’a cependant fait aucune concession pour tenter d’enrayer la crise politique que traverse la mégapole depuis plus de cinq mois.

La dirigeante hongkongaise, qui cristallise la colère des manifestants, s’est engagée hier à « améliorer la gouvernance » de l’exécutif. Elle a reconnu que ces élections avaient révélé « les lacunes du gouvernement, notamment le mécontentement quant au temps mis pour gérer l’instabilité actuelle et, bien sûr, pour mettre fin à la violence ».

Les candidats prodémocratie ont raflé dimanche 388 des 452 sièges de conseillers de district lors des élections locales, un camouflet pour Mme Lam et pour les autorités chinoises.

Les protestataires tiennent Mme Lam pour responsable de la crise politique sans précédent que connaît l’ex-colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

La radicalisation des manifestants et la violence croissante de leurs actions n’ont pas empêché les électeurs de sanctionner Mme Lam, qui avait affirmé à plusieurs reprises qu’une majorité silencieuse de Hongkongais soutenait son action.

Les résultats du vote aussitôt connus, les manifestants prodémocratie ont invité Mme Lam à accéder à leurs cinq revendications, dont l’instauration du suffrage universel et une enquête sur ce qu’ils considèrent comme des violences policières.

Ni réflexion ni réponse

Mme Lam a préféré éluder ces demandes, optant dénoncer la violence des protestataires et réitérer son offre de dialogue entre toutes les parties. Une proposition rejetée par les opposants, qui la jugent trop tardive et insuffisante.

Le soutien de la population au mouvement en faveur de la démocratie qui s’est exprimé à travers les urnes semble avoir calmé Mme Lam et le gouvernement chinois, qui jusqu’à présent soutenaient que seule une frange violente et radicale de la population était à l’origine des manifestations.

Selon Lam Cheuk-ting, député et figure de proue du Parti démocrate, le plus grand parti d’opposition, les déclarations de la chef de l’exécutif traduisent le fait qu’il n’y a « ni réflexion, ni réponse, ni résolution » concernant la crise actuelle. « Alors que le camp pro-establishment a finalement été réveillé par les votes, Mme Lam choisit toujours de rester endormie, aussi profondément que dans le coma », a-t-il commenté.

Les médias d’État chinois, qui ont mis en doute la légitimité de ce scrutin, ont préféré souligner les actes violents qui ont entaché la campagne électorale. Sans donner le résultat de la consultation, le Quotidien du peuple, le principal organe du Parti communiste au pouvoir, remarquait que les troubles avaient « gravement perturbé le processus électoral ». Dans un éditorial, le quotidien China Daily affirmait que le scrutin avait été « faussé par des manœuvres d’intimidation » et « des coups bas ». Ce revers a alimenté les spéculations selon lesquelles Mme Lam pourrait être poussée vers la sortie par les autorités chinoises. Pékin a cependant assuré lundi continuer à « résolument » la soutenir.

Aucun message de Pékin

Interrogée sur la question de savoir si les dirigeants chinois lui avaient demandé d’endosser la responsabilité de cet échec, Mme Lam a affirmé n’avoir reçu aucun message en ce sens de la part de Pékin.

La mobilisation a débuté en juin contre un projet de loi autorisant l’extradition vers la Chine continentale des ressortissants hongkongais. Le texte a été abandonné en septembre, mais depuis les revendications se sont élargies et les affrontements entre police et manifestants sont devenus de plus en plus violents.

L’élection des 452 conseillers de district, qui gèrent des questions comme les ordures ménagères ou les itinéraires des lignes de bus, suscite d’ordinaire peu d’intérêt. Dimanche, ce scrutin a pris une tout autre signification en raison du mouvement de contestation. Le taux de participation a atteint un chiffre record.

L’élection des conseillers de districts obéit au mode de scrutin qui, à Hong Kong, se rapproche le plus de la représentation directe.

Source : AFP

L’écrasante défaite des candidats pro-Pékin lors des élections de dimanche à Hong Kong traduit le mécontentement de la population, a reconnu mardi la chef de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, qui n’a cependant fait aucune concession pour tenter d’enrayer la crise politique que traverse la mégapole depuis plus de cinq mois.La dirigeante hongkongaise, qui cristallise la colère des manifestants, s’est engagée hier à « améliorer la gouvernance » de l’exécutif. Elle a reconnu que ces élections avaient révélé « les lacunes du gouvernement, notamment le mécontentement quant au temps mis pour gérer l’instabilité actuelle et, bien sûr, pour mettre fin à la violence ».Les candidats prodémocratie ont raflé dimanche 388 des 452 sièges de conseillers de district lors des élections...
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