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Économie

Trois ex-ministres des Télécoms et les directeurs d'Ogero, Alfa et Touch dans le viseur du procureur financier

Liban

Jamal Jarrah, Nicolas Sehnaoui et Boutros Harb réagissent aux poursuites engagées par le procureur financier Ali Ibrahim.

OLJ
21/11/2019

Le procureur financier libanais, le juge Ali Ibrahim, a engagé mercredi des poursuites contre trois responsables-clés du secteur des Télécoms et notifié le Parlement des résultats de son enquête sur le secteur, ce qui pourra servir de base à d’éventuelles poursuites initiées par la Chambre contre trois anciens ministres.

Les trois anciens ministres concernés sont Jamal Jarrah (courant du Futur de Saad Hariri), Nicolas Sehnaoui (Courant patriotique libre de Gebran Bassil) et Boutros Harb. Selon les informations de la chaîne LBCI, Nicolas Sehnaoui et Boutros Harb sont accusés de dilapidation de fonds publics, alors que Jamal Jarrah est accusé de dilapidation et détournement de fonds publics.

« L’information a été relayée de façon erronée par les médias. Une jurisprudence de 1999 a confirmé que le parquet n’était pas compétent pour poursuivre directement les ministres pour des faits relevant du droit pénal. Il a en revanche le pouvoir de notifier le Parlement qui pourra de son côté engager des poursuites contre les hauts responsables concernés », a expliqué à L’Orient-Le Jour l’avocat Akram Azouri.

Il indique néanmoins que le parquet est bien compétent pour poursuivre les autres personnes visées, à savoir : Imad Kreidiyé, directeur général d’Ogero, l’organisme qui gère les réseaux de téléphonie et d’internet fixe ; ainsi que les directeurs des compagnies Alfa, Marwan Hayek, et Touch, Emre Gurkan, qui gèrent les réseaux de téléphonie mobile, pour « enrichissement illicite, dilapidation et détournements de fonds publics ». Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre de l’enquête en cours sur la corruption au sein du ministère des Télécoms. Le juge Ibrahim base sa démarche sur des informations transmises par la commission parlementaire de l’Information et des Télécoms, présidée par le député Hussein Hajj Hassan (Hezbollah).

 

« Campagne politique programmée »

L’argument de Me Azoury sur la compétence du procureur a également été repris par Jamal Jarrah qui s’est défendu auprès de l’Agence nationale d’information (ANI). Le ministre s’est en outre dit « étonné de la fuite d’une telle information dans la presse, sachant qu’il s’agit d’une affaire judiciaire qui ne peut être dévoilée avant d’avoir abouti au stade final, en vertu des règles en vigueur ».

« Le juge Ibrahim s’active depuis un moment à transmettre des informations aux médias, contrairement aux lois, dans le but de faire du tort et de calomnier, et nous nous réservons le droit de prendre les mesures légales convenables, car il est désormais clair que ce qu’il (le juge Ibrahim, NDLR) a fait s’inscrit dans le cadre d’une campagne politique programmée contre notre équipe politique (le courant du Futur, NDLR) », a ajouté l’ancien ministre.

Pour sa part, Boutros Harb a affirmé être à la disposition de la justice. « Je suis à la disposition de la justice, comme je l'ai toujours répété, car lorsque j'ai demandé que la réclamation de comptes englobe tout le monde, je le faisais de manière sincère. Que l'enquête se fasse de manière publique et transparente, qu'elle englobe tout le monde et que les corrompus rendent des comptes », a-t-il écrit sur Twitter. Dans un communiqué publié plus tard, Boutros Harb s'est dit « étonné » des poursuites engagées par le juge Ibrahim, estimant que « cela contrevient aux normes fixées par la loi ». « La justice ordinaire est la source convenable pour juger les ministres qui contreviennent au code pénal », a ajouté l'ancien ministre, qui se dit « entièrement prêt à comparaître devant la justice dans le cadre de n'importe quelle enquête ». M. Harb a toutefois exprimé sa « crainte qu'on ne soit entré dans une phase de règlements de comptes politiques avec ceux qui soutiennent la révolution populaire ». L'ancien ministre a dit qu'il exprimera sa  « position après avoir consulté le dossier de l'enquête ».

De son côté, Nicolas Sehnaoui a assuré « être et rester sous le seuil de la loi et à la disposition de la justice indépendante et honnête ». « Pour insister sur la transparence, j'avais déjà fait savoir que j'étais prêt à lever le secret bancaire sur mes comptes, allant jusqu'à la levée du secret sur toutes mes possessions, avant ma prise de fonction, durant cette période, et à tout moment », a ajouté l'ancien ministre. « Quant aux poursuites engagées par le juge Ibrahim, et dont j'ai pris connaissance à travers les médias, je me dis entièrement prêt à me présenter devant la justice compétente, en étant confiant de n'avoir commis aucune infraction durant mon exercice (...) », a conclu le député.

La semaine dernière, le juge Ibrahim avait entendu le ministre sortant des Télécoms, Mohammad Choucair, et son prédécesseur Jamal Jarrah, dans le cadre de l'enquête sur les malversations entraînées par la gestion des deux compagnies de gestion de la téléphonie mobile au Liban, Touch et Alfa.

Par ailleurs, le procureur financier a engagé mercredi des poursuites contre le directeur général du ministère de l'Industrie, Fadi Gédéon, pour gaspillage de fonds publics et de recrutement abusif. Le dossier a été transmis au premier juge d'instruction de Beyrouth.

Depuis le début, le 17 octobre, du mouvement de contestation populaire inédit contre la classe dirigeante, accusée d'incompétence et de corruption, la justice a lancé des poursuites judiciaires contre plusieurs responsables politiques et au sein d'administrations publiques.


Pour mémoire

Le procureur financier interroge Jarrah et Choucair

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DE LA POUDRE AUX YEUX ! ON AVANCE DES NOMS A GAUCHE ET A DROITE POUR MONTRER QU,ON POURSUIT... MAIS OU ETAIT-ON TOUTES CES ANNEES ? OU SONT LES NOMS DES GRANDS REQUINS ? TENEZ, POURSUIVEZ LE SCANDALE DU SIECLE QUE SONT LES BARGES TURQUES POUR UN PEU DE CREDIT.
GENDRISSIMALEMENT VOTRE !!!

Sissi zayyat

Non mais quelle blague!
Alors un juge attend des délations de la part de personnes comme par hazard pour faire son job?

Où sont les dossiers qui s’entassaient dans les tiroirs?

Attention aux deux plateaux de la balance de la justice.
L’une ne devrait pas penchait plus qu'une autre sinon ça risque de titiller la sensibilité de certains et ça n’est vraiment pas le moment.

Citoyen

Une comédie bien orchestrée. Curieusement on ne voit personne de l'équipe actuelle.

Saliba Nouhad

C'est ça, comme par magie, tous les dossiers de la corruption s'ouvrent, des accusations fusent de tous les bords par le même procureur financier qui se retrouve soudain des vertus de redresseur de torts...
Toutes les semaines de nouveaux dossiers, et on n'a pas encore effleuré les grands requins et champions de la corruption toutes catégories...
Alors qu'on n'a même pas nommé de premier ministre ni accepté les conditions de la rue...
Arrêtez de vous moquer du monde , Messieurs, car on sait que ces comédies ne mèneront nulle part pour l'instant et que ces fameux dossiers de poursuite n'auront pas de suite: vous ne leurrez personne!

Bustros Mitri

Notez l' equilibre confessionnel dans les poursuites...hahaha

Jack Gardner

Est-ce un éléphant qui accouchera d’une souris?

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