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Économie

Au Salon de Dubaï, Airbus fait le plein et Boeing parvient à vendre des 737 MAX

Aviation
OLJ
19/11/2019

L’avionneur européen Airbus a signé deux contrats majeurs totalisant 30 milliards de dollars au Dubai Airshow, où son concurrent américain Boeing a vendu, pour 1,2 milliard, dix de ses 737 MAX dont la flotte est clouée au sol depuis mars. Cette commande de la compagnie aérienne turque SunExpress est « la première commande ferme » de 737 MAX depuis huit mois, a précisé Boeing.

Hier, la compagnie de Dubaï, Emirates, la plus importante du Moyen-Orient, a annoncé une commande ferme de 16 milliards de dollars pour l’achat de 50 Airbus A350-900. « Je suis très fier que l’Airbus A350 ait été choisi par Emirates. C’est une très bonne nouvelle pour Airbus », s’est félicité son PDG, Guillaume Faury, lors d’un Salon aéronautique international qui se tient à Dubaï depuis dimanche.

Le contrat porte précisément sur des appareils A350-900, avions gros-porteurs pouvant transporter 314 passagers. Selon Emirates, ce contrat remplace une commande faite en février de 40 A330-900 et 30 A350-900. « En complément de nos A380 et (Boeing) 777, les A350 nous apporteront une flexibilité opérationnelle accrue en termes de capacité, de portée et de déploiement », s’est félicité le président d’Emirates, cheikh Ahmad ben Saïd al-Maktoum, dans un communiqué de la compagnie.

Le réseau d’Emirates, qui a annoncé début novembre avoir presque triplé ses bénéfices semestriels, comprend plus de 158 destinations dans 84 pays. Sa flotte est composée de 271 gros-porteurs, dont 113 Airbus A380 et 158 Boeing 777.

Importantes commandes

Appartenant et basée à Charjah, un des sept émirats qui composent les Émirats arabes unis, la compagnie aérienne à bas coût Air Arabia a signé pour sa part un contrat d’achat de 120 Airbus A320 pour un montant de 14 milliards de dollars.

Dans un communiqué, Airbus a précisé qu’Air Arabia avait signé « une commande ferme de 120 avions Airbus comprenant 73 A320neo, 27 A321neo et 20 A321XLR ». Il s’agit de « l’une des plus importantes commandes de monocouloirs de la région avec Airbus pour soutenir nos plans de croissance », a déclaré le PDG d’Air Arabia, Adel al-Ali, dans ce communiqué.

Fin octobre, la famille des monocouloirs A320 (A318, A319, A320 et A321), lancée en 1987, était devenue le type d’avions le plus commandé de l’histoire de l’aviation commerciale, avec 15 193 appareils, devançant le Boeing 737 (15 136 appareils), dont la première génération remonte à 1967, selon les données des avionneurs.

Le directeur commercial d’Airbus, Christian Scherer, cité dans un communiqué, a souligné que le contrat avec Air Arabia « permettra à la compagnie d’accéder à de nouveaux marchés ». Air Arabia a annoncé le mois dernier un partenariat avec Etihad, qui appartient à l’émirat d’Abou Dhabi, pour créer la première compagnie à bas coût basée à Abou Dhabi, sans donner plus de précisions.

Le secteur du transport aérien est florissant aux Émirats mais leurs compagnies connaissent des résultats irréguliers, Emirates, Etihad et Air Arabia enregistrant des bilans décevants ces dernières années.

Un avion sûr

De son côté, Boeing a annoncé un contrat bien plus modeste de 1,2 milliard de dollars, prix catalogue, avec SunExpress – co-entreprise de Turkish Airlines et de Lufthansa – pour l’achat de dix Boeing 737 MAX 8. C’est la première fois depuis mars que Boeing reçoit une commande ferme pour cet appareil, même si IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus) avait annoncé en juin son « intention » d’en acquérir 200, pour 24 milliards de dollars (prix catalogue). « Il ne s’agit peut-être que de dix appareils (...) mais c’était très important pour Boeing de recevoir une autre marque de soutien public pour le MAX », juge l’analyste Dominic Perry, de la publication spécialisée Flyglobal.

Ce modèle est en effet au cœur d’une crise inédite dans l’histoire centenaire de Boeing. Ces derniers mois, une série d’informations ont révélé l’ampleur des dysfonctionnements dans le développement du MAX comme dans son processus de certification. En mars, un de ces appareils s’est écrasé en Ethiopie, faisant 157 morts. Quelques mois plus tôt, en octobre 2018, un 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne à bas coût Lion Air s’était abîmé en mer de Java, tuant les 189 personnes à bord.

Quelque 387 appareils sont actuellement cloués au sol, et Boeing espère toujours recevoir en janvier le feu vert de l’Agence américaine de régulation de l’aviation pour un retour du 737 MAX en vols commerciaux. « Nous sommes confiants que Boeing nous fournira un avion sûr, fiable et efficace. Toutefois, il va sans dire que cela nécessite la navigabilité incontestée du modèle, attestée par toutes les autorités compétentes », a déclaré hier le PDG de SunExpress Jens Bischof.

Source : AFP

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