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Liban

24 heures devant EDL pour réclamer du courant électrique 24h/24

Manifestations
12/11/2019

Pour demander 24 heures sur 24 de courant électrique, plusieurs centaines de manifestants ont campé 24 heures durant devant le siège d’EDL, à Beyrouth, entre la soirée de dimanche et hier soir. Après avoir écouté dimanche soir plusieurs intervenants, ils ont dormi sous les tentes, devant le bâtiment, avant de reprendre leurs discussions et tables rondes en matinée sur des sujets aussi variés que la crise du secteur de l’électricité, la corruption, le confessionnalisme politique ou encore la crise des déchets ménagers.

« Plus de 500 personnes ont campé ici, dans la nuit de dimanche à lundi », assure à L’Orient-Le Jour Maroun Karam, 29 ans, qui faisait partie de ceux qui ont dormi sur place. « Nous sommes prêts à faire encore plus de sacrifices, durant les semaines, voire les mois à venir, pour atteindre notre objectif. Nous travaillons sur le long terme. Nous ne voulons plus payer deux factures d’électricité, l’une pour EDL et l’autre pour des générateurs privés, ou crouler sous les déchets », ajoute le jeune homme qui travaille dans le marketing.Lors de la soirée passée devant EDL, les manifestants ont eu notamment de longues discussions avec l’ancien ministre Ziyad Baroud, ainsi qu’avec des experts économiques. À 20h précises, les protestataires ont placé des draps et panneaux noirs autour des grilles d’EDL, afin de symboliser le noir dans lequel les Libanais sont plongés, en raison des coupures à répétition du courant.


(Lire aussi : À Dahyeh, la révolution est dans tous les esprits, mais...)



Cris de joie : une semaine de gagnée

Dans une ambiance bon enfant, de nombreuses personnes ont défilé tout au long de la journée d’hier devant le bâtiment d’EDL, certaines avec leurs animaux de compagnie, profitant du fait que le jour était férié. Des manifestants, qui suivaient les informations sur leurs portables, ont accueilli par des cris de joie l’annonce du report à la semaine prochaine de la session parlementaire qui devait voter la très controversée loi sur l’amnistie générale.

Nayla Geagea, avocate, membre de Beyrouth Madinati, estime que ce report « a fait gagner une semaine » aux manifestants. « Au moins, ils nous écoutent maintenant. Les citoyens commencent à imposer leurs propres agendas », souligne-t-elle. « Il y a beaucoup de gens victimes d’injustice en prison, mais ce qu’il faut faire, c’est accélérer la tenue des procès, au lieu de voter une amnistie générale. Une telle loi permettrait à beaucoup de corrompus d’échapper à la justice », estime Mme Geagea à L’OLJ.

Yorgui Teyrouz, activiste et président de l’association Donner sang compter, appelle pour sa part à la vigilance. « Je ne sais pas si ce report (de la séance parlementaire) est une bonne ou mauvaise chose. Je pense que cette loi devrait tout simplement être annulée. Ils essaient de nous anesthésier et de nous faire oublier que le gouvernement n’a pas encore été formé. Quoi qu’il en soit, les gens vont continuer à manifester et leur détermination n’a pas diminué », assure M. Teyrouz à L’OLJ.


(Lire aussi : À Nabatiyé et à Tyr, « une troisième force » dont il faut tenir compte)



Le pays a connu, dans la journée du dimanche, de nombreuses manifestations sur l’ensemble du territoire. Dans la rue reliant la place des Martyrs à la place Riad el-Solh, de jeunes violoncellistes ont donné un concert gratuit dimanche matin. Des centaines de personnes ont ensuite manifesté contre les tribunaux religieux.

À la marina de Zaytuna Bay, connue pour ses yachts de luxe et son public relativement aisé, des centaines de personnes ont organisé un pique-nique dominical géant. De nombreux mouvements de contestation ont également eu lieu dans le reste du pays, notamment à Baalbeck, à Bar Élias, à Tripoli ou encore à Tyr.


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