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Moyen Orient et Monde - Yémen

Un accord pour mettre fin à une guerre dans la guerre

Le nouveau gouvernement devra intégrer les ministres séparatistes et revenir à Aden.

Des combattants séparatistes du « Cordon de sécurité », soutenus par les Émirats arabes unis, patrouillent à Aden, le 10 août 2019. Fawaz Salman/Reuters

Le gouvernement et les séparatistes au Yémen ont conclu un accord parrainé par l’Arabie saoudite pour partager le pouvoir dans le Sud et mettre fin à leur conflit, dans un pays dévasté par une guerre aux fronts multiples, ont annoncé hier des responsables.

Les séparatistes sudistes sont en principe alliés des forces progouvernementales dans la guerre livrée depuis 2014 contre les rebelles houthis, venus du Nord et soutenus par le grand rival de Riyad, l’Iran. Mais des combats meurtriers ont eu lieu ces derniers mois entre les forces loyalistes et les séparatistes, qui réclament l’indépendance du Sud.

« La signature (de l’accord) aura lieu au plus tard mardi (29 octobre) en présence du président Abd Rabbo Mansour Hadi et du chef du Conseil de transition du Sud (STC) Aidarous al-Zoubaïdi », a indiqué un responsable au sein du gouvernement reconnu par la communauté internationale. « Nous avons signé la version finale de l’accord et nous attendons la signature conjointe dans quelques jours », a confirmé un responsable au sein du STC, représentant les séparatistes sudistes. La chaîne d’information publique saoudienne al-Ekhbariya a annoncé dans un tweet que « le gouvernement yéménite et le STC étaient parvenus à un accord ».

« Étape importante »

En vertu de celui-ci, le nouveau gouvernement devra intégrer des ministres issus du STC et revenir à Aden. Le président Hadi, soutenu à bout de bras par l’Arabie saoudite, est actuellement en exil à Riyad. Tout accord conclu dans la crise au Yémen constitue « une étape importante », estime Elisabeth Kendall, du Pembroke College de l’Université d’Oxford.

« Cela évite qu’un autre conflit majeur n’éclate dans la guerre en cours et empêche la coalition de s’effondrer », a-t-elle expliqué.Depuis 2015, une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite et ses alliés, en particulier les Émirats arabes unis, intervient au Yémen pour appuyer les forces progouvernementales contre les houthis qui se sont emparés de pans entiers du territoire, notamment la capitale Sanaa en 2014. Devenue la capitale provisoire du pays, Aden a été le théâtre cet été d’un nouveau front dans la guerre opposant les forces loyales au gouvernement et les séparatistes du STC qui ont pris le contrôle de la ville. Les séparatistes accusent depuis des années le gouvernement de discriminer les Yéménites du Sud et de répartir injustement les richesses du pays, le plus pauvre de la péninsule Arabique. Cette partie du Yémen était un État indépendant jusqu’à l’unification du Sud et du Nord du Yémen en 1990. Les troupes gouvernementales ont perdu en août le contrôle de la quasi-totalité du Sud au profit des séparatistes.

« Grands efforts »

La nouvelle entente entre les deux camps intervient alors que l’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a rencontré jeudi le vice-ministre de la Défense saoudien, le prince Khaled ben Salmane, selon un communiqué.

M. Griffiths a salué les « grands efforts » du royaume dans la médiation entre les deux camps qui s’opposaient dans le Sud. Face aux combats qui ont affaibli sa coalition, Riyad a proposé un dialogue interyéménite à Djeddah, dans l’ouest du royaume, pour apaiser les tensions.

Ce différend a aussi mis à mal l’alliance au sein de la coalition antihouthis, en particulier entre ses deux piliers que sont l’Arabie saoudite et les Émirats. Le gouvernement yéménite a accusé les Émirats de soutenir les séparatistes, dont les combattants forment les unités du « Cordon de sécurité », entraînées par Abou Dhabi.

En octobre, les Émiratis ont remis aux forces saoudiennes des positions-clés dans le sud pour tenter de désamorcer la crise interne à la coalition. Ces retraits avaient été perçus comme des prémices à la conclusion de l’accord négocié à Djeddah. Le conflit dans le Sud a aggravé la situation pour les civils dans un pays où la guerre a provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU, avec environ 3,3 millions de personnes toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, en besoin d’assistance. Des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, ont été tuées dans la guerre, selon diverses organisations humanitaires.

Source : AFP

Le gouvernement et les séparatistes au Yémen ont conclu un accord parrainé par l’Arabie saoudite pour partager le pouvoir dans le Sud et mettre fin à leur conflit, dans un pays dévasté par une guerre aux fronts multiples, ont annoncé hier des responsables.Les séparatistes sudistes sont en principe alliés des forces progouvernementales dans la guerre livrée depuis 2014 contre les rebelles houthis, venus du Nord et soutenus par le grand rival de Riyad, l’Iran. Mais des combats meurtriers ont eu lieu ces derniers mois entre les forces loyalistes et les séparatistes, qui réclament l’indépendance du Sud. « La signature (de l’accord) aura lieu au plus tard mardi (29 octobre) en présence du président Abd Rabbo Mansour Hadi et du chef du Conseil de transition du Sud (STC) Aidarous al-Zoubaïdi », a indiqué un...
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