La croissance de la planète « connaît un ralentissement synchronisé », a déploré hier la nouvelle directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Jonathan Ernst/Reuters
« L’économie de la Suisse tout entière » ou environ 700 milliards de dollars. Voilà ce que coûte la guerre commerciale menée par Donald Trump à la croissance mondiale, a souligné hier Kristalina Georgieva, la nouvelle directrice générale du FMI.
La croissance de la planète « connaît désormais un ralentissement synchronisé », a-t-elle déploré, prévenant que le Fonds monétaire international allait publier le 15 octobre des prévisions de croissance révisées en baisse à la fois pour 2019 et 2020. En juillet, le FMI projetait une expansion de 3,2 % cette année et de 3,5 % l’an prochain.
« En 2019, nous nous attendons à une croissance plus lente dans près de 90 % du monde », a poursuivi Kristalina Georgieva dans un discours donnant la tonalité des prochaines réunions d’automne du FMI et de la Banque mondiale à Washington. Mme Georgieva, qui a pris ses fonctions il y a tout juste une semaine, a ajouté que « la croissance va tomber cette année à son plus bas niveau depuis le début de la décennie ».
Le président américain a lancé, il y a plus d’un an et demi, une guerre commerciale contre la Chine pour mettre fin à des pratiques commerciales jugées « déloyales ». Ce conflit, qui s’est traduit par des tarifs douaniers punitifs réciproques sur des centaines de milliards de marchandises, a considérablement affecté l’ensemble du commerce international. « La croissance du commerce mondial est presque au point mort », a ainsi constaté Mme Georgieva. Et alors que l’administration Trump menace aussi de droits de douane supplémentaires ses autres partenaires, dont l’Union européenne, la confiance des investisseurs s’est érodée.
Le produit intérieur brut mondial pourrait être amputé d’environ 0,8 % d’ici à 2020, contre 0,5 % estimé en juillet. « Nous devons agir. Je suis confiante que si nous coopérons tous ensemble, nous pouvons avoir un monde meilleur pour tous », a déclaré la dirigeante. « Oui, nous le pouvons ! » a-t-elle lancé, reprenant le célèbre slogan « Yes, we can ! » de l’ancien président Barack Obama. Pour cela, il faut reconnaître que la mondialisation a fait des laissés-pour-compte, en particulier parmi les jeunes les moins éduqués et ruraux, a-t-elle observé.
En outre, elle a invité « les pays ayant de l’espace budgétaire à déployer ou à se tenir prêts à déployer une force de frappe budgétaire » pour contribuer à stimuler la demande et la croissance, citant l’Allemagne, les Pays-Bas et la Corée du Sud.
Source : AFP


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