Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Émeutes

Khamenei accuse des « ennemis » de vouloir semer la discorde entre l’Iran et l’Irak

L’armée irakienne admet un « usage excessif » de la force.

Des Irakiens enterrent dans la douleur l’un des leurs tué à Najaf, dimanche, lors de heurts avec les forces de l’ordre. Alaa al-Marjani/Reuters

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé hier des « ennemis » de chercher à « semer la discorde » entre l’Iran et l’Irak, son voisin et allié, secoué depuis près d’une semaine par des manifestations au cours desquelles plus de 100 personnes ont été tuées.

Téhéran soutient plusieurs groupes armés chiites en Irak et a aidé le pouvoir irakien dans sa guerre contre le groupe jihadiste État islamique. Les États-Unis, ennemi juré de l’Iran, sont également un allié de Bagdad.

« L’Iran et l’Irak sont deux nations dont le cœur et l’âme sont liés (...). Des ennemis cherchent à semer la discorde entre eux, mais ils ont échoué et leur complot n’aura pas d’effet », a écrit M. Khamenei dans un tweet, sans préciser qui sont ces « ennemis ».

Selon l’agence officielle IRNA, ce tweet a été publié en réaction aux manifestations qui ont lieu à Bagdad et dans le sud du pays à majorité chiite depuis le 1er octobre pour réclamer le départ du gouvernement, accusé de corruption, ainsi que des réformes économiques. Plusieurs responsables iraniens ont accusé la semaine passée les « ennemis » de l’Iran – notamment les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël – d’être à l’origine des manifestations en Irak. Hier, le porte-parole du gouvernement Ali Rabiei a affirmé que des « ennemis tentent de saboter toute ouverture (des relations) entre (l’Iran) et ses voisins ». Il a ajouté que l’Iran était « préoccupé (...) par toute manifestation chez ses voisins ».

« Usage excessif »

En Irak, l’armée a admis hier pour la première fois un « usage excessif » de la force lors du mouvement de contestation marqué par des violences sanglantes. Depuis le début de ce mouvement de contestation à Bagdad et dans des villes du Sud, plus de 104 personnes ont été tuées, en grande majorité des manifestants, et plus de 6 000 blessées, selon un dernier bilan officiel.

Après une nuit de chaos à Sadr City, en périphérie de la capitale, où 13 personnes ont péri selon des sources médicales, le commandement militaire a reconnu « un usage excessif de la force débordant des règles de l’engagement ».

« Nous avons commencé à demander des comptes aux officiers qui ont commis ces erreurs », a-t-il indiqué dans un communiqué. Toujours à Sadr City, des vidéos ont montré des manifestants se mettre à couvert sous des rafales ininterrompues de tirs, parfois à l’arme lourde.

Forces de l’ordre et médias ont difficilement accès à ce bastion du leader chiite Moqtada Sadr qui avait appelé vendredi à la démission du gouvernement de Adel Abdel Mahdi. De leur côté, des autorités locales assurent s’en tenir aux « standards internationaux » et mettent en cause des « tireurs non identifiés » qui, selon elles, visent manifestants et forces de l’ordre. Les défenseurs des droits humains, cependant, accusent franchement les forces de l’ordre de tirer sur les manifestants.

« Empêcher un coup d’État »

Dans ce contexte de crise, le chef du Hachd al-Chaabi, puissante coalition paramilitaire dominée par des milices chiites proches de l’Iran, s’est dit « prêt » à intervenir pour empêcher « un coup d’État ou une rébellion » si le gouvernement le lui ordonnait.

Dénonçant des « comploteurs » qui « seront punis », Faleh al-Fayad a prévenu que le Hachd, désormais en grande partie intégré aux troupes régulières, voulait « la chute de la corruption et non la chute du régime », répondant à l’un des slogans des manifestants. Dimanche et pour la première fois depuis le début du mouvement qui réclame aussi emplois et services publics, les manifestants n’ont pas défilé dans le centre de Bagdad vers l’emblématique place Tahrir. Les rassemblements sont restés cantonnés à Sadr City et ses abords, en périphérie de la capitale. Peuplée de neuf millions d’habitants, celle-ci est toujours privée d’internet, comme l’ensemble du sud du pays.

Lavrov à Bagdad

Ailleurs à Bagdad, la vie a repris lentement son cours, mais la tension reste très palpable. Les autorités ont multiplié les annonces de mesures sociales pour tenter d’apaiser la colère de manifestants qui disent n’avoir « plus rien à perdre » dans un riche pays pétrolier où plus d’un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.

Sur le front diplomatique, le Premier ministre irakien a annoncé avoir discuté au téléphone avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo des développements en Irak, alors que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est à Bagdad pour une visite prévue avant le début de la contestation.

Source : AFP

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé hier des « ennemis » de chercher à « semer la discorde » entre l’Iran et l’Irak, son voisin et allié, secoué depuis près d’une semaine par des manifestations au cours desquelles plus de 100 personnes ont été tuées.Téhéran soutient plusieurs groupes armés chiites en Irak et a aidé le pouvoir irakien dans sa guerre contre le groupe jihadiste État islamique. Les États-Unis, ennemi juré de l’Iran, sont également un allié de Bagdad. « L’Iran et l’Irak sont deux nations dont le cœur et l’âme sont liés (...). Des ennemis cherchent à semer la discorde entre eux, mais ils ont échoué et leur complot n’aura pas d’effet », a écrit M. Khamenei dans un tweet, sans préciser qui sont ces « ennemis ». Selon l’agence...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut