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Économie

Retrait de dollars : les banques veulent rassurer les clients inquiets

Monnaie

Plusieurs sources bancaires ont reconnu avoir limité depuis plusieurs semaines les plafonds de retraits de billets verts.

23/09/2019

Pointés du doigt par nombre de leurs clients qui perçoivent depuis plusieurs semaines un manque de flexibilité de leur part dans la gestion des avoirs en devises, notamment en dollar, les établissements bancaires tentent de rassurer leur clientèle en faisant valoir qu’il n’existe aucune pénurie de billets verts et que les transactions se poursuivent normalement.

Certains clients de banques libanaises ont pourtant affirmé à L’Orient-Le Jour durant le week-end ne pas avoir pu retirer de dollars dans plusieurs distributeurs automatiques de billets de la capitale, y compris de leurs comptes en dollars. L’information a été également relayée par certains médias, dont le quotidien libanais al-Joumhouriya samedi, qui affirmait en citant ses propres sources qu’il n’y avait plus de dollars dans les DAB. Une affirmation qui a été contredite par le client d’une banque locale, qui a affirmé – SMS d’alerte à l’appui – avoir été en mesure de retirer un petit montant en dollars dans la soirée de samedi.

La santé du secteur bancaire a par ailleurs fait polémique sur les réseaux sociaux, dénotant la fébrilité des Libanais par rapport à cette question du dollar.

Contactées par L’Orient-Le Jour, plusieurs sources bancaires ont reconnu avoir limité depuis plusieurs semaines les plafonds et conditions de retraits de billets verts que ce soit via les DAB ou les guichets, s’il s’agit de comptes en livres libanaises ou de comptes bloqués en dollars. « En dehors de ces cas, il n’y a pas de restriction et les banques ont assez de dollars pour effectuer les transactions qu’on leur demande. Mais il y a bien une volonté, imposée par la Banque du Liban (BDL) dans un contexte de situation financière fragile, de limiter autant que possible la circulation de devises lorsqu’elle semble inutile ou suspecte, que ce soit via les plafonds de conversion ou de retrait », explique une des sources interrogées.


(Pour mémoire : Les bureaux de change libanais annulent la grève prévue aujourd’hui)


Éventuel soutien de Riyad
Cette dernière fait notamment état « d’abus » de certains clients qui « retiraient des dollars dans les DAB au taux de change fixé par les banques pour les revendre plus cher sur le marché ». Elle recommande en outre aux usagers qui n’ont pas pu retirer de dollars depuis leurs comptes courants libellés dans cette devise de contacter leur agence. « Les restrictions peuvent changer d’une banque à l’autre », rebondit une autre source interrogée. Une troisième invoque « une campagne sur les réseaux sociaux ciblant le secteur bancaire dans un contexte économique et financier difficile, alourdi par les récentes sanctions qui ont frappé la Jammal Trust Bank (fin août) ».

L’économie libanaise est dollarisée et le taux de change entre la livre et le dollar est fixé par la BDL depuis 1997 (1507,5 livres pour un dollar). Mais les pressions sur la stabilité financière du pays se sont accélérées depuis la crise de novembre 2017, marquée par la démission du Premier ministre Saad Hariri, qui avait été retenu plusieurs semaines à Riyad sur fond de tensions entre le royaume wahhabite et l’Iran. Une situation qui oblige la BDL à limiter la circulation de devises sur le marché pour maintenir le niveau de ses réserves et la croissance des dépôts bancaires, et ainsi être capable de continuer à gérer l’endettement public, la dollarisation de l’économie et le taux de change fixe. Plusieurs professions ont été affectées par ce resserrement, dont les distributeurs de carburant qui encaissent de leurs clients en livres mais doivent payer leurs fournisseurs en dollars ou encore les cambistes, à qui les banques revendent moins de devises.


(Lire aussi : Le FMI n’a pas exhorté le Liban à laisser flotter la livre, assure le conseiller de Hariri)


Dans une note de recherche datée de mercredi, la banque d’investissement américaine Goldman Sachs (GS) a estimé qu’un éventuel soutien financier de l’Arabie saoudite au Liban aiderait ce pays à atténuer les pressions sur ses liquidités en devises. La banque rebondissait sur la déclaration du ministre saoudien des Finances, Mohammad Jadaane, selon qui le royaume était en pourparlers avec le gouvernement libanais pour lui « apporter un soutien financier ».

Dans un communiqué publié samedi, la présidence du Conseil a indiqué que le Premier ministre avait contacté le ministre saoudien depuis sa résidence à Paris où il était arrivé jeudi pour une visite officielle. Les deux responsables ont notamment abordé les préparatifs en cours de la première réunion du Comité conjoint libano-saoudien, des accords et mémorandums d’entente à signer, de la manière dont l’Arabie saoudite pourrait soutenir l’économie libanaise et de la participation du secteur privé saoudien aux projets des donateurs de la conférence de Paris.

GS avait en outre souligné que si une éventuelle aide saoudienne réduit la nécessité pour la BDL d’intervenir ou d’utiliser ses réserves à très court terme, elle ne résoudra pas les déséquilibres économiques structurels du pays.


Lire aussi
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LA VERITE

Cela va entrainer toute la population a se ruer aux banques et retirer leur argent en livres Libanaise et essayer de convertir la livre en une autre monnaie etrangere. en plus de retirer toutes sommes des banques avant leur faillitte programme

le souvenir de la tres grosse devaluation de la livre Libanaise durant et apres la guerre aura appris au plus age que quand la tempete souffle il vaut mieux aller a l'abri

1507.5 ou 1560 ou meme 1570 vaut mieux que 4000 ou 5000 prochainement

Pauvre Liban victime du regime fort mis en place avec la corruption generalisee des politiciens de tous bords

gaby sioufi

d'abord faire de sorte que les 2 operateurs de cellulaires encaissent leurs factures en LL, tt comme OGERO le fait.
ensuite, faire de sorte que le ministere des finance se fasse payer la TVA en USD lorsque celle ci a ete reglee aux commercants en USD,
ainsi que l'impot sur le revenu, adapter le meme principe que ce qui a precede.

Eddy

Je ne comprends plus, nous sommes un peuple éduqué et notre secteur privé compte parmi les meilleurs analystes financiers et pourtant on arrive à ca?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,INQUIETUDE DES EPARGNANTS EST UN MAUVAIS SIGNE. CA PEUT CONDUIRE A DES INSTABILITES BANCAIRES OU A DES RESTRICTIONS FINANCIERES. FAUT RETABLIR AVEC URGENCE LA CONFIANCE.

Zovighian Michel

Il est faux de lier le problème de liquidité avec la crise de novembre 2017, marquée par la démission du Premier ministre Saad Hariri. La crise a débuté en 2011 et s'accentue au fil des années. Nos dirigeants sont des observateurs qui attendent que le monde leur donne de l'argent pendant que le Hezbollah fait fuir les investisseurs. La crise financière existe car l'économie est en détresse avec une croissance du GDP de 1 % par an, une dette galopante et des intérêts qui accentuent le déficit budgétaire. Franchement, avec tous les problèmes du pays vous n'avez rien trouvé de mieux que d'attribuer la source de nos problèmes aux autres ?

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