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Liban

Hariri reçu aujourd’hui par Macron

Coopération

Le président français aura un entretien avec son homologue libanais à New York.

OLJ
20/09/2019

Le chef du gouvernement, Saad Hariri, est arrivé hier à Paris pour une visite de quelques jours au cours de laquelle il devra notamment avoir un entretien, aujourd’hui à 10h, avec le président français Emmanuel Macron, avant de tenir une série de réunions de travail avec des hommes d’affaires français. Ces réunions s’inscrivent dans le prolongement de la Conférence de Paris et du programme CEDRE, et surtout des préparatifs du chantier de réformes économiques et financières envisagées par le gouvernement, en contrepartie des aides internationales promises. Ces aides se situent autour de 12 milliards de dollars. Parmi celles-ci, un dépôt bancaire de 250 millions d’euros, débloqués par la France en faveur de la Banque du Liban. L’annonce de ce dépôt bancaire devrait être faite aujourd’hui.

À la veille de l’entretien Hariri-Macron, on rappelle de sources proches de l’Élysée que la situation économique et financière du Liban « est très difficile » et que ce pays se doit d’effectuer les réformes promises lors de la Conférence de Paris en avril 2018, non seulement pour pouvoir bénéficier des fonds assurés par cette conférence, « mais parce qu’il en a grandement besoin ». De mêmes sources, on indique que le président français aura également des discussions avec son homologue libanais Michel Aoun sur l’assistance internationale au Liban et sur la situation dans la région, la semaine prochaine, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Selon ces sources, la France s’inquiète de la situation au pays du Cèdre à cause de la tension qui y a prévalu récemment, consécutivement à l’affaire des drones abattus au-dessus de la banlieue sud de Beyrouth. Paris redoute notamment que la tension dans le Golfe et le bras de fer américano-iranien ne se traduise par une déstabilisation au Liban. À ce sujet, on indique qu’Emmanuel Macron était intervenu personnellement auprès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du président iranien Hassan Rohani pour éviter une escalade entre le Hezbollah et Israël.


(Pour mémoire : Cedre : Duquesne esquisse un calendrier pour aller plus vite)


Ces craintes sont également partagées au Liban où le chef druze Walid Joumblatt a fait état d’un possible embrasement dans la région du Golfe « à cause de la guerre du Yémen et après les attaques contre les installations pétrolières saoudiennes » d’Aramco, dans lesquelles Téhéran est pointé du doigt. Sur son compte Twitter, M. Joumblatt a estimé que les « Arabes vont finir par payer le prix de l’épreuve de force entre l’Iran et les États-Unis », et que le Liban est appelé durant cette période à faire preuve de prudence. « Tout faux pas dans la gestion du budget du Liban, impliquant entre autres une non-conformité avec les recommandations de (l’émissaire français, Pierre) Duquesne, aggraverait la situation, surtout que nous entendons de nouveau parler de location de nouveaux navires-centrales », a-t-il averti.

De sources diplomatiques, on indique qu’outre le dossier économique, le président français devrait également soulever avec son hôte la question de la stabilité du Liban au vu notamment de la politique suivie par le Hezbollah qui foule aux pieds la politique de distanciation à laquelle le gouvernement s’était solennellement engagé.

Ce dossier aurait été également discuté lors des entretiens du Premier ministre à Riyad, où il s’était rendu avant de s’envoler pour Paris. Les dirigeants saoudiens n’ont pas caché devant Saad Hariri leur mécontentement face au dernier discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait fait part de son allégeance à Téhéran et annoncé que son parti ne restera pas les bras croisés si l’Iran était attaqué, et surtout face à l’absence de toute réaction officielle à ce discours. De mêmes sources, on indique que les Saoudiens ont exprimé le souhait d’un désengagement par rapport au Hezbollah, d’autant plus que l’étau se resserre autour de ce parti à la faveur des sanctions américaines visant à assécher principalement ses sources de financement. Dans ce cadre, une information a circulé hier selon laquelle l’ambassade des États-Unis n’a pas délivré de visa au ministre de la Santé Jamil Jabak, proche du Hezbollah. La chancellerie US et le bureau du ministre n’ont voulu ni confirmer ni infirmer la nouvelle.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BONNE CHANCE A TOUS LES DEUX.

Amère Ri(s)que et péril.

Bonne chance Saad , te laisse pas bouffer la tête, n'oublie pas que ton père a offert un logis à un président français.

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