Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, devait s’envoler hier pour l’Arabie saoudite. Al Drago/Reuters
Téhéran a exclu hier toute négociation avec les États-Unis, alors que Washington a accusé une nouvelle fois l’Iran d’être derrière les attaques contre des installations du géant saoudien Aramco.
Ces attaques sur deux installations pétrolières importantes du royaume ont été revendiquées par les rebelles houthis du Yémen, qui sont soutenus par l’Iran, le grand rival régional du royaume saoudien. S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, un responsable américain a toutefois déclaré à Washington que les États-Unis avaient la certitude que ces raids avaient été menés depuis le sol iranien et que des missiles de croisière avaient été utilisés. L’administration américaine prépare un dossier pour prouver ses dires et convaincre la communauté internationale, notamment les Européens, à l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine, a-t-il ajouté. De son côté, le président américain Donald Trump a dit « préférer ne pas rencontrer » le président iranien à l’ONU, alors qu’il a affirmé plusieurs fois la semaine dernière être disposé à le rencontrer.
Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, devait s’envoler hier pour l’Arabie saoudite pour « évoquer » la « réponse » des États-Unis aux attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, a par ailleurs annoncé le vice-président américain Mike Pence. « Je vous le promets : nous sommes prêts », a lancé M. Pence dans un discours devant la fondation conservatrice Heritage à Washington. « Nous sommes prêts à riposter et nous sommes prêts à défendre nos intérêts et nos alliés dans la région », a-t-il martelé, précisant que M. Trump déciderait de la suite à donner « dans les prochains jours ».
Lundi, l’Arabie saoudite avait affirmé, sans fournir de preuve, que les armes utilisées étaient iraniennes. Toutefois, hier soir, le ministre saoudien de l’Énergie a déclaré lors d’une conférence de presse qu’« on ne sait pas qui est derrière l’attaque » contre les installations pétrolières.
Appels à une désescalade
Parlant devant des étudiants à Téhéran, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a, pour sa part, exclu toute négociation directe avec les États-Unis dans les conditions actuelles. « Si les États-Unis (...) se repentent de s’être retirés » en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien et qu’ils décident d’y revenir, « alors ils pourront participer aux discussions entre l’Iran et les autres membres » parties à cet accord, a-t-il déclaré. « Sinon, aucune négociation n’aura lieu entre la République islamique et des responsables américains à quelque niveau » que ce soit, a ajouté le numéro un iranien selon un extrait de son discours diffusé par la télévision d’État iranienne.
Par ailleurs, le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne, s’est rendu lundi en Arabie saoudite où il a rencontré le prince héritier Mohammad ben Salmane lors d’une visite prévue avant les attaques qui ont visé les installations pétrolières du royaume, ont indiqué hier trois sources diplomatiques. Interrogée sur l’objet de cette visite et les sujets évoqués, la présidence française s’est refusée à tout commentaire sur le déplacement du « sherpa » du chef de l’État.
En visite au Caire, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a appelé à la « désescalade ». « Jusqu’à maintenant, la France ne dispose pas de preuves permettant de dire : “ces drones sont venus de tel ou tel endroit” », a dit M. Le Drian en réponse à une question sur la possible responsabilité de l’Iran.
Un message similaire a été lancé de Pékin par Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, qui a appelé « toutes les parties concernées à s’abstenir de toute mesure qui mènerait à une escalade ». Londres et Berlin ont, de leur côté, appelé à une « réponse collective » de la communauté internationale.
Sources : agences


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