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Violences contre un artisan : prison avec sursis pour la sœur de MBS

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L'avocat de Hassa bin Salmane annonce son intention de faire appel, dénonçant une condamnation "étayée par aucune preuve concrète".

OLJ/AFP
12/09/2019

Une peine plus lourde que celle requise : la sœur du prince héritier saoudien a été condamnée jeudi à Paris, en son absence, à dix mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour des violences infligées par son personnel à un artisan dans la capitale française en 2016.

Son avocat Emmanuel Moyne a immédiatement annoncé son intention de faire appel, dénonçant une condamnation "étayée par aucune preuve concrète" et qui "repose uniquement sur les allégations infondées, voire mensongères, du plaignant qui n'est même pas venu lui-même les soutenir le jour du procès".

Visée par un mandat d'arrêt depuis décembre 2017, Hassa bint Salmane, 42 ans, n'avait pas non plus assisté au procès en juillet et n'était pas présente pour le délibéré. La princesse a été jugée début juillet au tribunal correctionnel de Paris pour avoir demandé à son agent de "protection rapprochée" de menacer, frapper et humilier le plombier auquel elle reprochait des photos volées.

La peine infligée à la sœur de l'homme fort de Riyad, Mohammad ben Salmane dit "MBS", est plus lourde que celle requise : la procureure avait demandé 6 mois avec sursis et 5.000 euros d'amende contre elle, considérant la fille du roi d'Arabie comme "l'autorité de fait dans cet appartement" de l'avenue Foch, le 26 septembre 2016, le jour où les faits se sont produits.

L'agent de "protection rapproché" et homme de confiance Rani Saïdi, seul présent à l'audience, a été condamné à 8 mois de sursis et 5.000 euros d'amende, conformément aux réquisitions. Son avocat envisage également de faire appel.



(Pour mémoire : Affaire de violences : six mois de prison requis en France contre la sœur de MBS)



"Aucun acte ordonné"
Le 26 septembre 2016, Ashraf Eid, entrepreneur en bâtiment, se trouvait au 7e étage d'une résidence de la famille royale saoudienne, sur la chic avenue Foch. Il repeignait des tables quand il a été appelé "en urgence" au 5e étage, pour réparer une vasque endommagée.

L'artisan a expliqué aux enquêteurs avoir pris avec son téléphone portable des clichés de la salle de bains où il devait intervenir: la princesse avait surgi dans la pièce, s'apercevant que le plombier avait pu "capter son reflet dans le miroir" et appelé son agent de sécurité.

A la barre, l'assistant personnel faisant office de garde du corps, avait fermement nié toute violence, en dépit de traces sur les poignets et d'ecchymoses sur le visage du plaignant, qui s'était vu prescrire une ITT (incapacité totale de travail) de 5 jours. "Quand j'ai entendu la princesse crier au secours, je suis arrivé, je les ai vus se tenir les mains, avec le portable. J'ai saisi (l'artisan), je l'ai maîtrisé", avait-il déclaré. Il avait expliqué sa vigilance face à la presse à scandale et face au risque de chantage visant la famille royale qu'il servait depuis vingt ans.

L'artisan avait au contraire décrit au juge d'instruction un quart d'heure de terreur, où la fille du roi aurait dit: "il faut tuer ce chien, il ne mérite pas de vivre".

L'agent de sécurité, qui nie, lui aurait notamment intimé l'ordre de s'agenouiller sous la menace d'une arme, les mains ligotées, pour baiser les pieds de la princesse. Le plaignant avait déclaré avoir pu quitter l'appartement au bout de plusieurs heures, sans son téléphone - qui sera détruit par un employé de la princesse.

"Pas une seule personne - sur 14 témoins - n'a vu des violences", avait tonné Me Yassine Bouzrou. La défense s'était insurgée contre une instruction "totalement à charge", pointant l'attitude ambiguë du plaignant - pas si "traumatisé" puisqu'il revient quelques jours plus tard présenter une facture de 21.000 euros. Déterminé à "démontrer l'innocence" de la princesse, Me Moyne a répété jeudi que le plaignant avait "remis volontairement son téléphone portable" et affirmé que sa cliente n'avait "assisté à aucune scène de violences ni ordonné aucun acte de violence".

L'avocat de l'artisan a quant à lui rendu hommage à son client, qui "a eu le courage de porter plainte" et "a eu raison de faire confiance à la justice". Il attend désormais la tenue d'une audience civile, fixée au 5 mars 2020, pour obtenir d'éventuels dommages et intérêts.


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