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Liban - Société

Jabak appelle les hôpitaux à ne pas signaler les cas d’overdose

À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’overdose, les ministres de la Santé et de l’Intérieur insistent sur « le droit au traitement » des consommateurs de substances psychoactives.

Au Liban, par pratique, les cas de dépendance ou d’overdose admis aux urgences d’un hôpital sont automatiquement signalés aux FSI. De ce fait, les consommateurs de substances psychoactives, principalement des jeunes, évitent souvent de rechercher une aide médicale par peur des poursuites pénales. Photo Bigstock

Une double initiative a été prise hier par les ministres de la Santé et de l’Intérieur, respectivement Jamil Jabak et Raya el-Hassan, pour protéger les consommateurs de substances psychoactives et leur permettre l’accès aux soins.

Ainsi, à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’overdose, fixée au 31 août, M. Jabak a publié hier une circulaire appelant les directions des hôpitaux et les spécialistes de la santé à ne pas alerter les Forces de sécurité intérieure (FSI) en cas d’admission dans les établissements hospitaliers d’une personne en situation d’overdose.

« Les cas de dépendance et d’overdose ne nécessitent pas le signalement des cas aux Forces de sécurité intérieure ni la prise de mesures judiciaires, et ce pour garantir le droit du patient aux soins de santé, au traitement et au respect de son intimité, mais aussi pour éviter qu’il ne fasse l’objet de stigmatisation et de discrimination », a précisé M. Jabak dans la circulaire.Dans ce même cadre, Mme Hassan a de son côté adressé une lettre à la direction générale des FSI l’invitant à communiquer la circulaire du ministère de la Santé aux agents concernés des FSI.

La démarche officielle est d’autant plus importante qu’au Liban, « les cas de dépendance ou d’overdose admis aux urgences d’un hôpital sont automatiquement signalés aux FSI », a précisé un communiqué du ministère de la Santé, qui note aussi que les FSI « demandent aux hôpitaux de ne signaler de tels cas que dans certaines régions ».

« Toutefois, ajoute le document, cette pratique a pour conséquence que de nombreux consommateurs de substances psychoactives, principalement des jeunes, par peur des poursuites pénales, évitent de rechercher une aide médicale. Ce qui augmente considérablement les décès par overdose et compromet la santé physique et mentale des consommateurs de substances psychoactives. »


(Lire aussi : Skoun, 15 ans au service du traitement des toxicomanes)


Dépénaliser la toxicomanie

Selon les lois en vigueur, « les poursuites pénales sont suspendues à l’encontre d’une personne toxicomane si elle réclame son droit au traitement et cherche une aide médicale », explique à L’Orient-Le Jour Nayla Geagea, avocate et coordinatrice des affaires légales et des droits de l’homme au Programme de santé mentale du ministère de la Santé. Elle souligne qu’en 2018, le magistrat Samir Hammoud, alors procureur général près la Cour de cassation, a lui aussi émis une circulaire interdisant l’arrestation de tout toxicomane qui réclame son droit au traitement.

« Il existe certes des lacunes dans les lois en vigueur que nous essayons de combler à travers des propositions qui sont actuellement à l’étude au Parlement, révèle Me Geagea. En attendant ce chantier de réformes législatives, il est possible d’opérer des changements drastiques au niveau des pratiques en cours. Notre objectif, au Programme de santé mentale, est d’arriver à la dépénalisation de la consommation des substances psyhoactives, comme cela est le cas dans de nombreux pays. Ainsi, au Portugal, les lois promulguées en ce sens ont contribué à une baisse drastique du taux de dépendance, de toxicomanie, d’overdose et par conséquent de décès. Ces lois contribuent aussi à lutter contre toute forme de discrimination et de stigmatisation à l’encontre des consommateurs de substances psychoactives. » Et d’insister : « Nous disposons d’un cadre légal assez flexible pour permettre à ces personnes de rechercher une aide médicale. »

Dans le communiqué, le ministère de la Santé a noté que la circulaire émise par M. Jabak s’inscrit dans le cadre de « l’application de la stratégie commune mise au point en 2016 par les ministères de la Santé, des Affaires sociales, de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, de l’Intérieur et des Municipalités, ainsi que de la Justice, pour remédier aux causes de la toxicomanie en luttant contre l’offre et la demande, en favorisant la prévention, le traitement, la réhabilitation, la réinsertion sociale et en limitant les risques ».



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Une double initiative a été prise hier par les ministres de la Santé et de l’Intérieur, respectivement Jamil Jabak et Raya el-Hassan, pour protéger les consommateurs de substances psychoactives et leur permettre l’accès aux soins. Ainsi, à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’overdose, fixée au 31 août, M. Jabak a publié hier une circulaire appelant les directions des hôpitaux et les spécialistes de la santé à ne pas alerter les Forces de sécurité intérieure (FSI) en cas d’admission dans les établissements hospitaliers d’une personne en situation d’overdose. « Les cas de dépendance et d’overdose ne nécessitent pas le signalement des cas aux Forces de sécurité intérieure ni la prise de mesures judiciaires, et ce pour garantir le droit du patient aux soins de santé,...
commentaires (2)

UN BON PAS DANS LA JUSTE DIRECTION.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 57, le 04 septembre 2019

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Commentaires (2)

  • UN BON PAS DANS LA JUSTE DIRECTION.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 57, le 04 septembre 2019

  • On peut aussi avoir une addiction à l'argent (au gain,vol, etc) et cela crée un probleme majeur dans notre societe.

    Eddy

    09 h 38, le 04 septembre 2019

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