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Moyen Orient et Monde - Féminicides

Plus de 100 femmes tuées depuis début 2019 : la France lance une vaste table ronde

Le gouvernement français organisait hier un « Grenelle » sur les violences conjugales, avec quelque 80 invités : responsables associatifs, acteurs de terrain, policiers, gendarmes, magistrats ou avocats et plus de 10 membres du gouvernement. AFP/Eric Feferberg

Plus de 100 femmes tuées depuis le début de l’année : la France, un des pays européens les plus touchés par les « féminicides » (meurtres de femmes) liés à des violences conjugales, a lancé hier une vaste table ronde sur le sujet dont les associations espèrent qu’elle débouchera sur un plan de lutte global.

« L’urgence », titrait hier le quotidien Libération, tandis que le décompte macabre continuait d’être égrené. Samedi, le cap des cent femmes tuées depuis le début de l’année sous les coups de leur compagnon était franchi. Et dimanche, une nonagénaire devenait la 101e victime. Son mari de 94 ans est soupçonné de l’avoir rouée de coups de canne.

Pour l’année 2018, les autorités avaient recensé 121 « féminicides » liés à des violences conjugales. En Europe, la France compte parmi les pays avec le plus fort taux de femmes tuées par leur compagnon, avec 0,18 victime pour 100 000 femmes, selon les derniers chiffres connus d’Eurostat, datant de 2017. C’est plus que la Suisse (0,13), l’Italie (0,11) et l’Espagne (0,12) mais moins que l’Allemagne (0,23).

Signe de l’ampleur inédite que le sujet occupe aujourd’hui dans la société française, la quasi-totalité de la presse faisait hier sa une sur les « féminicides », du quotidien catholique La Croix, qui titre « Il est temps d’agir » au communiste L’Humanité qui avertit : « L’inaction tue ».

Face à cette prise de conscience, le gouvernement français organisait hier un « Grenelle » sur les violences conjugales, en référence à la rue de Grenelle, à Paris, où s’étaient déroulées de vastes négociations salariales lors du mouvement de mai 1968. Quelque 80 invités faisaient partie de cette table ronde : responsables associatifs, acteurs de terrain, policiers, gendarmes, magistrats ou avocats, plus de 10 membres du gouvernement dont Marlène Schiappa (Égalité femmes-hommes), Nicole Belloubet (Justice) et Christophe Castaner (Intérieur).

Le gouvernement va « généraliser la possibilité de porter plainte à l’hôpital » pour les victimes de violences conjugales, a annoncé hier le Premier ministre Édouard Philippe en ouvrant à Matignon le « Grenelle » consacré à ce fléau. « Quand une femme se rend aux urgences pour coups et blessures, c’est déjà suffisamment pénible. Si elle doit retourner chez elle avant de porter plainte, elle retrouvera son conjoint qui risque de la menacer », a fait valoir le chef du gouvernement. La possibilité de porter plainte à l’hôpital sera généralisée « à partir du 25 novembre », date de la fin de ce Grenelle, a-t-il précisé.

Confiantes mais vigilantes

Les associations féministes mobilisées sur le sujet souhaitent que l’événement débouche sur un plan doté d’« au moins » 500 millions, voire un milliard d’euros, loin des 79 millions d’euros de crédits spécifiquement alloués à cette lutte, selon une étude menée par cinq organisations.

Mme Schiappa, de son côté, a annoncé la semaine dernière la création d’un « fonds spécial » contre les « féminicides » d’un million d’euros à destination d’« associations de terrain », un chiffre jugé très insuffisant par les associations.

« Ce qu’on attend, ce sont des résultats », a martelé lundi Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes. Les militantes demandent notamment la création, avant la fin de l’année, d’au moins 2 000 places d’hébergement supplémentaires pour les femmes ayant fui le domicile conjugal.

Elles préconisent également de mieux former les policiers et gendarmes appelés à recueillir les plaintes des femmes victimes, afin d’éviter que celles-ci se voient éconduire ou répondre que porter plainte « ne sert à rien ».

« Confiantes » avant ce Grenelle, les associations se veulent néanmoins également « vigilantes », notamment face au risque que l’événement se résume à une « opération de communication de la part du gouvernement ». « On ne veut pas un Grenelle des fake news (...) On souhaite que ce qui va être annoncé soit budgété, soit concrètement réalisé. L’attente est énorme. Les 100 femmes qui ont été assassinées (depuis le début de l’année) nous obligent », a souligné Mme Mailfert.

Les conclusions de la concertation doivent être annoncées le 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Source : AFP

Plus de 100 femmes tuées depuis le début de l’année : la France, un des pays européens les plus touchés par les « féminicides » (meurtres de femmes) liés à des violences conjugales, a lancé hier une vaste table ronde sur le sujet dont les associations espèrent qu’elle débouchera sur un plan de lutte global.« L’urgence », titrait hier le quotidien Libération, tandis que le décompte macabre continuait d’être égrené. Samedi, le cap des cent femmes tuées depuis le début de l’année sous les coups de leur compagnon était franchi. Et dimanche, une nonagénaire devenait la 101e victime. Son mari de 94 ans est soupçonné de l’avoir rouée de coups de canne.Pour l’année 2018, les autorités avaient recensé 121 « féminicides » liés à des violences conjugales. En...
commentaires (2)

Il ya quelque jours c'était l'autorité palestinienne et aujourd'hui c'est la France. Au liban ce n'était qu'il ya quelques semaines... Feminicide ou autre appellation on doit tous s'y opposé et résoudre ce problème.

Wlek Sanferlou

17 h 06, le 04 septembre 2019

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Commentaires (2)

  • Il ya quelque jours c'était l'autorité palestinienne et aujourd'hui c'est la France. Au liban ce n'était qu'il ya quelques semaines... Feminicide ou autre appellation on doit tous s'y opposé et résoudre ce problème.

    Wlek Sanferlou

    17 h 06, le 04 septembre 2019

  • Le terme "féminicide" constitue un abus (parfaitement conscient et voulu) de langage. En effet, il laisse entendre que des femmes sont assassinées à cause de leur féminité, comme s'il existait une volonté des hommes d'exterminer les femmes. En réalité, si Jean tue Marguerite, c'est Marguerite, et non pas LA FEMME qui est visée. Si les violences conjugales sont plus souvent le fait des hommes, c'est que ceux-ci sont généralement plus forts physiquement, et que la nature, les hormones ou Dieu sait quoi, les a pourvus de pulsions violentes plus fréquemment que les femmes. Par contre, celles-ci ne se privent pas pour autant d'assassiner leurs conjoints, mais elles le font d'une autre façon, soit en les empoisonnant, soit en les faisant tuer par leur amant. Ceci dit, il est bien évident qu'il faut lutter contre les violences domestiques, mais il n'est pas nécessaire d'assortir ce combat d'un contenu idéologique.

    Yves Prevost

    07 h 44, le 04 septembre 2019

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