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Nos lecteurs ont la parole - Sylvio Le Blanc

La solution pour « BoJo » : la prorogation

Le 4 décembre 2008, craignant d’être renversé par les trois partis de l’opposition à Ottawa, le Premier ministre et chef du Parti conservateur, Stephen Harper, demanda à la représentante de la couronne britannique au Canada, la gouverneure générale Michaëlle Jean, de proroger la session parlementaire, ce qui fut accordé. Aussitôt, les travaux cessèrent et le Parlement ferma jusqu’au 26 janvier 2009.

Si le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, veut accroître ses chances de signer un nouvel accord de Brexit avec l’Union européenne (UE), il devrait faire comme Harper et proroger la prochaine session parlementaire – qui doit débuter le 3 septembre –, et ce jusqu’au 31 octobre, soit la date de sortie prévue du Royaume-Uni de l’UE. S’il ne ferme pas le Parlement, l’UE sera réticente à négocier, parce qu’elle misera sur un renversement du gouvernement conservateur, qui ne dispose plus que d’une majorité d’une voix. Le cas échéant, l’opposition pourrait alors reporter la date de sortie, tenir de nouvelles élections ou, même, un nouveau référendum.

Mais si Boris Johnson ferme le Parlement, l’UE n’aura plus devant elle que deux options : soit elle rouvre l’accord conclu avec Theresa May, soit elle encaisse un Brexit sans accord. Si Johnson obtient à l’arraché un nouvel accord qu’il croit pouvoir faire adopter par une majorité de députés, il pourra convoquer ces derniers à la date ultime, le 31 octobre, pour se prononcer.

Quel motif exceptionnel « BoJo » pourrait-il invoquer pour fermer le Parlement ? Il pourrait arguer que la volonté du peuple britannique exprimée le 23 juin 2016 en faveur du Brexit risque grandement de ne pas être respectée si le Parlement reste ouvert.

Si le Brexit passe finalement, le Royaume-Uni entamera le vendredi 1er novembre une période difficile, économiquement parlant. L’opposition laissera le gouvernement Johnson s’enliser, ce qui lui donnera un coup de pouce aux prochaines élections. Cette période profitera aussi à l’Écosse, qui tiendra un nouveau référendum sur l’indépendance.

Montréal-Québec

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Le 4 décembre 2008, craignant d’être renversé par les trois partis de l’opposition à Ottawa, le Premier ministre et chef du Parti conservateur, Stephen Harper, demanda à la représentante de la couronne britannique au Canada, la gouverneure générale Michaëlle Jean, de proroger la session parlementaire, ce qui fut accordé. Aussitôt, les travaux cessèrent et le Parlement ferma jusqu’au 26 janvier 2009. Si le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, veut accroître ses chances de signer un nouvel accord de Brexit avec l’Union européenne (UE), il devrait faire comme Harper et proroger la prochaine session parlementaire – qui doit débuter le 3 septembre –, et ce jusqu’au 31 octobre, soit la date de sortie prévue du Royaume-Uni de l’UE. S’il ne ferme pas le Parlement, l’UE sera réticente à...
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