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Conjoncture

Goldman Sachs refroidie par l’épisode de Qabr Chmoun

Le rapport de la banque d’investissement américaine a été publié avant la réunion de vendredi dernier.

Vue aérienne de Beyrouth. Selon Goldman Sachs, le climat « d’incertitude » provoqué par les dernières tensions « pourrait altérer la confiance » des investisseurs. Jamal Saidi/Reuters

Les récentes tensions survenues dans le sillage de l’incident de Qabr Chmoun (caza de Aley) fin juin, au cours duquel deux partisans du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib ont trouvé la mort, ont semé le doute auprès de Goldman Sachs (GS) sur la capacité des dirigeants libanais à mettre en œuvre les réformes économiques et financières prévues.

C’est ce qui ressort d’un rapport publié par la banque d’investissement américaine et relayé hier par le Lebanon Weekly Monitor de Bank Audi. Le document a été publié avant la réunion de vendredi dernier au cours de laquelle la crise a été désamorcée. Le Conseil des ministres s’était réuni le lendemain pour la première fois depuis le 30 juin. Dans la foulée, le Premier ministre Saad Hariri avait également annoncé une série d’engagements pris par les participants lors de cette réunion pour rassurer les soutiens du pays, notamment ceux présents lors de la Conférence de Paris d’avril 2018, comme les agences de notation financière – Fitch et Standard & Poor’s doivent bientôt mettre à jour leurs évaluations respectives de la notation souveraine du pays. La bonne exécution du budget de 2019 (voté le 19 juillet au Parlement avec plus de sept mois de retard), l’adoption de la loi de finances de 2020 dans les délais constitutionnels ou la mise en œuvre du plan pour la réforme de l’électricité adopté en avril dernier par le Conseil des ministres figurent parmi les engagements formulés.



Climat d’incertitude
Selon Goldman Sachs, le climat « d’incertitude » provoqué par ces tensions « pourrait altérer la confiance » des investisseurs vis-à-vis des « perspectives économiques du pays à court terme » et « réduire la probabilité de succès de la dernière salve d’opérations financières lancées par la Banque du Liban afin de stimuler les flux de dépôts dans le secteur bancaire ».

Le lancement de cette nouvelle série d’opérations – « la quatrième depuis 2016 » – a été confirmée par le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, courant juillet. Elle doit permettre aux banques d’offrir des rendements gravitant « autour de 14 % » aux clients effectuant d’importants dépôts « frais » en dollars, a rappelé Bank Audi. Goldman Sachs considère toutefois que ces opérations constituent « au mieux une solution provisoire », même en cas de succès, alors que le déficit de la balance courante du pays s’élève à « 20 % du PIB ».

La banque d’investissement américaine a également abaissé sa prévision de croissance pour le Liban cette année, de 2,2 à 1 %, en se basant en partie sur les propos du gouverneur fin juin, qui avait indiqué que la croissance du PIB libanais avait été de 0 % au premier semestre. GS juge que la recrudescence des tensions politiques va affecter la croissance pendant les trois prochaines années, et table en conséquence sur un taux moyen de +1 % contre 2,9 % auparavant. Le Liban a affiché une croissance de 0,2 % en 2018.


Pour mémoire
Goldman Sachs s’interroge sur la pérennité du système financier libanais



Les récentes tensions survenues dans le sillage de l’incident de Qabr Chmoun (caza de Aley) fin juin, au cours duquel deux partisans du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib ont trouvé la mort, ont semé le doute auprès de Goldman Sachs (GS) sur la capacité des dirigeants libanais à mettre en œuvre les réformes économiques et financières prévues....

commentaires (2)

Nous sommes tous refroidis, voire congelés, et bien avant GS. Et pourtant, on voudrait encore y croire.

PPZZ58

16 h 29, le 15 août 2019

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Commentaires (2)

  • Nous sommes tous refroidis, voire congelés, et bien avant GS. Et pourtant, on voudrait encore y croire.

    PPZZ58

    16 h 29, le 15 août 2019

  • CE QUE LES COMPORTEMENTS IRRESPONSABLES CAUSENT DU MAL AU PAYS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 39, le 15 août 2019