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Économie

Le magazine « VSD » du Franco-Libanais Georges Ghosn placé en redressement judiciaire

Presse
OLJ
14/08/2019

Le magazine français VSD a été placé en redressement judiciaire un an seulement après son rachat par le patron de presse franco-libanais Georges Ghosn, selon une décision du tribunal de commerce de Paris datant du 5 août et consultée lundi par l’AFP. Le numéro d’août devrait paraître malgré un différend avec l’imprimeur, avant un numéro spécial consacré à la chirurgie esthétique, a tout de même indiqué M. Ghosn, qui accuse l’ancien propriétaire Prisma d’être à l’origine des déboires du journal.

Conflit avec le groupe Prisma

L’ancien patron du quotidien France-Soir est, en effet, en conflit avec le groupe Prisma qui lui a cédé le magazine en juin 2018. L’entrepreneur a reçu près de deux millions d’euros pour éponger des dettes et financer le départ de salariés dans le cadre d’une clause de cession. Mais pour Georges Ghosn, il y a eu « beaucoup d’irrégularités » dans la cession, et il menace le groupe Prisma d’une action judiciaire.

La cession de VSD à sa société suisse Ghosn Capital avait été bouclée un an auparavant dans un climat très tendu, les salariés de l’hebdomadaire qualifiant ce projet de cession de « plan social déguisé » et son repreneur de « fossoyeur ». Fin 2018, Georges Ghosn avait lancé une nouvelle formule, mensuelle et non plus hebdomadaire, avec une pagination et un prix augmentés. Depuis, la quasi-totalité de l’ancienne équipe a toutefois préféré faire valoir sa clause de cession pour quitter le titre.

Lancé en 1977, VSD (initiales de vendredi, samedi, dimanche) se vendait à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires dans les années 1980. Le magazine, déjà placé en redressement en 1995, avait été racheté par Prisma Media, filiale du groupe allemand Bertelsmann et éditrice de nombreux magazines, comme Femme actuelle, Gala ou Geo, qui l’a tenu à bout de bras pendant des années. La formule de Georges Ghosn en 2018, prônant un retour au « vrai journalisme » avec de nouvelles rubriques, tout en gardant « l’ADN » de VSD (people, sports extrêmes, photojournalisme...), n’aura pas suffi à sauver le journal.

Né d’un père libanais, lui aussi grande figure de la presse, qui possédait et dirigeait le journal arabophone ad-Diyar, le fils Ghosn avait vite préféré au métier de rédacteur en chef celui d’éditeur. Il s’était alors spécialisé dans le rachat de journaux en difficulté. Vétéran de la presse française, Georges Ghosn a été propriétaire de plusieurs journaux économiques (La Tribune, l’Agefi, le Nouvel économiste...), et s’était même emparé du défunt journal France-Soir en 1999, avant de le revendre un an plus tard.

Il y a deux ans, son dossier à une prise de participation au capital du quotidien régional avait été écarté. Un journal où un autre Franco-Libanais se distingue également : le milliardaire Iskandar Safa, propriétaire des journaux Valeurs actuelles et Mieux vivre votre argent, avait été élu comme favori des salariés actionnaires pour le récent rachat de Nice-Matin. Moins apprécié des journalistes, il avait fini par retirer son offre de rachat du journal le 29 juillet dernier.

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