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Arabie saoudite

Le transport, l'autre grand défi du pèlerinage à La Mecque

Sur les 2,49 millions de pèlerins qui effectuent le hajj cette année, l'écrasante majorité arrive par les airs et quelques milliers seulement par voie maritime ou terrestre.


Des pélerins musulmans arrivant à Mina, sur le pont Jamarat, près de La Mecque, le 11 août 2019. Photo AFP / FETHI BELAID

Le grand pèlerinage musulman à La Mecque constitue un défi pour l'Arabie saoudite qui doit gérer des flux de fidèles en un laps de temps très court.

"Nous avons atteint cette année près de 2,5 millions de pèlerins. Transporter tous ces pèlerins est un défi", explique le ministre saoudien des Transports Nabil al-Amoudi dans un entretien à l'AFP. Selon lui, "7.400 avions transportant des pèlerins sont arrivés cette année via les aéroports de Djeddah et Médine" et "plus de 18.000 bus ont été mobilisés" pour le hajj, l'un des cinq piliers de l'islam que tout musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

Considéré comme l'un des plus grands rassemblements au monde, le hajj est un ensemble de rites codifiés et inchangés depuis quatorze siècles qui se déroulent, cinq jours durant, entre la ville sainte de La Mecque et des vallées et collines environnantes, dans l'ouest du royaume. Un métro reliant trois étapes du hajj doit transporter cette année "360.000" fidèles, un "record" selon le ministre saoudien. Cette ligne inaugurée en 2010 a la particularité de ne fonctionner que cinq jours par an.



(Lire aussi : La Mecque, ville sainte et temple de la consommation)



Sur les 2,49 millions de pèlerins qui effectuent le hajj cette année (du 9 au 14 août), l'écrasante majorité arrive par les airs et quelques milliers seulement par voie maritime ou terrestre.

Même si cette étape n'est pas obligatoire, de nombreux pèlerins se rendent également à Médine, l'autre ville sainte de l'islam en Arabie saoudite. Fin septembre, un train à grande vitesse reliant La Mecque à Médine en 2h30 contre 5 heures auparavant a été inauguré. Pour le hajj en cours, ce TGV, baptisé Haramain, transportera pour la première fois des pèlerins, "entre 20.000 et 30.000", avant d'augmenter progressivement ce nombre dès l'année suivante, précise M. Amoudi.


(Lire aussi : Orages et ferveur sur le mont Arafat, temps fort du hajj)



Bus pollueurs
Les pèlerins arrivant par les airs a atterrissent aux aéroports de Médine ou Djeddah, près de La Mecque, les voyageurs disposant d'un visa "pèlerinage" n'étant pas autorisés à pénétrer en Arabie saoudite via un autre aéroport.

A Djeddah, un aéroport flambant neuf est en phase de test, et une station TGV y sera ouverte "fin octobre", indique le ministre.

Sur les sites autour de La Mecque, le transport durant le hajj reste toutefois chaotique. Des milliers de bus, fortement émetteurs de CO2, forment à toute heure d'interminables bouchons: parcourir une dizaine de kilomètres prend une demi-journée, voire plus. L'air est irrespirable, notamment aux abord du mont Arafat, une des principales étapes du hajj, et de nombreux pèlerins portent des masques chirurgicaux pour ne pas respirer les gaz d'échappement. "Sur la pollution générée par les bus, nous réfléchissons à un moyen de réduire les émissions (...) c'est un grand défi", reconnait le ministre saoudien, sans autre précision.

Garantir la sécurité des fidèles est l'autre grand défi. En 2015, quelque 2.300 pèlerins ont péri dans une gigantesque bousculade, la pire tragédie de l'histoire du hajj. D'autres bousculades meurtrières ont par le passé endeuillé le grand pèlerinage annuel des musulmans.

Le royaume espère accueillir 30 millions de pèlerins par an d'ici 2030 pour le hajj et pour le petit pèlerinage (omra), qui peut avoir lieu à tout moment de l'année.

Ce tourisme religieux draine des milliards d'euros chaque année. Le royaume riche en pétrole cherche à diversifier son économie en misant notamment sur le tourisme autour des lieux saints.



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