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« Étudier et devenir entrepreneur, c’est possible ! »

TÉMOIGNAGE

Au terme de sa dernière année d’études, Mohammad Fakhreddine est récompensé, par l’Université de Balamand, pour son parcours d’étudiant exemplaire.

Carole AWIT | OLJ
03/08/2019

À tout juste 23 ans, Mohammad avance dans la vie avec détermination, en sachant où il veut aller et quel sens il veut donner à son existence. Si, enfant, il rêvait d’être pilote, le jeune Libanais, qui a grandi au Koweït, s’est par la suite trouvé d’autres passions. « Doté d’une grande curiosité et d’une soif de découverte, confie-t-il, j’ai passé d’innombrables heures à regarder le programme How it’s made sur Discovery Channel, et j’ai naturellement opté pour les études de génie chimique qui touchent à différents domaines et qui permettent au concepteur d’être au service de la société. »

Aimant relever les défis et soucieux d’aider les plus démunis, l’étudiant, alors inscrit en 5e année de génie chimique à l’Université de Balamand (UOB), initie en 2018, avec deux amis, Ramzi Bou Khalil et Maher Madi, une start-up destinée à la fabrication et la commercialisation d’un filtre mécanique et chimique qui, placé sur le goulot d’une bouteille, permet de filtrer et désinfecter l’eau afin de la rendre parfaitement potable. Le projet du groupe d’étudiants, intitulé Clean2O, leur permet de remporter, en février 2018, le concours interuniversitaire Startup Weekend North, en novembre 2018 le prix de la Fondation Inas Abou Ayyash (IAAF) à l’UOB et, en juin 2018, le second prix du Forum des entrepreneurs de Tripoli.


Se mettre au service de la société

Malgré son jeune âge et des études plutôt exigeantes, Mohammad devient le PDG de Clean2O et redouble d’efforts, au quotidien, pour faire décoller sa start-up. « Initier une start-up en étant étudiant, c’est possible, indique-t-il, mais cela demande de la détermination, du sérieux et implique d’accepter d’avoir une grosse charge de travail. » Alors que le jeune homme vit et étudie au Liban-Nord, il doit se rendre très régulièrement à Beyrouth pour son travail et, de ce fait, organiser et optimiser son emploi de temps. « J’ai dû m’investir à fond, lance-t-il, et cela ne m’a pas empêché d’obtenir mon diplôme et de réussir à développer, en même temps, Clean2O. Maintenant que je n’ai plus de cours, je peux me consacrer entièrement à ma start-up. »

Le parcours brillant et inspirant de Mohammad Fakhreddine lui permet d’obtenir, en mai 2019, le titre d’« Étudiant exemplaire » décerné par l’UOB, lors d’une cérémonie organisée par l’université qui a souhaité reconnaître et récompenser ses efforts. « Dans la vie, il faut oser prendre des risques. Nous vivons dans une société qui méprise l’échec, or celui-ci nous rend performants et plus forts. De même, il ne faut jamais cesser de vouloir apprendre des choses nouvelles, car c’est cela qui nous permet d’évoluer », commente Mohammad. Fraîchement diplômé en génie chimique de l’UOB, le jeune homme altruiste qui s’est engagé, par le passé, dans des actions bénévoles, travaille sans relâche pour concrétiser son rêve : rendre l’eau potable accessible à tous. Clean2O a commencé à fabriquer et à fournir des filtres aux réfugiés et aux personnes les plus démunies, notamment celles sans domicile fixe. « Cet objet pratique est également destiné aux randonneurs, aux campeurs et aux aventuriers qui pourront rester hydratés sans avoir à transporter avec eux des litres d’eau », poursuit le jeune entrepreneur.

Cette année, Mohammad a voyagé, notamment en Suisse et en Jordanie, pour parler de Clean2O. En plus de travailler dans sa start-up, il se charge de former des personnes à l’entrepreneuriat dans le cadre du programme Badael, dont l’objectif principal est de renforcer les capacités des individus et des communautés vulnérables face au chômage croissant et aux inégalités socio-économiques au Liban.

Malgré des journées chargées, le jeune homme trouve le temps de s’adonner à deux de ses grandes passions : la lecture et la musique qu’il joue dans le groupe local Sane Sirens. Heureux de vivre au Liban après avoir passé la plus grande partie de son existence à l’étranger, Mohammad Fakhreddine ne compte pas quitter le pays du Cèdre de sitôt, plus persuadé que jamais que la jeunesse libanaise a un rôle à jouer dans le développement de celui-ci.


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