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Culture

On a marché sur la Lune en chansons

Sélection « Une fusée pleine de tendresse vers la Lune » était le titre sulfureux d’un roman controversé de Leila Baalbacki. Elle ne croyait pas si bien dire tant la lune et le cœur des hommes ont une corrélation mystérieuse. Bien avant elle, la musique s’est emparée du sujet et la voix humaine l’a chanté en mille cadences et rythmes. En ce jour du 50e anniversaire du premier pas sur la Lune, voici huit titres qui se rapportent, de près ou de loin, à l’astre de la nuit.
Par Edgar DAVIDIAN, Maya GHANDOUR HERT, COLETTE KHALAF et GILLES KHOURY
20/07/2019

Harvest Moon / Neil Young



D’emblée, on pourrait penser qu’en sortant le titre Harvest Moon, en 1992, Neil Young faisait un clin d’œil nostalgique à son album Harvest publié vingt ans plus tôt. Erreur, c’est pour la fascination que la Lune exerce sur lui que le chanteur, dont 28 des titres recèlent le terme moon, a choisi d’appeler cette chanson de la sorte. il a avoué non seulement qu’il « préfère prendre un projet lorsque celui-ci coïncide avec la pleine lune », mais, plus encore, que « la Lune est (s)a seule religion ». Harvest Moon, sur laquelle on retrouve tous les ingrédients du tendre rock de Neil Young, s’adresse à sa femme Pegi Young. C’est d’ailleurs en sa compagnie qu’on le voit, dans le clip vidéo de la chanson, dansant dans un bar alors qu’il lui fredonne les paroles de ce refrain qui continue de nous hérisser les poils : « Because I’m still in love with you/I want to see you dance again... »





Fly Me to the Moon / Frank Sinatra



Écrite par Bart Howard en 1954, Fly Me to the Moon, dont le titre exprime le désir de s’évader sentimentalement à la zone bleu argent du croissant, est ce tube de 1964 qui s’est hissé au plus profond de l’aventure américaine d’« on a marché sur la Lune ». Une chanson qui avait déjà été enregistrée plus d’une centaine de fois avec des éclats différents (de bossa nova entre autres) et reprise par la suite (entre autres aussi) par Diana Krall, Julie London, Tony Bennett… Mais la version du crooner Frank Sinatra avec Count Basie lui donne une aura d’immortalité et d’universalité sur un air de jazz. Les astronautes d’Apollo 10 auraient fait jouer cet enregistrement sur leur fusée. Fly Me to the Moon aurait également été jouée sur la Lune elle-même par l’astronaute Buzz Aldrin lors de la mission Apollo 11 en juillet 1969.





Au clair de la lune / Anonyme



Qui n’a jamais chanté à son enfant cette comptine avant de dormir ? Mais qui par ailleurs a retenu tous les couplets ? Comme pour beaucoup de classiques des chansons pour enfants, l’origine d’Au clair de la lune est assez difficile à situer. Elle figure en effet parmi les chansons du XVIIIe siècle aux auteurs inconnus. Très populaire à cette époque, il semblerait néanmoins que sa première apparition remonte au XVIe siècle où les paroles ont été retrouvées dans un recueil de chansons. La mélodie pourtant n’est plus aux adresses anonymes puisqu’on sait qu’elle est attribuée à Jean-Baptiste Lully, célèbre compositeur de XVIIe. Cette chanson aux paroles un peu naïves cacherait pourtant un sens à caractère grivois. À vous d’essayer de les trouver.





Space Oddity / David Bowie



Ce single de Bowie et premier d’une série avec comme thématique l’espace sort en 1969. La même date des premiers pas sur la Lune. La retransmission télévisée des images de l’alunissage d’Apollo 11 sera faite avec cette chanson pour fond sonore. Space Oddity, qui constitue le premier succès de Bowie auprès du grand public, raconte l’histoire d’un jeune astronaute, le major Tom, sous la forme d’un dialogue entre le contrôle au sol et l’astronaute. Après un décollage réussi, ce dernier semble faire face à un problème technique. Très vite, il se résout à son sort, celui d’errer dans l’espace, à bord de son vaisseau, vers une fin certaine. Cette « bizarrerie de l’espace » (traduction du mot oddity) renvoie au film de Stanley Kubrick 2001: A Space Odyssey, sorti l’année d’avant.






Les nuits de la pleine lune / Elli & Jacno



En 1984, Éric Rohmer sortait de sa boîte à trésors Les nuits de la pleine lune, quatrième volet de sa série « Comédies et proverbes ». La bande-son éponyme du film, écrite et composée par Elli et Jacno, évolue dans une relative obscurité « et mon corps arraché/à mon corps attaché », qui fait écho à l’ambivalence de Louise, la protagoniste qui ne cesse de répéter : « Je ne peux aimer quelqu’un que si je pense de temps en temps à lui, de loin. » Sur ce morceau, la mélodie lancine donc comme un adieu que l’on ne se décide pas à formuler. La voix d’Elli, mélancolique, joue avec celle de Jacno, qui dévoile ici son timbre lunaire et subversif. Le titre, étrange et en marge des productions du duo qui dessinait à l’époque les contours de son univers synthétique et coloré, résonne encore aujourd’hui comme un ovni à la fois dans la discographie d’Elli et Jacno, mais aussi, et surtout, au rayon des bandes-sons de cinéma.





Walking on the Moon / The Police



En pleine vague New Wave, le trio The Police, composé de Sting (basse/chant/composition), d’Andy Summers (guitare) et de Stewart Copeland (batterie), mélange vers la fin des années 70 plusieurs cultures musicales. L’influence de la musique reggae est évidente dans Walking on the Moon, morceau planant, au rythme saccadé et à la ligne de basse obsédante. Sting a raconté dans une interview qu’il l’a composée en pleine nuit dans une chambre d’hôtel à Munich, en Allemagne, en 1979. Pour les paroles, il avait d’abord pensé écrire « Walking round the room » (« marcher dans la pièce »), puis a finalement choisi Walking on the Moon (« marcher sur la lune »), inspiré par l’astronaute Neil Armstrong. Malgré son clip tourné au Centre spatial Kennedy aux États-Unis et ses paroles, la chanson n’a aucun lien avec la lune. D’après Sting, ce serait une métaphore sur l’amour. Ah, l’amour…





Moon River / Audrey Hepburn



Moon River est une chanson écrite par Johnny Mercer et composée par Henry Mancini et originellement interprétée par l’inégalable Audrey Hepburn dans le film de Blake Edwards Breakfast at Tiffany’s, sorti en 1961. La croqueuse de diamants Holly Golightly fredonne, guitare à la main, une ballade composée de dix phrases simples, à la mélodie entêtante et enchanteresse, qui n’a rien à voir avec la lune, sauf pour le titre. Mais le mythe Hepburn est toujours aussi intouchable que l’astre argenté. Pour l’anecdote, sachez que c’est bien la voix de l’actrice que l’on entend et les producteurs, déçus par les fausses notes, avaient demandé que la scène soit coupée, mais c’est le réalisateur en personne qui avait insisté pour qu’elle soit gardée au montage final. L’œuvre, qui a notamment été récompensée par l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1962, a été réinterprétée par Andy Williams, Frank Sinatra, Judy Garland, Aretha Franklin… Mais celle de Holly reste astrale !





Nehna wel Qamar Jiran / Fayrouz



Nous sommes parfaitement voisins avec la Lune grâce à Fayrouz, notre ambassadrice auprès des étoiles. Nehna wel Qamar Jiran (1957), paroles et musique des frères Assi et Mansour Rahbani, est une de ces chansons mythiques qui, telle une oriflamme, n’a pas pris une seule ride tout en étant d’une désarmante simplicité, avec sa mélodie calme de berceuse ou de réveil à l’amour. Elle a été portée en 1960 comme une impalpable caresse par la voix séraphique de Fayrouz lors de son concert à Damas, à Maarad Dimachq al-Douwali. Elle a été réarrangée par Ziad Rahbani en 1995 dans un album hommage à Assi Rahbani. Une chanson propice à la rêverie, aux songes, à la poésie, à l’inspiration. Un moment de grâce pour être transporté dans un autre monde, celui qu’on ignore mais qu’on voudrait parfait et sécurisant.



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