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Moyen Orient et Monde - Tunisie

« Pas de vacance » du pouvoir après le malaise d’Essebsi

Le président tunisien Beji Caid Essebsi prenant la parole lors d’une conférence de presse au palais Carthage à Tunis, en Tunisie, le 8 novembre 2018. Zoubeir Souissi/Reuters/File photo

Il n’y a « pas de vacance » du pouvoir en Tunisie, a assuré hier la présidence, au lendemain du grave malaise du chef de l’État Béji Caïd Essebsi, qui accentue les incertitudes politiques pour cette jeune démocratie à quelques mois d’échéances électorales majeures. Le plus vieux chef d’État au monde (92 ans) après la reine d’Angleterre a été hospitalisé dans un état « critique », selon la présidence, le jour même où la capitale Tunis était le théâtre d’un double attentat-suicide revendiqué par l’organisation État islamique (EI). Un policier a été tué et huit autres personnes ont été blessées dans ces attaques ayant fait resurgir le spectre de la violence jihadiste. « Nous avons un président, il n’y a pas de vacance constitutionnelle », a affirmé Noureddine Ben Ticha, un des conseillers de M. Essebsi, sur la radio privée Express FM. « Son état de santé s’améliore », a déclaré la porte-parole de la présidence, Saïda Garrach, sur la radio publique tunisienne, en assurant que le président s’était entretenu avec le ministre de la Défense et devrait sortir « prochainement » de l’hôpital.

Des informations alarmistes avaient circulé jeudi, à la suite de l’annonce d’un « grave malaise » et de l’hospitalisation de M. Essebsi. « La situation du président est critique », mais « stable », avait ensuite indiqué un conseiller, Firas Guefrech, sur Twitter. L’inquiétude reste toutefois palpable chez certains Tunisiens.

« J’espère qu’il va revenir en bonne santé au palais (de Carthage) le plus rapidement possible, parce que son absence en cette période difficile va pousser le pays vers le chaos », a dit un quadragénaire tunisois, Ibrahim Chaouachi. Pionnière des printemps arabes de 2011, la Tunisie a poursuivi sur la voie de la démocratisation ces huit dernières années, malgré les soubresauts politiques, la morosité économique et les attaques jihadistes. Mais cette démocratie reste fragile, notamment à l’approche de rendez-vous électoraux majeurs en fin d’année : législatives puis présidentielle. Une absence prolongée du président Essebsi entraînerait une période d’incertitude. En vertu de la Constitution, il revient à la Cour constitutionnelle de constater la vacance du pouvoir et, selon sa nature, absence définitive ou temporaire du chef de l’État, de confier l’intérim au président du Parlement Mohammad Ennaceur, 85 ans, dans le premier cas ou au Premier ministre Youssef Chahed dans le second. Mais, huit ans après la révolution, les partis ne sont toujours pas parvenus à s’entendre pour mettre en place cette Courconstitutionnelle.

Amertume

Hier, le policier tué jeudi dans l’attentat sur l’avenue Bourguiba, en plein cœur de Tunis, a été enterré dans un quartier populaire en banlieue de la capitale, Sidi Hassine, en présence d’une foule venue rendre hommage au jeune homme âgé de 25 ans, selon ses collègues. « Il sera vite oublié par les autorités, et sa famille ne bénéficiera de rien, même pas de son salaire », déplorait, amer, un de ses collègues. « Même les frais de son enterrement ont été payés par une collecte » de ses amis policiers. « La plupart » des huit personnes blessées dans le double attentat sont « dans un état stable », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Sofiène Zaag, selon qui deux sont en « surveillance constante ». L’un des kamikazes a été identifié et les investigations sont en cours pour établir ses liens avec une organisation extrémiste, a-t-il ajouté, sans plus de détail. Un très important dispositif de sécurité est toujours déployé hier aux alentours du ministère de l’Intérieur, situé sur l’avenue Bourguiba.

Presque tous les commerces ont néanmoins rouvert, et des bus de touristes étaient garés sur l’avenue. « On n’a pas fermé jeudi, on n’a pas fermé quand une jeune kamikaze a déclenché sa charge presque devant le magasin l’an dernier, on ne compte pas céder », a souligné Rached Mamlouk, l’un des salariés de la librairie al-Kitab, une institution de l’avenue Bourguiba. « Les terroristes veulent nous faire peur, mais nous, on dit “non”, on travaille, on se balade, regardez les gens, ils mènent leur vie », a-t-il dit. Jeudi, le ministre du Tourisme René Trabelsi a clamé que tous les lieux touristiques restaient ouverts, se disant confiant pour la saison. « L’effet d’annonce fait mal. Mais les pays étrangers connaissent le travail exceptionnel de la Tunisie pour combattre le terrorisme. » L’enjeu est majeur pour la Tunisie : huit millions de touristes sont attendus en 2019, après des années de marasme lié à l’insécurité.

Source : AFP

Il n’y a « pas de vacance » du pouvoir en Tunisie, a assuré hier la présidence, au lendemain du grave malaise du chef de l’État Béji Caïd Essebsi, qui accentue les incertitudes politiques pour cette jeune démocratie à quelques mois d’échéances électorales majeures. Le plus vieux chef d’État au monde (92 ans) après la reine d’Angleterre a été hospitalisé dans...

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