Le président de l’ACB, Nicolas Chammas.
Alors que la commission parlementaire des Finances et du Budget n’a pas encore statué sur la disposition prévoyant une taxation temporaire de 2 % sur les importations (voir par ailleurs), les commerçants haussent la voix pour dénoncer « le tournant protectionniste du gouvernement ».
C’est dans ce contexte que le président de l’Association des commerçants de Beyrouth (ACB), Nicolas Chammas, a dénoncé mardi, lors d’une réunion « urgente » des représentants du secteur, la potentielle instauration de cette taxe sur les importations mais surtout l’intention du gouvernement d’introduire de nouvelles barrières douanières tarifaires et non tarifaires. M. Chammas a mis en garde contre l’effet inflationniste supplémentaire que pourra engendrer la mise en œuvre de nouvelles barrières douanières, ce qui ne manquerait pas d’impacter directement la consommation. « L’augmentation de ces frais de douane toucherait inévitablement tous les secteurs commerciaux et les classes sociales », a-t-il prévenu, avant d’affirmer que « ces mesures affaibliraient la consommation et la croissance sans pour autant permettre de relancer l’activité du secteur industriel ».
Le président de l’ACB a en outre dénoncé les difficultés rencontrées par les commerçants en raison de barrières non tarifaires, principalement au niveau administratif. « La certification des factures à l’étranger ; l’enregistrement des fournisseurs étrangers au Liban ; et le quitus délivré par la Caisse nationale de Sécurité sociale sont autant de formalités pouvant bloquer jusqu’à un mois l’acheminement des marchandises importées », a illustré M. Chammas.
Le président de l’ACB a également souligné l’impact de la récession économique sur le secteur commercial. « Durant les quinze derniers mois, les différents quartiers de la capitale ont vu 4 % à 13 % de l’ensemble de leurs magasins mettre la clé sous la porte à cause de la situation difficile », a affirmé M. Chammas.
Estimant que « le soutien public au secteur industriel ne devrait pas se faire sur le compte des autres secteurs et des consommateurs », Nicolas Chammas recommande au gouvernement d’envisager des pistes alternatives aux mesures protectionnistes, destinées à booster la production locale. Il suggère ainsi d’exempter les matières premières de tous frais, baisser les taxes, négocier des quotas d’exportations libanaises vers les grands pays exportateurs, profiter de la diaspora libanaise pour faciliter ces exportations.


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