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Liban

Budget : Les militaires à la retraite remettent un coup de pression

Contestation

Ils refusent la perspective de la contribution de 3 % aux frais de santé et de 3 % d’impôt sur le revenu.

20/06/2019

Les militaires retraités se sont invités, une fois de plus, dans le débat autour du budget 2019, actuellement devant la commission parlementaire des Finances et du Budget, qui a pratiquement achevé l’étude des articles législatifs du projet de loi de finances et entamé, hier soir, l’examen des budgets des institutions publiques.

Les raisons du mécontentement des militaires à la retraite sont les mêmes : ils refusent toute nouvelle contribution financière, notamment de 3 % aux frais couverture santé et une autre de 3 % d’impôt sur leur revenu, deux mesures auparavant inexistantes. Un nouveau sit-in a donc été entamé hier à 5 h du matin, au cours duquel les portes du bâtiment de la direction des recettes du ministère des Finances, rue Béchara el-Khoury à Beyrouth, ont été fermées au personnel durant toute la journée. Les manifestants se relaient sur place et seront là aujourd’hui aussi, puisqu’une escalade a été annoncée dès hier.

Dans un communiqué publié au nom des militaires retraités, le général Habib Keyrouz a déclaré que « le gouvernement demandant continuellement aux forces armées d’être en état d’alerte et en première ligne, il est de son devoir de leur accorder leurs droits, loin des conflits politiques ». Il a estimé que « la manifestation (d’hier) est un message d’avertissement à ce gouvernement qui a échoué et promeut un budget honteux ». Le général a également assuré que tous les lieux publics pourront être le théâtre de sit-in dans les jours à venir. Pour sa part, le général Georges Nader a déclaré aux médias que la direction des recettes du ministère de Finances « a été choisie pour un premier sit-in car il s’agit là d’un haut lieu de gaspillage ».

Le général à la retraite Maroun Badr, qui a participé de 6h à 18h au sit-in hier, explique à L’Orient-Le Jour pourquoi les frais supplémentaires qui seront imposés aux militaires sont inacceptables. « Les militaires et les retraités sont supposés se faire soigner gratuitement, dit-il. Leur imposer de payer 3 % de frais médicaux équivaut à retirer une moyenne de 50 000 à 150 000 livres de leurs maigres salaires. Or ils ont déjà été injustement traités dans la nouvelle échelle des salaires, qui ne leur a accordé que 35 % d’augmentation, bien moins que d’autres catégories. Cela signifie que les 3 % de frais médicaux et les 3 % d’impôt sur le revenu nous font revenir au point zéro. » Le général déplore également que « les responsables politiques fassent preuve d’entêtement et que pratiquement toutes les forces politiques, à part le Parti socialiste progressiste et le Hezbollah, se rangent derrière ces mesures ».



(Pour mémoire : Les retraités de l’armée adressent aux députés une note sur leurs revendications)



Roukoz contre « l’injustice »
Le député Chamel Roukoz, lui-même général à la retraite, affirme pour sa part à L’OLJ que « les craintes des militaires retraités sont fondées », soulignant que « tous les articles relatifs aux droits des militaires seront probablement discutés au Parlement la semaine prochaine ». « Ces fardeaux financiers supplémentaires affectent lourdement les militaires, quel que soit leur grade, assure-t-il. Il faut savoir que leur pension de retraite est modeste. L’impôt sur le revenu, ils l’ont payé durant tout leur service, pourquoi devraient-il s’en acquitter à nouveau ? »

Selon lui, les mesures envisagées dans le projet de budget sont « injustes » envers les militaires à la retraite, notamment les 3 % de contribution aux frais médicaux. « D’une part, ces gens-là ont un contrat avec l’État qui leur permet de jouir d’une couverture médicale complète à vie, et rien ne justifie que cela soit changé aujourd’hui, affirme-t-il. De plus, il faut savoir qu’un soldat, quand il est admis dans l’armée, a une santé nécessairement très bonne. Mais après 20 à 25 ans de service, il en sort avec de nombreuses séquelles, quand il n’a pas tout simplement été blessé au combat. Lui demander de payer une partie des frais de sa santé est extrêmement injustifié. »

Pour Chamel Roukoz, « le Parlement doit comprendre les sacrifices et les droits de ces personnes, qui protègent le pays ». « Il s’agit de leur moral, pas seulement de droits économiques, poursuit-il. Je m’emploierai à défendre leurs droits dans l’hémicycle. Il est vrai que nous avons tous à cœur de réduire le déficit du budget, mais il y a bien d’autres moyens de le faire. Et nous avons commencé à les mettre en avant. »



(Pour mémoire : Budget : le général Joseph Aoun déplore "les campagnes menées contre l'armée")



Les syndicats des retraités
Par ailleurs, le Rassemblement des unions syndicales des retraités a tenu hier une réunion à laquelle ont participé la ligue des anciens professeurs de l’Université libanaise et la ligue des enseignants du secondaire public, ainsi que d’autres syndicats. Tous ces organismes ont discuté des décisions et des projets qui pourraient affecter les droits des retraités. Ils ont ainsi revendiqué que toutes les augmentations auxquelles ils ont droit leur soient versées, et annoncé leur total soutien au mouvement des professeurs de l’UL, ainsi que leur refus de toute atteinte aux pensions de retraite quelles qu’elles soient, faisant valoir qu’il y a beaucoup d’autres sources disponibles pour réduire le déficit du budget.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ABRUTISSEMENT EST GENERAL DANS LE PAYS. DES ABRUTIS INCOMPETENTS LE VIRUS A ATTEINT DES RANGS DU PEUPLE. TRES TRISTE ET TRES MALHEUREUX.

M.E

C'est finalement assez peu de mécontentement pour des réformes sérieuses. C'est peut-être qu'elles ne le sont pas. Ou que les soi-disants partis ont instruit leurs ouailles de ne pas bouger

Irene Said

La saison des festivals va commencer:
Beiteddine, Baalbeck, Jounieh etc.

Nous, à Beyrouth, avons désormais aussi le nôtre:

le Festival du Budget 2019

avec manifestations "live" gratuites dans plusieurs endroits de la ville, selon la disponibilité et l'humeur des acteurs, avec costumes populaires authentiques.

Irène Saïd


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