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Liban

Satterfield à Beyrouth cette semaine, mais avec quelques jours de retard

Frontière libano-israélienne

Le Liban a posé ses conditions, notamment la concomitance des dossiers des frontières maritimes et terrestres.

17/06/2019

On l’attendait en début de semaine, mais le sous-secrétaire d’État américain David Satterfield devrait retarder son retour à Beyrouth de quelques jours, selon des sources concordantes. Le responsable américain ne devrait reprendre la route du Liban qu’avec une réponse israélienne sur les conditions libanaises désormais connues : celle de la concomitance entre les deux volets des frontières terrestres et maritimes (les Israéliens penchaient pour une délimitation des seules frontières maritimes dans un premier temps) et celle du refus d’un délai de six mois imposé pour cette opération. Dans l’absolu, selon des sources interrogées, la vision présentée par le Liban est complète, fondée sur des facteurs interdépendants et ne saurait être considérée de manière fragmentée.

La teneur de la réponse israélienne aux conditions libanaises réitérées fermement par les autorités décidera donc du sort des négociations qui auront un impact sur l’exploitation des richesses pétrolières et gazières au large du pays (du fait qu’il existe des gisements transfrontaliers). Certaines sources estiment que la position libanaise étant très ferme, les Israéliens essaieraient quand même d’améliorer leurs conditions. D’autres font remarquer que le Liban doit attendre cette réponse pour réagir, sachant que la délimitation de la frontière terrestre devrait nécessairement inclure la question des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba, qui reste en suspens entre le Liban et la Syrie. Ces mêmes sources soulignent cependant que la stabilité au Liban est une ligne rouge américaine.

Selon l’analyste politique et économique Sami Nader, cette insistance sur la concomitance entre les volets terrestre et maritime a une incidence sur les négociations. « À mon avis, les autorités libanaises ont été surprises de la réponse israélienne positive, qui les a mis devant la nécessité d’œuvrer pour trancher la question de Chebaa et de Kfarchouba, ce qui nous ramène à un problème à régler entre le Liban et la Syrie, dit-il à L’OLJ. L’autre facteur à prendre en compte est le facteur temps : Israël est bien plus avancé que nous dans l’extraction de gaz et ne craindrait donc pas les atermoiements. Et dans tous les cas, le Liban et les États-Unis ont intérêt à collaborer dans ce dossier, étant donné que les seconds n’ont pas de part de marché en Israël, tenu majoritairement par une compagnie israélienne. »

L’analyste rappelle que les États-Unis ont déjà manifesté leur intérêt dans une part du marché libanais, pour des raisons qu’il juge économiques mais également géopolitiques. « Les États-Unis n’ont pas caché leur irritation quand les Russes ont obtenu le contrat de la raffinerie de Tripoli, explique-t-il. Ce pays veut définir les limites de son territoire stratégique, d’autant plus que son intérêt se porte aussi sur le pipeline qui transportera le gaz d’Israël vers l’Europe, jusqu’en Italie plus précisément, et qui aura la particularité d’échapper au contrôle russe. Or pour que ce pipeline fonctionne, il faut une quantité de gaz naturel extrait, ce que les eaux libanaises peuvent pourvoir. De leur côté, les Libanais pourront, si ce volet est confié aux Américains, employer ce moyen pour commercialiser leurs ressources sans normalisation avec Israël. »


(Lire aussi : Frontières maritimes avec la Syrie : La Russie peut jouer un rôle positif, affirme Bou Saab)

Frontières avec la Syrie ?

Sami Nader estime par ailleurs qu’insister sur la délimitation de la frontière terrestre en même temps que maritime serait de nature à bloquer ces négociations et le processus en entier, et serait une carte de pression iranienne. « Si le dossier se retrouve sur la table des négociations entre les États-Unis et l’Iran, son dénouement sera appelé à tarder », estime-t-il.

Par ailleurs, une autre question a fait surface récemment, celle de la délimitation des frontières maritimes et terrestres avec la Syrie, pays avec lequel le Liban partagerait également des gisements en Méditerranée. Suivant des informations de sources bien informées, les autorités syriennes ont envoyé une lettre au ministère des Affaires étrangères libanais en ce sens, qui a répondu que cette démarche serait la bienvenue, mais qu’il faudrait l’accompagner de mesures pour limiter la contrebande et les infiltrations de terroristes vers le Liban. Jusqu’ici l’affaire n’a pas été plus loin, selon ces mêmes sources. Et ce qui a été dit d’une éventuelle intervention russe à ce niveau n’est pas confirmé. Les sources en question estiment que la perspective d’une médiation russe n’enchante pas les autorités syriennes qui cherchent à préserver la liberté de mouvement à travers les frontières, dans l’intérêt de leur allié iranien et du Hezbollah.


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SI ON S,ATTEND A CE QUE LES CONDITIONS SOIENT ACCEPTEES TELLES QUELLES SANS DES CONTRE CONDITIONS C,EST QU,ON REVE DEBOUT ET EN PLEIN JOUR.

gaby sioufi

quelque retard inchallah !
beaucoup C'est plus que probable !

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