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Moyen Orient et Monde

Pompeo : Les États-Unis garantiront le passage par le détroit d’Ormuz

Attaques en mer d’Oman

Les deux pétroliers touchés la semaine dernière sécurisés, Riyad en alerte.

OLJ
17/06/2019

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a assuré hier que les États-Unis garantiront le passage par le stratégique détroit d’Ormuz, accusant par ailleurs l’Iran d’être responsable de la destruction d’un drone américain.

« Ce que vous devez garder en tête, c’est que nous allons garantir la liberté de navigation par le détroit », a assuré M. Pompeo sur Fox News. « Il s’agit d’un défi international, important pour le monde dans son ensemble, les États-Unis vont s’assurer que toutes les décisions diplomatiques et autres soient prises pour atteindre cet objectif », a-t-il ajouté.

Un tiers du pétrole mondial transporté par la mer passe par ce goulot d’étranglement entre le golfe Persique et la mer d’Oman, qui longe notamment les côtes iraniennes.

Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs indiqué sur CBS qu’un drone américain MQ-9 Reaper avait été abattu le 6 juin par un missile tiré depuis le Yémen avec « une assistance iranienne ». Le commandement central américain (Centcom) a précisé qu’il s’agissait d’une version améliorée d’un missile sol-air iranien SA-7. Et qu’une autre tentative avait eu lieu le 13 juin au-dessus de la mer d’Oman, après l’attaque des pétroliers.

M. Pompeo n’a pas voulu s’étendre sur les différentes options envisagées par Washington pour protéger la navigation commerciale dans la région ou pour sanctionner l’Iran après l’attaque de deux pétroliers en mer d’Oman, dans laquelle l’Iran a nié toute implication. Mais les tensions croissantes entre Washington et Téhéran font craindre un déclenchement des hostilités dans une région à fleur de peau. « Nous ne voulons pas la guerre. Nous avons fait ce que nous pouvions pour l’empêcher », a poursuivi M. Pompeo. Il n’a en revanche pas voulu détailler les preuves américaines sur la responsabilité de Téhéran dans ces incidents.

Riyad accuse Téhéran

Par ailleurs, l’Arabie saoudite a incriminé à son tour l’Iran et affirmant qu’elle réagira à toute menace. Après les États-Unis et la Grande-Bretagne, le royaume saoudien, premier exportateur de pétrole au monde, a accusé le « régime iranien » de ces attaques non revendiquées qui ont endommagé jeudi les deux tankers en mer d’Oman.

Dans une apparente démonstration de force, le ministère saoudien de la Défense a publié hier, via l’agence officielle SPA, une vidéo montrant des appareils saoudiens et américains de type F-15 survolant le 2 juin le Golfe en formation, accompagnés d’avions ravitailleurs des deux pays. « Le régime iranien n’a pas respecté la présence du Premier ministre japonais à Téhéran et a répondu à ses efforts en attaquant deux pétroliers, dont l’un était japonais », a déclaré le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, dans une interview au quotidien al-Chark al-Awsat publiée hier. « Nous ne voulons pas une guerre dans la région (...) Mais nous n’hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux », a-t-il averti.

Samedi, Riyad et Abou Dhabi ont appelé à la sécurisation des approvisionnements en énergie venant du Golfe après ces attaques survenues environ un mois après le sabotage de quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Émirats, attribué également par Washington à Téhéran qui a démenti. En Iran, le président du Parlement Ali Larijani a, lui, insinué que les États-Unis pourraient être responsables des « actions suspectes sur les tankers ».

Mouillage aux Émirats

Au milieu des craintes pour la navigation, le méthanier japonais endommagé, le Kokuka Courageous, « est arrivé en toute sécurité au mouillage désigné à Sharjah », a indiqué son armateur. « L’évaluation des avaries et la préparation du transfert de la cargaison (de méthanol) commenceront dès que les autorités portuaires auront achevé contrôles et formalités habituels », a-t-il ajouté. L’équipage, secouru par l’US Navy, reste à bord. Lors de l’attaque, l’équipage a dit avoir vu un « objet volant » se diriger vers le tanker puis une explosion.

L’autre navire touché, le Front Altair, qui transportait du naphta, a été remorqué et se trouve au large de l’émirat de Fujairah, dans la même zone, ont annoncé ses propriétaires et opérateurs. « Les premières inspections sont en cours et aucune anomalie n’a été détectée », ont-ils indiqué. Les 23 membres d’équipage, secourus eux par l’Iran, se trouvent désormais à Dubaï. Le Front Altair, propriété d’un armateur chypriote d’origine norvégienne, a été secoué par trois explosions, provoquant un incendie finalement maîtrisé.

« Activités de déstabilisation »

Les relations entre l’Iran et les États-Unis se sont détériorées après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui s’est retiré en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien et a rétabli les sanctions économiques contre l’Iran. Début mai, les États-Unis ont envoyé des renforts militaires au Moyen-Orient, accusant l’Iran de préparer des attaques « imminentes ». La tension est également alimentée par la multiplication des attaques des rebelles yéménites contre l’Arabie saoudite voisine qui intervient à la tête d’une coalition militaire contre ces insurgés au Yémen en guerre.

Le prince héritier saoudien a répété que son pays n’accepterait pas « la présence de milices iraniennes à ses frontières ». Riyad accuse l’Iran d’armer les houthis, mais Téhéran tout en disant soutenir ces rebelles dément leur fournir des armes. Dans ce conflit comme en Syrie, en Irak et au Liban, les poids lourds saoudien et iranien soutiennent des camps opposés et se livrent à des guerres par procuration. « Il faut que l’Iran cesse ses activités de déstabilisation dans la région, au Liban à travers le Hezbollah, au Yémen d’où ils tirent des missiles sur l’Arabie saoudite, dans le Golfe comme nous l’avons vu. C’est là qu’est la solution à long terme », a affirmé le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt en mettant en garde contre un « grand risque » d’escalade dans le Golfe.

Source : AFP

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