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Économie

Les défis de Adel Afiouni pour l’économie numérique

Conférence

Le ministre d’État pour les Technologies de l’information fait le point sur son action au sein du gouvernement et sur les futurs projets qu’il compte mener.


17/06/2019

Si l’écosystème libanais s’était réjoui de la création d’un ministère d’État dédié aux Technologies de l’information dans le gouvernement Hariri III, y voyant une prise de conscience de la part de la classe politique sur le potentiel de l’économie numérique, plusieurs questions autour de son rôle, ses prérogatives et ses actions à mener continuent d’être soulevées. Le ministre en charge, Adel Afiouni, a tenu à clarifier davantage sa mission et ses projets.


Peu de moyens propres

Le nouveau ministère d’État pour les Technologies de l’information est rattaché à la présidence du Conseil des ministres et ne dispose pour le moment que de peu de ressources humaines et financières. « Pendant plusieurs mois, j’étais le seul employé de mon ministère. Ce n’est que récemment que nous avons commencé à recruter », a confié Adel Afiouni vendredi lors du dîner annuel de l’Association des ingénieurs résidant au Liban et diplômés des grandes Écoles d’ingénieurs de France (Aligef).

« Une fois le budget de 2019 approuvé, près de 175 000 dollars seront alloués à mon ministère pour les six ou cinq derniers mois de l’année. Cette enveloppe, certes modeste, servira essentiellement à financer le recrutement de nouvelles personnes. En 2020, nous lancerons des projets qui nécessiteront un budget plus important, notamment des programmes gouvernementaux de soutien à certains segments de l’écosystème qui ont des difficultés à accéder au capital », explique le ministre. Mais pour pallier ce manque de ressources, Adel Afiouni s’appuie sur des structures gouvernementales déjà existantes. « Nous travaillons beaucoup avec l’Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL) et les équipes de la présidence du Conseil des ministres, qui constituent nos deux principaux outils d’exécution », indique le ministre. « Nous avons notamment œuvré à faciliter les conditions d’éligibilité des entreprises opérant dans le secteur des technologies souhaitant bénéficier des programmes de soutien d’IDAL. Il suffit désormais qu’elles recrutent cinq nouvelles personnes sur les deux premières années », illustre Adel Afiouni. Le ministre a également été à l’initiative d’une disposition dans le projet de budget de 2019 qui permet à toute compagnie ou start-up opérant dans les technologies et soutenue par IDAL de voir ses cotisations sociales couvertes par cette dernière lors des deux premières années. « Cela leur permettra de réaliser des économies de 25 % sur le coût de l’emploi », s’est-il réjoui.

Le ministre coopère « étroitement » également avec la commission parlementaire pour les Technologies de l’information présidée par Nadim Gemayel. « Adel Afiouni a soutenu ma proposition de loi visant à rendre obligatoire la programmation dans les écoles avec un examen au baccalauréat. Il a également appuyé la proposition de loi de Nadim Gemayel pour la création d’un nouveau statut juridique, le SAL-T, dédié aux entreprises opérant dans les nouvelles technologies », indique à L’Orient-Le Jour l’ancien ministre et membre actif de cette commission, Nicolas Sehnaoui.


(Pour mémoire : Économie numérique : Beyrouth a encore du chemin pour rattraper Dubaï)


De l’importance des transactions électroniques

Adel Afiouni assure aussi bénéficier d’un appui de ses collègues au gouvernement. « Plusieurs des propositions que j’ai faites ont été adoptées. Outre le chantier complexe du e-gouvernement qu’il faudra commencer à mettre en place dès à présent, l’objectif est de soutenir la croissance organique du secteur des technologies, de faciliter le fonctionnement des entreprises, de les aider à attirer des capitaux mais surtout à exporter leurs services à l’étranger. Aujourd’hui, une entreprise d’intelligence artificielle opère à partir de Bécharré, mais ses activités sont toutes à l’international. Contrairement à des secteurs comme l’industrie ou l’agriculture, nous avons besoin d’une bonne connexion internet – et nous travaillons à l’améliorer davantage –, de bonnes idées et de compétences, pour aspirer à devenir un leader régional dans le domaine », déclare-t-il.

Mais pour cela, « il faut aussi réussir à attirer les entreprises internationales au Liban. On peut fournir la plateforme qui peut les convaincre d’un point de vue économique », admet-il. Adel Afiouni mobilise alors le gouvernement sur le chantier des transactions électroniques. « Nous sommes encore très en retard sur le développement des transactions électroniques, et je pense que c’est là notre priorité. Je préside actuellement un comité interministériel qui travaille sur les décrets d’application de la loi sur les transactions électroniques votée en 2018, après plus d’une dizaine d’années de retard », raconte-t-il. « On ne peut avoir l’ambition de devenir un leader régional dans le secteur des technologies si on n’assure pas ces bases que sont la signature électronique, la protection des données personnelles, et le paiement peer to peer (sans passer par les banques) », reconnaît le ministre.


(Pour mémoire : Numérique : les entrepreneurs libanais un peu plus confiants)



« Une circulaire 331 2.0 »

Adel Afiouni affirme également être en contact étroit avec la Banque du Liban, essentiellement pour réfléchir à une nouvelle version de la circulaire 331, émise en 2013 par la BDL, et qui permet aux banques libanaises d’investir jusqu’à 3 % de leurs fonds propres dans des sociétés œuvrant dans l’économie de la connaissance. « La circulaire 331 a joué un rôle important pour assurer du capital aux start-up, et lancer ainsi l’écosystème libanais. Mais nous sommes arrivés à un moment où il faut passer à une phase supérieure et concevoir une nouvelle version de la 331. Je pense que la banque centrale, avec qui nous sommes en discussion sur ce dossier, est consciente que la 331, dans sa version initiale, a atteint ses limites », estime le ministre dans une déclaration à L’Orient-Le Jour. « La 331 va continuer d’exister, avec des changements sur le processus d’approbation, sur la vérification préalable et sur les contraintes imposées aux entreprises pour en bénéficier », ajoute-t-il. Le ministre considère également qu’« il faudra supplémenter la 331 par des programmes complémentaires, car on ne peut pas continuer à compter exclusivement sur les fonds de la banque centrale. Ce n’est pas sain. L’argent de l’État doit intervenir seulement dans les secteurs où il n’y a pas de capital privé disponible. Dès qu’il y a des investisseurs, l’État doit se retirer. Et sur certains segments du marché, oui les investisseurs privés sont prêts à prendre les risques ».

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