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Économie

Numérique : les entrepreneurs libanais un peu plus confiants

Conférence

La volonté du gouvernement de moderniser les télécoms rassure, même si l'État doit aussi intervenir à d'autres niveaux.

25/07/2017

Érigé en priorité par le gouvernement actuel, le développement de l'économie numérique était à l'honneur hier au Phoenicia (Beyrouth) lors d'une conférence organisée par l'antenne libanaise du réseau de mentorat entrepreneurial, Endeavor. Intitulé Endeavorize Lebanon et parrainé par le Premier ministre, Saad Hariri –
représenté par le ministre des Télécoms, Jamal Jarrah –, l'événement a rassemblé plus d'une centaine d'entrepreneurs et d'experts, locaux et internationaux, venus échanger leurs points de vue sur l'avenir du secteur au Liban.

« Les entrepreneurs locaux sont un peu plus optimistes aujourd'hui parce qu'ils sentent qu'il y a un réel consensus politique pour accélérer le développement de l'économie numérique », a résumé à L'Orient-Le Jour le directeur d'Endeavor Liban, Tarek Sadi. Un sentiment de confiance que le ministre des Télécoms, Jamal Jarrah, s'est efforcé d'entretenir en ouverture de la conférence. « Il ne pourra pas y avoir de croissance sans télécoms ni internet », a-t-il martelé.

« Si le développement de l'économie numérique intéresse l'État, c'est parce que sa croissance peut être très rapide et que l'essentiel de ce que produiront les entreprises pourra trouver des débouchés à l'étranger », analyse un participant à la conférence sous couvert d'anonymat. « Les entreprises investies dans le numérique peuvent également permettre aux entreprises traditionnelles de renforcer leur compétitivité en modernisant leurs procédés », enchaîne M. Sadi. Il souligne en outre que le « niveau d'éducation des jeunes Libanais » donne au pays un « avantage comparatif » notable par rapport à ses voisins.

 

(Lire aussi : Économie numérique : Beyrouth a encore du chemin pour rattraper Dubaï)

 

Coûts indirects
Il reste que les conditions ne sont pas encore réunies pour permettre au secteur de donner son plein potentiel. « Les entrepreneurs doivent jongler avec une connexion médiocre et des tarifs trop élevés », se plaint la source précitée. « Il faut payer pour avoir du débit, mais c'est très cher, au moins dix fois ce que nous payons à Paris (pour des capacités équivalentes) », confirme de son côté Salim Eddé, le cofondateur de l'éditeur de logiciels pour la finance Murex qui possède des bureaux en France et au Liban. « Une société, qui a suffisamment de trésorerie pour assumer ses frais, pourra malgré tout y trouver son compte si son activité est rentable. Mais cette situation est en revanche très handicapante pour les jeunes entrepreneurs qui souhaitent se lancer », poursuit-il.

Des difficultés identifiées par le ministère, qui avait annoncé, le 12 mai, une série de mesures pour notamment augmenter à moyen terme la vitesse de la connexion – actuellement entre 2 et 10 mégabits par seconde selon le ministère des Télécoms ; et de baisser les tarifs de plus de moitié – une décision adoptée par le gouvernement en juin et qui doit entrer en vigueur le 1er août.

Ce chantier ne sera toutefois pas le seul que l'État devra lancer pour affirmer la position du Liban comme plate-forme régionale du numérique. « Au moins la moitié des charges salariales que Murex économise au Liban – par rapport à ce que la société doit payer en France ou aux États-Unis – est absorbée par les coûts directs et indirects liés à l'état des infrastructures », indique encore M. Eddé (actionnaire de L'Orient-Le Jour). Il évoque notamment les frais engagés par Murex pour produire son propre courant – pendant les heures de coupure – ou encore les retards liés à la saturation des principaux axes routiers.

Enfin, à côté de ces problématiques communes à tout le tissu entrepreneurial, l'État doit également faciliter l'accès des entreprises aux marchés qu'elles ciblent. M. Eddé évoque notamment la nécessité de « négocier des allègements de fiscalité », notamment en matière « de taxation sur les revenus tirés de la propriété intellectuelle enregistrée à l'étranger », ce qui éviterait aux sociétés libanaises de devoir ouvrir des filiales dans les pays où elles vendent leurs produits pour payer moins de taxes.

 

 

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