L’ancien patron de Renault, Carlos Ghosn. Photo AFP
Une perquisition a été menée hier au domicile français de l’ancien patron de Renault Carlos Ghosn, dans le cadre de l’enquête qui concerne notamment le financement de son mariage au château de Versailles, a indiqué le parquet de Nanterre.
Les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) se sont rendus à l’Étang-la-Ville, une banlieue cossue dans l’ouest de Paris, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte après un signalement de Renault début février, selon la même source.
Arrêté en novembre à Tokyo à l’issue d’une enquête interne du constructeur japonais Nissan, le magnat de l’automobile déchu fait l’objet de quatre inculpations par la justice japonaise : deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux pour des cas différents d’abus de confiance aggravé, dont des détournements de fonds du constructeur nippon. Privé de l’ensemble de ses titres – chez Renault, Nissan et Mitsubishi Motors –, M. Ghosn est actuellement assigné à résidence dans la capitale japonaise dans l’attente de son procès.
En France, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête sur le financement de son mariage somptueux au château de Versailles, en octobre 2016. L’ancien patron est soupçonné d’avoir obtenu la location du château de Versailles et du Grand Trianon (un autre palais sur le même domaine) pour l’organisation de son mariage, une prestation évaluée à 50 000 euros (soit 56 390 dollars), en contrepartie d’une convention de mécénat signée entre l’établissement public et le constructeur automobile français.
Cette enquête concerne aussi d’autres soupçons après de nouveaux signalements réalisés par Renault fin mars, concernant notamment plusieurs millions d’euros de paiements suspects réglés par la présidence du constructeur sous la direction de M. Ghosn. Ces montants suspects ont été versés à la société qui distribue les véhicules du groupe Renault à Oman et ont été révélés par l’enquête interne lancée par le constructeur après l’arrestation de son ancien PDG.
Des flux financiers similaires avaient déjà été détectés chez Nissan, le partenaire japonais de Renault dont M. Ghosn était président. Ils sont soupçonnés d’avoir été utilisés pour des dépenses personnelles n’ayant aucun lien avec l’activité de l’entreprise. À l’époque, l’entourage de Carlos Ghosn avait « démenti formellement d’éventuelles malversations à Oman ».
Sources : L’OLJ/AFP


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