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Le chef d'état-major de l'armée algérienne assure n'avoir "aucune ambition politique"

Algérie

"Je me suis engagé personnellement à maintes reprises (...) à accompagner le peuple algérien, de manière rationnelle, sincère et franche, dans ses manifestations pacifiques et matures, ainsi que les efforts des institutions de l'Etat et de l'appareil de justice", déclare le général Ahmed Gaïd Salah, désormais de facto homme fort du pays.

OLJ/AFP
22/05/2019

Le chef d'état-major de l'armée algérienne, désormais de facto homme fort du pays, a assuré mercredi n'avoir "aucune ambition politique", quelques jours après avoir insisté sur la tenue nécessaire de la présidentielle du 4 juillet, rejetée par le mouvement de contestation.

"Je me suis engagé personnellement à maintes reprises (...) à accompagner le peuple algérien, de manière rationnelle, sincère et franche, dans ses manifestations pacifiques et matures, ainsi que les efforts des institutions de l'Etat et de l'appareil de justice", a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah, dans un troisième discours en trois jours. "Et que tout le monde sache (...) que nous n'avons aucune ambition politique mis à part servir notre pays conformément à nos missions constitutionnelles", a assuré le général Gaïd Salah, selon le texte du discours, prononcé lors d'une visite sur le terrain, dont l'AFP a reçu copie.

L'armée appuie la tenue le 4 juillet d'une présidentielle convoquée par le pouvoir intérimaire pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, mais rejetée par le mouvement de contestation inédit dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

La contribution décisive de l'armée dans la démission, le 2 avril, après 20 ans de pouvoir, du président Abdelaziz Bouteflika, a replacé l'armée au centre du pouvoir et fait de son chef d'état-major l'homme fort du pays.

Le général Gaïd Salah multiplie depuis les discours à ses troupes qui, sur le ton de demandes ou de conseils, donnent le "la", face au quasi-mutisme du président par intérim Abdelkader Bensalah et du Premier ministre Noureddine Beddoui, selon les observateurs.

Certains de ces observateurs s'interrogent sur un possible scénario à la "Sissi", en référence à Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée qui s'est fait élire président de l'Egypte après un coup d'Etat militaire en 2013 contre le président élu Mohamed Morsi. Peu après le coup d'Etat, M. Sissi avait assuré que l'armée "resterait éloignée de la politique".


(Lire aussi : L’armée dit « non » aux principales demandes de la contestation)

"Assainir le pays"

L'armée algérienne joue un rôle central au sein du pouvoir algérien depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962. Elle était considérée comme le véritable détenteur du pouvoir jusqu'à l'élection du président Bouteflika en 1999.

Choisi par le haut commandement militaire, celui-ci s'était peu à peu défait de son influence, en écartant les principaux hauts gradés et s'est assuré durant 15 ans la fidélité sans faille du général Gaïd Salah en le nommant en 2004 chef d'état-major.

Accusé par certains de ses détracteurs d'instrumentaliser les magistrats qui ont lancé de nombreuses procédures judiciaires dans des affaires de corruption depuis la démission de M. Bouteflika, le général Gaïd Salah a au contraire affirmé mercredi avoir libéré "la justice de toutes les formes de contraintes, de diktats et de pression". Cela "lui a permis d'exercer ses missions en toute liberté", et "d'assainir le pays de la corruption et des prédateurs", à la "satisfaction" des Algériens, a-t-il ajouté. Il a dénoncé "les porte-voix et les apôtres de la +bande+" chassée du pouvoir qui "tentent de saborder cette noble démarche par la désinformation de l'opinion".

De nombreux observateurs craignent que ces procédures judiciaires servent le double objectif d'offrir des "têtes" à la contestation -qui fustige les "voleurs" à la tête de l'Etat- tout en permettant une purge dans le cadre de luttes de clans.


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