Donald Trump a gracié mercredi l’ancien patron de presse britannique, lord Conrad Black, qui a purgé trois ans et demi de prison aux États-Unis pour fraude et entrave à la justice, un homme au parcours tumultueux et qui ne tarit pas d’éloges sur le président américain. « Entrepreneur et érudit, lord Black est à l’origine de contributions remarquables au monde des affaires, ainsi qu’à la pensée politique et historique », a déclaré dans un communiqué la Maison-Blanche. « Le sort de lord Black lui a attiré le soutien de nombreuses personnalités éminentes, qui ont vigoureusement attesté de sa force de caractère exceptionnelle », a ajouté la présidence américaine.
Il faut dire que le financier et ex-magnat âgé de 74 ans, également connu sous son titre de baron Black de Crossharbour, est un supporter invétéré du chef de l’exécutif américain : il lui a même consacré un livre, jugé très élogieux, publié l’an dernier et intitulé Donald J. Trump: A President Like No Other (Un président comme aucun autre). Avant sa déchéance, Conrad Black a été à la tête, dans les années 1990, de l’empire de presse Hollinger, le troisième du monde, comprenant le Daily Telegraph de Londres, le Jerusalem Post, le Chicago Sun-Times ou encore le National Post de Toronto. En 2004, il est accusé, avec ses associés, d’un détournement de fonds à hauteur de 60 millions de dollars entre 1999 et 2001. La grâce est un droit régalien que la Constitution des États-Unis confère à son président. Et Donald Trump n’hésite pas à y avoir recours ; selon ses critiques, il en fait surtout profiter ses soutiens de la première heure.


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